Roxane dégoulinait. L’averse l’avait trempée jusqu’à l’os. Elle ne se plaignait pas. Après tout, c’était elle qui l’avait voulue, cette virée en Écosse. Elle savait à quoi s’attendre. En Écosse, il pleut, et pas qu’un peu, elle le savait et ne devait s’en prendre qu’à elle de n’avoir amené qu’un malheureux ciré qui aurait bien pu ne pas exister sans que cela ne change quoi que ce soit.
Elle était frigorifiée car, bien sûr, elle avait choisi de venir en février. De la buée apparaissait devant sa bouche. À chaque pas, ses pieds s’enfonçaient dans la boue. Là encore, elle se maudit de n’avoir pas emporté de bottes. Quelle idiote elle avait été en faisant ses bagages !
En même temps, il n’avait pas été prévu qu’elle doive se rendre à destination à pied. Elle avait imaginé prendre un taxi seulement voilà, pas un seul véhicule dans cette petite gare lointaine et peu usitée. Enragée contre ce « pays pourri », elle traînait derrière elle sa lourde valise ne contenant rien d’intéressant contre la pluie ou la boue.
Pourquoi avait-elle emmené autant de livres ? Bon, d’accord, elle venait en Écosse pour trouver des éléments supplémentaires afin d’agrémenter son mémoire de thèse et trouver une bibliothèque dans ce bled paumé était tout simplement impensable.
Maintenant, elle regrettait. Était-il vraiment nécessaire d’emporter la collection entière – cinq tomes de mille pages chacun – de la vie végétale marine des lacs d’eau douce d’altitude ? Les recherches du professeur Stanwell étaient sans aucun doute intéressantes mais il n’avait réussi qu’à les condenser en quatre tomes de deux mille pages – la version longue en faisant le triple – et Roxane le trouvait plus lourd et indigeste que jamais.
Fatiguée, trempée, aveuglée par la pluie et peu sûre d’être sur le bon chemin, elle commençait à perdre ses nerfs. Alors que son orteil tapait sur une roche camouflée par la boue, Roxane, après avoir hurlé sa douleur, lâcha la valise sans la déposer. La gerbe de boue qui s’en suivit naturellement la recouvrit quasiment entièrement mais la pluie eut vite fait d’en enlever la plus grande partie.
Roxane n’en pouvait plus. Non, décidément, les voyages n’étaient pas son truc. Elle préférait largement regarder des reportages à la télévision et lire des livres. Elle détestait ce pays, cette boue, la pluie, sa collection de livre, et même la pauvre roche cachée qui n’avait rien demandé à personne mais qui se retrouva tout de même projetée avec colère à plus de dix mètres de son lieu habituel de vie.
S’en suivit un cri, un hurlement. Oui, Roxane perdait ses nerfs. Finalement, après la colère vint le découragement. La jeune femme s’assit sur sa valise, qui, en réponse, s’enfonça de quelques centimètres dans la boue. Alors que Roxane désespérait, elle ne savait pas que la boue s’insinuait doucement par l’ouverture de la valise et commençait à ramper vers ces livres qu’elle avait eu tant de peine à porter.
Roxane était donc assise sur sa valise, le visage dans les mains, au bord de la dépression lorsqu’une main se posa sur son épaule. Elle hurla de peur mais se calma en voyant le visage accueillant d’un homme sous une capuche.
– Vous devez être mademoiselle Pool, dit-il dans un français parfait.
Roxane hocha la tête.
– Désolé de vous avoir fait peur, continua l’homme. Je suis le duc Albert Mean. Voyant que vous n’arriviez pas, j’ai pris l’initiative de venir à votre rencontre. J’ai bien fait, on dirait.
Roxane ne remarqua qu’alors la voiture, garée non loin. Avec la pluie, elle ne l’avait pas entendue venir. Roxane se leva et le duc s’empara de la valise qu’il mit sur le dessus de sa voiture. Roxane comprenait parfaitement qu’il ne veuille pas la mettre dans le coffre, d’autant que l’intérieur de la voiture, totalement en cuir, ne s’y prêtait pas vraiment.
Roxane eut honte en entrant dans le véhicule. Elle n’osa toucher à rien, de peur de salir. Elle dégoulinait de partout et se trouvait silencieusement mais sincèrement désolée. Trop concentrée à se réchauffer sur le radiateur de la voiture, elle ne dit rien.
Le duc entra quelques secondes plus tard, une fois la valise correctement attachée. Il enleva son par-dessus et Roxane constata qu’il n’était pas mouillé en dessous. Il fallait qu’elle pense à s’acheter ce genre de manteau couvrant et protecteur. Le duc, comme Roxane s’y était attendue, était habillé avec goût de vêtements bien coupés en matière noble et chère. Après tout, on ne pouvait pas vraiment être duc, posséder un château et être habillé comme un mendiant.
Roxane avait fait la connaissance du duc par Internet. Il proposait des chambres à louer dans son château tout au long de l’année. En effet, l’entretien de l’immense bâtiment lui coûtant très cher, il s’aidait de ces locations. Malheureusement pour lui, sa demeure, très à l’écart, n’attirait pas beaucoup les volontaires ou les touristes. Il fallait vraiment aimer les espaces sauvages ou être en train d’écrire une thèse pour vouloir s’enterrer dans ce trou perdu.
– Sale temps, n’est-ce pas ? dit le duc.
Roxane hocha la tête tout en continuant de plaquer ses mains sur le radiateur de la voiture.
– Et ça va durer, continua le duc et les oreilles moins remplies d’eau, Roxane constata que ses mots s’agrémentaient d’un léger accent londonien qui s’entendait à peine. La météo prévoit une semaine complète de pluie et d’orages.
Roxane n’en revenait pas. Il était prévu qu’elle reste deux semaines. Elle secoua la tête. Pourquoi n’était-elle pas venue que la seconde semaine ? Elle maudit encore une fois sa malchance.
– Vous vous réchauffez ? s’enquit le duc.
– Oui, merci, répondit Roxane en se forçant à sourire.
Elle était fatiguée, frigorifiée, trempée, assoiffée et affamée. Ce n’était pas des conditions idéales pour converser avec le duc qui dut le comprendre car il ne parla plus.
– Nous arrivons, dit-il après un trajet finalement très court.
Roxane ne devait pas être à plus d’un kilomètre du château. Peut-être même par beau temps aurait-il été visible de l’endroit où elle s’était arrêtée mais sous cette pluie, on ne voyait pas à deux mètres. Le duc fit le tour d’une fontaine au centre de la place faisant face au château pour arrêter la voiture en bas des marches. Mean sortit et Roxane fit de même.
– Ronald, occupez vous de la valise de la demoiselle, je vous prie, lança le duc en anglais.
– Bien, monsieur le duc, répondit le dénommé Ronald.
Roxane n’eut pas vraiment le temps de s’attarder sur l’ombre qui se dirigea vers la voiture. Sous cette pluie battante, elle avait juste remarqué qu’il semblait plutôt petit. Une fois à l’intérieur, au sec, le duc lança :
– Ronald est le meilleur majordome que j’ai jamais eu. Une vraie perle. Son seul défaut : il a une peur viscérale de la voiture. C’est pourquoi je suis venue vous chercher. À part cela, il tient ce château à lui tout seul et c’est un véritable exploit. On trouve rarement des serviteurs aussi doués de nos jours.
Roxane parvint à sourire de cette réflexion. Elle retira difficilement son ciré de mauvaise qualité qui était resté collé sur ses vêtements et sa peau. Les vêtements en dessous étaient aussi trempés que si cette protection n’avait pas existé.
– Il faudra vous changer rapidement, mademoiselle, sans quoi vous tomberez malade. Je crois qu’un bain chaud ne sera pas du luxe non plus, fit remarquer le duc.
Roxane ne pouvait qu’être d’accord. Ronald arriva sur ces entre faits. Le majordome était vêtu d’un ensemble qui exprimait clairement sa fonction. Il devait avoir une cinquantaine d’années. Il était le portrait type que l’on peut se faire d’un majordome dans un château reculé en Écosse. Autant le duc avait un accent presque londonien, autant Ronald afficha un accent très écossais lorsqu’il annonça :
– La valise de mademoiselle semble avoir été particulièrement malmenée.
Roxane ne cacha pas sa surprise. Non pas par la remarque en elle-même car la valise était en effet en très piteux état. Ce fut le français parfait du majordome qui l’abasourdit. Certes, Ronald roulait les « r » à l’écossaise mais cela rendait son discours très agréable à entendre. Elle savait que le duc parlait français puisqu’ils avaient échangé dans cette langue par écrit et par téléphone pour la réservation. En revanche, elle ne s’attendait pas du tout à ce que ce fut aussi le cas du majordome.
– Je propose à mademoiselle qu’on l’ouvre dans l’écurie car je crains qu’elle ne soit remplie d’eau et de boue que je n’aimerais pas voir étalées dans les chambres, continua Ronald.
– Oui, bien sûr. Pas de problème, répondit Roxane désolée. Je comprends. Allons-y.
– Lorsque vous aurez terminé, intervint le duc, préparez un bain chaud pour la demoiselle ainsi que du thé et des biscuits.
– Bien, monsieur le duc, répondit Ronald avant de partir vers la cuisine.
Roxane le suivit. Avant de sortir du grand hall d’entrée, elle regarda une dernière fois en arrière pour voir le duc sortir une boîte à cigare, un verre ainsi qu’une bouteille de scotch.
Roxane traversa deux couloirs avant d’arriver dans la cuisine. Là, Ronald lui fit prendre une porte dérobée menant dans une réserve et enfin, au bout de la réserve, une porte ouvrait sur l’extérieur.
Un toit en bois protégeait les visiteurs de la pluie, leur permettant de se rendre à l’écurie sans se mouiller. Deux chevaux se reposaient apparemment sans crainte dans leur box, malgré la pluie, les coups de tonnerre et les éclairs. Les bêtes devaient être habituées à ces démonstrations de la puissante nature.
– Désirez-vous que je vous laisse seule ouvrir votre valise, mademoiselle ? proposa Ronald. Je comprendrais que cela vous gêne que je regarde vos affaires.
– Non, non, ça ira. Je vous en prie. Vous pouvez rester, répondit Roxane.
Elle était plutôt réservée mais sa lassitude était telle qu’imaginer le majordome voir ses sous-vêtements ne la gênait même pas. Ronald ouvrit la valise avec précaution et le résultat qu’elle dévoila fut pire que ce à quoi Roxane s’attendait. Tout d’abord, bien entendu, tout était trempé mais en plus, de la boue était entrée et semblait s’être volontairement dirigée sur les livres. Ronald lui en tendit un d’un air désolé. Il était foutu, c’était évident. On ne pouvait même plus appeler ça un livre.
– Et dire que je me les suis traînés tout du long, maugréa Roxane. Pour rien.
– Me permettez vous de le jeter, mademoiselle ? demanda Ronald.
– Oui, faites, s’il vous plaît.
Ronald retira les livres de la valise, qu’il plaça dans une poubelle alors que Roxane regardait les vêtements. Une bonne moitié était salie de boue et l’autre était trempée.
– Je vais vous les laver, dit Ronald en revenant. Demain, ils seront comme neufs. En attendant, nous vous prêterons des vêtements. Nous devrions en avoir à votre taille. De plus, il vous faudra vous racheter une valise. Dès que le temps sera clément, je vous mènerai en ville.
– Je croyais que vous n’aimiez pas la voiture, répliqua Roxane avant de se dire que le majordome pourrait ne pas apprécier une telle remarque venant d’une inconnue.
La réaction de Ronald, très simple, la rassura.
– Betty et Julie nous conduirons. Ce sont ces deux magnifiques juments. J’ai une calèche. C’est beaucoup plus utile qu’une voiture sur nos routes boueuses.
Roxane hocha la tête. L’idée d’une balade en calèche avait de quoi lui plaire. Finalement, tout n’était peut-être pas à jeter dans cette région. Roxane retourna à l’intérieur tandis que Ronald jetait la valise et emmenait les vêtements pour les laver. Roxane retrouva le duc dans le salon. Il regardait le feu, un verre à la main et le cigare posé dans un cendrier en ivoire.
– Vous avez réussi à sauver des choses ? s’enquit le duc.
– Aucun de mes livres et votre majordome s’occupe de laver mes vêtements, répondit Roxane.
– Je suis navré pour vos livres, répondit le duc. J’espère que leur absence ne vous empêchera pas de rédiger votre thèse.
– Je ferai en sorte de m’en passer, maugréa Roxane. Cependant, j’ai également perdu toutes mes réserves de papier. Mes stylos ont survécu car je les avais dans mon sac à main sur moi, ainsi que ma thèse, mais les feuilles blanches…
– Je vous en donnerai. J’en ai une assez grande quantité et je n’écris jamais.
– Je vous remercie.
– Votre bain est prêt, mademoiselle, annonça soudain Ronald.
Roxane dut avouer qu’il était particulièrement rapide. Elle quitta le duc pour suivre son majordome au premier étage jusqu’à une chambre majoritairement peinte en bleue.
– La chambre bleue ? supposa Roxane à voix haute.
– En effet. Mademoiselle est très perspicace, à ce que je vois, dit Ronald sans sourire.
– Et vous, vous êtes très pince sans rire, mais cela me convient tout à fait.
– Tant mieux si mon humour convient à mademoiselle, répondit Ronald avec un visage neutre et sans émotion.
Roxane, de son côté, ne put s’empêcher d’exploser de rire mais le majordome, lui, ne broncha pas.
– J’ai mis des vêtements pour vous sur le lit de mademoiselle, lui expliqua Ronald. J’espère qu’ils seront également à votre goût.
Ronald s’inclina légèrement puis quitta la chambre. Roxane, pressée de quitter ses vêtements trempées et recouverts de boue, se rendit dans la salle de bain.
Il y faisait chaud. De la vapeur s’élevait d’une baignoire remplie d’eau sur laquelle surnageait une belle couche de mousse. Le rêve de Roxane. Elle y plongea avec un bonheur non feint. Elle ronronnait de plaisir dans l’eau. Après un voyage aussi éprouvant, ce bain représentait un plaisir sans nom. Roxane y resta un long moment, appréciant le repos et le calme de la pièce.
Lorsque l’eau tiédit, Roxane sortit, s’essuya sur une grande serviette de bain puis passa un peignoir avant de retourner dans la chambre. Elle remarqua que ses vêtements sales avaient disparu. Ronald était réellement efficace.
Roxane regarda les habits proposés par le majordome. Il s’agissait d’un ensemble plutôt simple : pantalon beige et chemise blanche avec motifs blancs cousus. Ce qui surprit davantage Roxane furent les sous-vêtements. Culotte, soutien-gorge et chaussettes, tout était à sa taille. Ronald avait l’œil, c’était une certitude. De plus, le pantalon et la chemise lui allaient à ravir.
Elle venait de finir de s’habiller quand elle se souvint que le duc avait parlé de thé et de biscuits. Elle le rejoignit au salon.
– Cet ensemble vous va magnifiquement, la complimenta le duc en la voyant arriver. Vous êtes splendide, une fois propre et sèche.
Roxane rougit au compliment.
– Asseyez-vous, proposa le duc en lui désignant un fauteuil à côté du sien.
Roxane accepta volontiers. Fatiguée par son voyage, la position assise lui convenait davantage. Elle serait même allée dormir si la perspective de boire et de manger ne l’avait tenue éveillée.
Roxane regarda le feu et apprécia ses mouvements apaisants. Ronald la tira de ses songes en apportant un plateau. Il servit d’abord la tasse du duc puis celle de Roxane. Elle remercia le majordome qui sembla ne même pas l’entendre puis avala une gorgée du thé chaud. À la menthe, il était délicieux, autant que les cookies au beurre de cacahuète.
Roxane, qui n’avait pas mangé depuis le déjeuner, et encore, un simple sandwich d’une qualité douteuse, avala ce met avec délectation. De plus, installée dans un confortable canapé, devant un feu apaisant et vêtue de vêtements propres et secs, elle ne pouvait qu’aller bien.
Le duc lança la conversation en lui proposant de parler de sa thèse. Il faisait clairement preuve de politesse car Roxane, qui étudiait la vie végétale et animale des lacs d’eau douce d’altitude, avait l’habitude d’endormir ses interlocuteurs. Elle fut pourtant surprise de trouver du répondant. Le duc semblait, non pas s’y connaître, mais en avoir un peu entendu parler.
– J’ai quelques livres qui traitent de cela dans ma bibliothèque, expliqua-t-il après que Roxane n’ait pu cacher son étonnement. Je vous les ferai voir, si vous le souhaitez. Ainsi, vous aurez une base pour votre thèse et cela remplacera partiellement la perte de vos ouvrages.
– Volontiers, répondit Roxane.
– Demain, proposa le duc, car j’ai l’impression qu’aujourd’hui, vous êtes plus encline à rester assise à vous reposer. Je me trompe ?
– Pas du tout. Le voyage m’a éreintée.
– Cela ne se voit pas du tout. Vous êtes rayonnante.
Roxane rougit au compliment tout en le trouvant légèrement déplacé. Cependant, le duc ne la matait pas. Il regardait le feu. Il était très poli, très doux, très éloigné aussi. Il avait sûrement simplement cherché, encore une fois, à être agréable envers son hôte.
À son tour, Roxane lança la conversation. Elle choisit d’interroger le duc sur sa petite entreprise de chambre d’hôte. Elle apprit qu’il n’avait pour ainsi dire jamais de client, le dernier étant un jeune homme venu deux ans auparavant.
– Ceci dit, je ne suis pas seul ici, annonça le duc. Des amis me rejoignent très régulièrement. Nous passons la journée à cheval. Je suis fan de polo. Nous aimons également beaucoup les courses, même si mes comptes ne me permettent pas de parier de l’argent. Je me contente de m’amuser avec mes amis, qui, eux, perdent d’incroyables sommes dans leur désir de voir gagner leur favoris.
La conversation continua ainsi jusqu’à ce que Ronald vienne annoncer le dîner. Le duc et son invitée dînèrent en tête à tête d’une excellente soupe suivie d’une simple mais non moins bonne salade de tomates, batavia, poivrons et petits dés de fromage. Roxane, éreintée, refusa la proposition du duc d’une partie d’échec, bien que sachant moyennement jouer, et partit immédiatement se coucher. Ronald la précéda, lui ouvrant même la porte de sa chambre. Il lui désigna un ensemble pour la nuit qu’il avait préparé pour elle et alla fermer les rideaux.
– Ronald, je suis capable de le faire toute seule, souffla Roxane.
– C’est mon travail, mademoiselle, répliqua Ronald.
Roxane eut la nette impression d’avoir, sans le vouloir, insulté le majordome et n’insista donc pas.
– Le chandelier, sur votre table de chevet, est présent car le courant peut parfois sauter et être dans le noir est toujours un peu stressant. Il y a un briquet à côté. Bonne nuit, mademoiselle.
Roxane remercia Ronald qui, encore une fois, ne sembla pas entendre cette formule de politesse. Il sortit sans un mot, laissant la jeune femme seule.
Au petit matin, Roxane se sentait merveilleusement bien. Elle avait excellemment bien dormi. On pouvait entendre, derrière les rideaux, quelques oiseaux chanter. Cela surprit Roxane car la pluie et les oiseaux ne faisaient habituellement pas bon ménage.
Elle se leva et ouvrit les rideaux pour découvrir un magnifique ciel bleu et un grand soleil. C’était un miracle. Il faisait beau. Roxane comptait bien en profiter pour aller au lac voisin commencer ses investigations. Cela risquait de ne pas se reproduire.
Elle s’habilla en vitesse – des mêmes vêtements prêtés par le duc la veille – et descendit dans le salon. Ronald l’accueillit et lui désigna la salle à manger où l’attendait un copieux petit déjeuner que Roxane ne refusa pas. Omelette, jambon, bacon, œufs durs, pain, confiture, croissant. Il y avait de quoi nourrir un régiment. Roxane engloutit plus de nourriture que trois ogres avant d’annoncer :
– Je vais aller au bord du lac, profiter tant qu’il fait beau.
– Bien, mademoiselle, répondit le majordome. Le duc déjeunera avec ses amis alors, ne vous préoccupez pas de l’heure et rentrez quand vous voudrez. À moins que vous ne préfériez que je vous prépare un déjeuner à emporter ?
Roxane réfléchit, avant de lancer :
– Non, non, je ne vais rester que ce matin. Je reviendrai vers treize heures. Serait-il possible que vous m’ameniez en ville cet après-midi ? De cette manière, je pourrai m’acheter une nouvelle valise, un manteau et des bottes. J’ai dans l’idée que cela me sera plus qu’utile.
– Sans aucun doute, mademoiselle. Je préparerai la calèche.
– Merci beaucoup, Ronald.
– Au fait, continua le majordome, vos vêtements sont secs. Je vous les monterai tout à l’heure.
Roxane voulut répondre qu’elle pouvait le faire elle-même mais se retint au dernier moment, se rappelant la réaction du majordome la veille. Elle lança :
– Volontiers. C’est très aimable de votre part.
Un peu mal à l’aise, elle se reconcentra sur son petit déjeuner alors que Ronald disparaissait, probablement pour monter les vêtements de la jeune femme dans sa chambre. Roxane ne le voyant pas passer avec le linge, elle supposa que le château devait receler des passages secrets.
Une heure plus tard, elle était dehors, par un temps magnifique, bien qu’un peu frais mais pouvait-on vraiment attendre plus d’un mois de février en Écosse ? Roxane trouva de nombreuses plantes et insectes intéressants pour sa thèse et retourna au château à l’heure pour le déjeuner.
Roxane fut ravie de la promenade en calèche qui suivit et Ronald se trouva être un excellent cocher. Les deux juments réagissaient à la perfection à ses ordres. En ville, alors que Ronald effectuait les achats pour le duc, Roxane trouva tout ce dont elle avait besoin et eut même le temps d’une petite promenade. Après quoi ils rentrèrent, Ronald désirant être rentré pour l’heure du thé auquel le duc tenait beaucoup.
Roxane retrouva son hôte autour d’un thé et de cookies – cette fois au chocolat. Le match de polo avait apparemment été fort en sensation car le duc en parla pendant plus d’une heure, faisant découvrir ce sport à Roxane qui n’en connaissait jusqu’alors que le nom.
Alors que le duc répondait au téléphone, Roxane s’échappa dans sa chambre pour consigner ses découvertes du matin avant de les oublier et ne descendit que pour le dîner, pendant lequel la discussion tourna autour de sa thèse. Le duc semblait réellement intéressé, au plus grand étonnement de Roxane. Après le souper, le duc emmena Roxane dans sa bibliothèque et lui montra la petite dizaine d’ouvrages qu’il possédait sur le sujet. Roxane passa une partie de la soirée à lire avant de partir se coucher.
Le lendemain fut pluvieux. Roxane en profita pour écrire une partie de son mémoire, délayant ce qu’elle avait commencé à rédiger la veille. Elle prenait également des notes sur les ouvrages du duc, qui se révélèrent très intéressants. Roxane avait souri en ouvrant certains ouvrages car il était évident qu’elle était la première à en lire le contenu.
Le duc fut absent toute la journée et revint pour le thé avec une passionnante conversation sur les courses de chevaux auxquelles il avait assisté. Roxane dormit à nouveau merveilleusement.
Le lendemain, qui était donc le quatrième jour de présence de Roxane en Écosse, révéla un temps gris mais sans pluie. Cette fois-ci, Roxane accepta le déjeuner à emporter de Ronald et passa la journée dans divers lacs alentours, s’aidant de sa carte et de sa boussole pour retrouver son chemin. Plutôt douée en orientation, elle n’eut aucun mal à trouver les lieux désirés et à rentrer à l’heure.
Elle fit en sorte d’être de retour pour l’heure du thé, le duc semblant ravi de lui parler et elle-même appréciant particulièrement ces discussions animées devant le feu, et ce jour-là, elle trouva le duc entouré de ses amis. Elle était dégoûtée de se montrer dans cet état auprès des amis du duc. En effet, de retour d’une journée passée dehors aux abords des lacs, elle était trempée, sentait le poisson et les algues. Ses bottes et le bas de son pantalon étaient couverts de boue.
– Bonjour, Roxane. Allez vous changer, lança le duc depuis le salon, je vous présenterai ensuite. Prenez votre temps, mes amis restent pour dîner.
– Bien, monsieur le duc, répondit Roxane, plus que ravie de cette proposition.
Lorsqu’elle entra dans sa chambre, elle trouva sur son lit une splendide tenue composée d’un haut, d’une jupe mi-courte et d’un magnifique ensemble de sous-vêtements qui ne lui appartenaient pas. Elle sourit. Décidément, ce Ronald était vraiment une perle.
Elle se lava, appréciant la chaleur du bain après la journée passée en extérieur par un temps plus que froid. Elle passa les vêtements proposés par le majordome qui lui allèrent à merveilles et enfin, descendit au salon.
Elle aurait préféré pouvoir noter ses découvertes de la journée, encore fraîches dans son esprit, mais ne pouvait décemment pas faire attendre davantage le duc et ses amis.
Elle fut accueillie par des visages et sourires chaleureux. Elle s’installa dans l’un des fauteuils libres et commença à déguster le désormais habituel thé et cookies – noisettes et amandes.
– Mes amis, voici Roxane Pool, ma cliente, la seule qui a bien voulu passer deux semaines dans un endroit aussi reculé et loin de tout.
Roxane cligna plusieurs fois des yeux. Là encore, ce ne fut pas le discours en lui-même mais la langue employée qui la surprit.
– Roxane, voici le duc Nicolas Du Moulin.
– Bienvenue en Écosse, mademoiselle Pool, lança l’un des hommes dans un français impeccable.
Sans lui laisser le temps de parler, Albert continua les présentations :
– Le comte Charles Stethen.
– Ravi de vous rencontrer, dit le comte.
Son français était moins assuré et il roulait les « r » à l’écossaise, comme Ronald.
– Et enfin le comte Philibert de Malt.
– J’espère que vous vous passez de bonnes vacances dans notre beau pays, lança le comte et son français était parfait.
– Roxane n’est pas là pour se reposer. Elle rédige une thèse, indiqua Albert.
– Et elle vient chercher l’inspiration chez nous ? supposa… mince, comment s’appelait-il déjà ?
Roxane s’embrouillait déjà. Frappée par la surprise de la langue, elle n’avait pas été en mesure de retenir les noms de chacun.
– Non, elle étudie les lacs d’eau douce d’altitude, ce qui ne manque pas dans le coin, indiqua Albert.
La conversation continua sur ce sujet pour en changer naturellement. Ces quatre là maîtrisaient très bien leur logorrhée. Ils savaient parler. Roxane n’avait pas encore dit un mot. Elle les écoutait, scotchée. Les échanges étaient fluides, harmonieux. Pas un mot plus haut que l’autre, même en cas de désaccord.
Puisque personne ne lui adressait directement la parole, elle en profita pour les observer. Son hôte, le duc Albert Mean, était probablement le plus âgé des quatre. S’il n’avait pas atteint la quarantaine, cela ne devrait plus tarder, estima Roxane. Les autres étaient un peu plus jeunes, entre trente et trente-cinq ans, se dit la française.
Les deux comtes portaient une alliance à la main droite. Le duc invité n’en portait pas mais cela ne prouvait rien. Mignon, riche, Roxane ne se l’imagina pas une seule seconde célibataire. « Mignon » se redit Roxane. Ils l’étaient tous en réalité. Adeptes de polo, ils arboraient des corps sublimes sous des vêtements de qualité. Leurs bonnes manières les rendaient craquants. Elle en aurait bien mangé ! Elle se reprit, refoulant ses pensées inconvenantes pour quelque chose de bien plus acceptable.
L’apéritif terminé, tout le monde se rendit dans la salle à manger pour le dîner. Ronald servit les cinq convives avec son habituel brio. Après le dîner, Roxane s’excusa auprès des autres invités en ces mots :
– Je suis désolée mais j’aimerais mettre par écrit mes découvertes faites aujourd’hui sans quoi je les aurai oubliées demain.
– Je vous en prie, pas la peine de vous excuser, répondit le duc. Vous avez été charmante toute cette soirée avec mes amis, alors que vous ne nous deviez rien. Encore merci pour ce très agréable dîner. Que votre nuit soit douce.
Roxane ne put s’empêcher de rougir fortement au baisemain que le duc lui fit. Ses amis, plus informels, se contentèrent d’un geste de la main pour la saluer et les quatre hommes disparurent dans le petit salon.
Roxane mit rapidement par écrits ses impressions, se contentant du minimum. Elle délayerait après. Il était près de minuit. Elle était dans son lit, à relire une dernière fois ses notes lorsqu’elle crut entendre un hurlement… un hurlement féminin. Elle tendit l’oreille mais n’entendit rien. Le silence était complet dans le château. Probablement les amis du duc étaient-ils partis. Tout le monde, à part elle, devait dormir. Elle reprit sa lecture.
Quelques minutes plus tard, ayant terminé, elle posa son stylo et au moment où sa main se posait sur l’interrupteur, coupant ainsi la lumière, un second cri se fit entendre.
Roxane ralluma en sursautant. Elle était seule mais soudain, une peur atroce s’empara d’elle. Ces châteaux écossais étaient-ils hantés ? Elle s’imagina la scène des films d’horreur et elle sut que l’électricité allait s’arrêter. Ça se passait toujours ainsi.
Elle alluma les trois bougies présentes sur son chandelier, ce qui, évidemment, ne changea pas la lumière dans sa chambre, la lampe électrique éclairant déjà très bien la pièce. Elle resta dans le lit, à l’affût du moindre bruit.
Elle était assise, les jambes relevées sur sa poitrine, craignant l’irruption du fantôme de l’ancêtre du duc l’accusant d’avoir envahie ce château sans sa permission. Elle tremblait, sursautant à chaque ombre. Comme pour confirmer ses craintes, un éclair illumina soudain la pièce, très rapidement suivi par un coup de tonnerre et une pluie diluvienne.
Elle regarda sa montre. Dans deux minutes, il serait minuit. Elle était plus terrorisée que jamais. Elle regarda les secondes s’égrener jusqu’à ce que minuit sonne. Elle entendit une horloge lointaine, probablement au salon, sonner les douze coups et lorsque le dernier retentit, rien ne se produisit, absolument rien. L’électricité ne faiblit pas, il n’y eut aucun fantôme, rien de particulier, sinon qu’on venait de changer de jour.
Elle resta cependant un instant en attente, craignant toujours quelque évènement surnaturel. Des bruits de pas dans le couloir la figèrent. Ils s’approchaient, inexorablement. Rapidement, ils passèrent pour continuer leur route et Roxane soupira puis sursauta lorsque la porte s’ouvrit.
– Pardon, dit le duc, je ne voulais pas vous faire peur. J’ai été étonné en voyant de la lumière sous votre porte. Vous allez bien ?
– Oui, ça va, dit Roxane, se trouvant ridicule.
Elle entendit des reliefs de conversation. Apparemment, les amis du duc étaient sur le départ. Ce fut une autre voix qui l’interpella.
– Il y a une femme avec vous ? interrogea Roxane avant de se rendre compte de l’impolitesse totale de sa question.
Elle rougit en voyant le regard appuyé du duc en réponse. Cependant, il accepta de répondre à sa question.
– En effet. Vous avez allumé les bougies ?
Roxane eut un rapide regard pour le chandelier avant de se tourner vers le duc, ouvrant et fermant plusieurs fois la bouche, ne sachant trop que dire, ne pouvant avouer sa peur idiote. Finalement, elle souffla :
– Je lisais et euh… Ronald m’a dit… qu’il y avait régulièrement… des coupures de courant. Je voulais juste être sûre de ne pas me retrouver dans le noir.
– Vous avez peur du noir ? demanda le duc avant de continuer sans lui laisser le temps de répondre. Pardon, cela ne me regarde pas. Excusez ma curiosité. Cependant, Ronald a quelque peu exagéré. Il y a une coupure en dix ans. Pas de quoi s’affoler.
– Oui, pardon. Je… Je vais les éteindre, dit Roxane avant de souffler les bougies.
Le duc sourit puis lança :
– Hé bien, ravi de voir que vous allez bien et encore pardon de vous avoir dérangée. Passez une bonne nuit, Roxane.
– Merci. Vous de même, monsieur le duc.
Le duc referma la porte et Roxane se trouva totalement idiote. Elle s’endormit, toujours dégoûtée de sa réaction puérile et infantile. En plus, elle n’avait jamais réellement eu peur du noir. Par contre, les fantômes, ça oui, ça lui faisait peur. Elle se maudit de sa stupidité. Ces fantômes étaient simplement les amis du duc et elle avait du confondre hurlements et cris de plaisir. Oui, c’était cela. Ils avaient pris leur pied et elle en avait été terrorisée. Elle rit de sa propre bêtise et passa une très bonne nuit.
Les cinquièmes, sixièmes et septièmes jours furent agréables. Désormais adaptée à la vie de château et à laisser Ronald s’occuper de tout, Roxane commençait à apprécier ce qu’elle considérait désormais comme des vacances.
Le cinquième jour, elle l’avait passé à rédiger ses découvertes de la veille.
Le sixième, le duc lui avait proposé de venir le voir jouer au polo le matin et Roxane avait été enchantée. Pouvoir mater tout son saoul les quatre hommes à l’aise sur leurs chevaux l’avait comblée. Elle avait passé son après-midi au lac et n’était même revenue que pour le dîner et non le thé, n’ayant pas vu le temps passer.
Le septième jour étant particulièrement pluvieux, elle était restée à l’intérieur et avait rédigé un chapitre de plus de son mémoire. Lorsqu’un peu avant l’heure du thé, Roxane entendit frapper à sa porte, elle fut surprise. Ronald venait-il la prévenir ? Il était un peu tôt pourtant. Elle lui permit d’entrer. C’était bien Ronald, mais il n’était pas venu les mains vides. Il apportait une tenue qu’il posa délicatement sur le lit.
– Monsieur le duc reçoit à nouveau ses amis. J’ai pris l’initiative de vous apporter de quoi vous changer.
– Excellente initiative, Ronald, comme d’habitude.
Roxane jeta un œil sur le vêtement et alors que Ronald allait sortir, elle se leva pour voir l’habit de plus près avant de s’exclamer :
– Ronald ! Cette robe est splendide. Je ne peux pas mettre ça !
Ronald parut surpris.
– Est-ce le duc qui choisit ces vêtements pour moi ? demanda Roxane.
– Non, répondit le majordome. Je les prends dans une armoire parmi celles à votre taille en essayant de me rapprocher de vos goûts. Me serais-je trompé ? Vous déplaît-elle ?
– Non, elle est… sublime. Mais bien trop belle ! C’est une robe de…
– Duchesse, finit Ronald à sa place. La mère de monsieur le duc est la dernière personne à l’avoir portée. C’était il y a très longtemps. Elle était encore jeune à l’époque.
– Ronald, jamais je n’oserais porter un vêtement d’une telle valeur ! s’exclama Roxane.
– Je peux vous en amener une plus simple mais je vous assure que ça serait dommage. Celle-ci vous ira à ravir.
Roxane ne sut que penser. Allait-elle insulter son hôte en refusant de la porter ? Elle ne voulait en aucun cas être outrageante.
– Merci, Ronald. Je… je vais prendre celle-là. Merci de votre sollicitude.
– Le thé sera servi dans une demi-heure.
À ces mots, Ronald sortit, toujours aussi insensible aux remerciements de Roxane. La jeune femme prit une rapide douche avant de mettre la robe – qui s’avéra plus simple à mettre qu’elle ne l’avait redouté – et de se coiffer.
À l’heure du thé, elle sortit. Depuis le couloir, elle entendit des bruits en provenance du salon, preuve que le duc et ses amis étaient déjà là. Elle descendit les marches, mal à l’aise dans cette robe. Non pas qu’elle était désagréable à porter, bien au contraire, Roxane ne s’y sentait juste pas à sa place, comme si cette robe ne la méritait pas.
Les amis du duc la félicitèrent sur sa tenue qui, d’après eux, lui allait comme un gant et Roxane ne manqua pas de remercier le duc pour ce prêt. La discussion fut à nouveau très agréable. Les trois amis restèrent pour le dîner et à nouveau, Roxane préféra se retirer dans sa chambre, principalement pour ne pas déranger les quatre hommes, surtout s’ils comptaient effectuer la même activité que la fois précédente.
Roxane se changea afin d’abîmer le moins possible cette robe qu’elle avait craint de salir pendant tout le repas pour passer un pyjama simple – les chambres étaient très bien chauffées et la couverture chaude. Après quoi elle s’installa dans son lit pour lire un des ouvrages en provenance de la bibliothèque du duc.
Elle lisait depuis une heure lorsqu’elle entendit un cri de femme. C’était vraiment étrange, car cela ressemblait vraiment davantage à de la souffrance qu’à du plaisir. Un autre cri se fit entendre. Roxane sentit sa curiosité poussée à vif. Au troisième cri, elle posa le livre, alluma le chandelier et sortit de sa chambre.
Un cri la guida le long du couloir principal. Elle le suivit et s’arrêta en entendant des bruits de conversation étouffés à travers une porte. Elle colla son oreille à la porte mais ne parvenait pas à entendre plus que des sons lointains. Elle regarda par le trou de la serrure mais il faisait trop obscure pour qu’elle y vit quoi que ce soit.
Elle allait s’en aller lorsqu’un nouveau cri se fit entendre. Elle en était sûre : c’était de la souffrance. Elle posa la main sur la clenche de la porte sans oser la tourner. Ce qui se passait derrière ne la regardait en rien. Son esprit lui hurlait de retourner dans sa chambre mais sa curiosité la poussait à braver tous les dangers et toutes les barrières de la politesse.
Finalement, se maudissant à l’avance de l’avoir fait, elle tourna la poignée de la porte. Cette dernière ne fit pas le moindre bruit en s’ouvrant, aucun grincement et Roxane en fut ravie. Elle faisait chaque geste avec lenteur. Elle laissa le chandelier dans le couloir afin de ne pas attirer attention avec de la lumière car il faisait sombre de l’autre côté.
La porte ouvrait sur un petit escalier droit en bois. Juste en bas, il tournait sur la gauche vers une pièce dont Roxane ne voyait qu’une minuscule partie de son sol en pierre. De la lumière et des bruits provenaient de la pièce. Il était clair que le duc et ses amis étaient là.
Si Roxane voulait en voir plus, elle devrait descendre l’escalier mais alors risquait d’être vue des gens à l’intérieur. De plus, si elle descendait les marches normalement, on verrait ses pieds avant qu’elle-même ne puisse voir quoi que ce soit. Elle décida de se mettre à plat ventre sur le parquet et de jeter un œil par le premier trou entre le mur et la rambarde de l’escalier.
Ce qu’elle risquait le plus était un passage de Ronald, dont elle ignorait l’emplacement de la chambre. Un instant, elle se dit qu’elle était ridicule. Si le duc la trouvait ici, que penserait-il d’elle ? Un nouveau cri, beaucoup plus présent du fait de la proximité, se fit entendre. Il y avait forcément une femme. La réaction du duc et de ses amis à ses cris fut effarante pour Roxane. Ils rirent tandis que l’un d’eux lançait en anglais :
– On t’a dit de te taire, salope. Tu acceptes la punition sans broncher.
Roxane, qui parlait bien l’anglais, comprit la phrase. La vulgarité la choqua. Depuis quand ces gentlemans étaient capables d’user d’un tel vocabulaire ? Troublée, elle ne fut même pas en mesure de reconnaître lequel des quatre venait de s’exprimer.
– Oui, maître, répondit en anglais une toute petite voix que Roxane eut de la peine à entendre.
Roxane n’avait toujours pas osé jeter un œil. Toujours allongée sur le ventre, elle craignait d’être vue. Elle entendit un claquement suivi d’un cri contenu.
– Quatre, entendit-elle la femme souffler d’une voix pleine de larmes.
Non, décidément, Roxane devait regarder. Elle était trop curieuse. Elle risqua le tout pour le tout et osa passer la tête devant la petite ouverture entre le mur et l’escalier. Elle ne vit pas la salle entière. Elle voyait de dos les jambes de deux hommes, de côté un troisième homme jusqu’au torse et rien du quatrième. Le troisième tenait dans sa main droite une cravache noire et tous étaient habillés. À droite de la cravache se trouvait une femme. En réalité, Roxane n’en voyait que les fesses rouges et striées mais lorsque la cravache s’abattit à nouveau, il était clair que les cris venaient d’elle. Elle se retint pour ne prononcer qu’un difficile « cinq ».
– Bien, dit l’un des hommes. J’espère que cela te servira de leçon.
– Oui, maître, répondit la femme d’une voix tremblante. Merci, maître.
Maître ? répéta Roxane dans sa tête. La femme se releva. Roxane, en bougeant un peu, vit qu’elle était précédemment appuyée sur une table.
– À genoux maintenant ! s’écria l’homme d’une voix très autoritaire qui fit sursauter Roxane autant que la femme présente devant lui.
La femme obéit, plaçant d’elle-même ses mains derrière son dos. L’homme lui attrapa violemment les cheveux, lui arracha un gémissement.
– Défais mon pantalon, ordonna-t-il.
Il ne portait rien en dessous et son membre dressé était d’une taille plus que suffisante. À peine fut-il libéré de son écrin de tissu que l’homme l’enfourna dans la bouche de la femme. Il imprimait le mouvement en maintenant fermement la tête de sa partenaire. La femme, quant à elle, se laissait faire, les mains toujours derrière le dos, malgré des nausées évidentes.
Roxane ne savait trop que penser devant cette scène. Considérant qu’elle en avait vu largement assez, elle se redressa, ressortit sur la pointe des pieds et retourna dans ses appartements. En refermant la porte de sa chambre, elle était perdue dans ses pensées.
Il était certain qu’elle venait d’assister à une scène de total consentement. Elle n’imaginait pas une seule seconde que la femme pouvait ne pas être présente de son plein gré. Roxane n’avait jamais regardé de films dits pornographiques. Elle avait déjà connu plusieurs aventures sans lendemain et le sexe ne lui était donc pas inconnu mais elle n’avait jamais vu, ni entendu parler de ce genre de scènes.
Ce qui la tourmentait était qu’elle ne parvenait pas à déterminer si cette scène l’avait choquée, outrée ou au contraire si elle l’avait appréciée. Elle s’assit sur le lit, elle-même surprise par son envie d’y retourner pour aller voir la suite.
Elle secoua la tête. Non, cela ne la regardait pas. Elle avait déjà été suffisamment curieuse. Si le duc savait qu’elle s’était ainsi permise de mettre le nez dans ses affaires, il la mettrait sûrement à la porte. Cela n’aurait pas été un problème pour la thèse de Roxane car elle avait déjà récupéré une quantité largement suffisante d’informations sur le terrain pour la finir sans difficulté. Seulement, Roxane s’était habituée à vivre là et elle préférerait pouvoir encore un peu profiter de la vie de château.
Elle soupira. Oui, même si elle en avait envie, elle ne devait pas y retourner. Son indiscrétion avait déjà dépassé les bornes, pas question de recommencer ! Elle se prépara à aller dormir et alla faire ses besoins avant. Elle fut elle-même surprise de trouver son intimité trempée en s’essuyant. Cette scène l’avait-elle vraiment à ce point excitée ? Elle en était elle-même perplexe.
Elle partit se coucher mais une fois la lumière éteinte, elle ne parvenait pas à s’arrêter de penser à ce qu’elle avait vu et son bas-ventre la brûlait de plus en plus. Elle finit par céder et offrit à son corps de se décharger en une séance personnelle qui lui apporta un orgasme plus puissant et rapide qu’elle n’avait jamais eu. Enfin vidée, elle put dormir tranquillement.
Le lendemain, Roxane se comporta comme si de rien n’était. Après tout, le duc faisait ce qu’il voulait de ses nuits, elle n’avait pas à le juger, d’autant plus qu’elle-même appréciait cela. Le duc fut aussi agréable que d’habitude.
Les huitièmes, neuvièmes et dixièmes jours furent pluvieux. Le ciel n’offrit pas une minute de répits et Roxane resta enfermée. Elle s’ennuya car la lecture et la rédaction de sa thèse commençaient à lui peser. Elle eut ainsi de nombreux de moments où elle resta seule et où ses pensées s’échappèrent.
Sans qu’elle le désire vraiment, elles revenaient presque systématiquement sur la scène dont elle avait été la spectatrice cachée et elle dut se caresser à plusieurs reprises pour éteindre l’incendie qui la ravageait.
Les neuvièmes et dixièmes jours, elle se surprit à espérer la venue des amis du duc qui semblaient annoncer une soirée chaude. Roxane, au fur et à mesure du temps qui passait, mettait de plus en plus de côté sa moralité et comptait bien aller observer la prochaine partie, et entièrement cette fois-ci.
Le onzième jour, alors qu’elle s’ennuyait dans sa chambre, elle sursauta en entendant Ronald frapper à sa porte et elle sourit pleinement en le voyant lui apporter un ensemble ravissant. Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : les amis de duc seraient bientôt là.
Roxane ne sut si les invités remarquèrent qu’elle était agitée. En effet, du thé au dîner, elle ne put s’empêcher de penser à la soirée et son ventre la brûla plus fortement que jamais, d’autant qu’elle ne put répondre à ses ardeurs demandes.
Comme à son habitude, Roxane s’éclipsa après le dîner. Elle partit se doucher et en profita pour calmer l’incendie qui la consumait mais en sortant de la douche, il reprit. Roxane guetta le passage des amis du duc dans le couloir mais quand, au bout de deux heures, elle n’eut toujours rien entendu, elle se décida à sortir et à se rendre devant la petite porte.
Il y avait du bruit. Elle les avait ratés. Ils avaient dû passer pendant qu’elle prenait sa douche. Dégoûtée d’avoir raté le début et peut-être de n’arriver qu’à la fin, elle ouvrit doucement la porte et se plaça en haut des marches.
Cette fois-ci, elle osa directement jeter un œil en bas. Elle voyait seulement les pieds de deux des hommes mais rien d’autre. Elle maudit sa malchance. Si elle voulait voir, il lui faudrait descendre davantage et risquer d’autant d’être vue.
À plat ventre, la tête la première dans l’escalier, elle descendit deux autres marches, tentant de se faire aussi petite que possible tout en relevant la tête pour voir entre les barreaux de la rambarde de l’escalier. Elle dut descendre quatre marches avant d’avoir enfin une vue raisonnable sur la situation. Seul problème, dans cette position, elle pouvait regarder mais certainement pas agir et son ventre la brûla rien qu’en voyant la situation.
La femme dont elle n’aurait su dire s’il s’agissait de la même que la fois précédente, était attachée en croix à un mur. Ses yeux étaient bandés et sa bouche affublée d’un bâillon rond en plastique l’empêchant de crier. Une barre était accrochée verticalement entre ses jambes. Sa partie supérieure, probablement terminée par un god, était entrée dans l’intimité de la femme. Enfin, l’un des amis du duc tenait dans sa main un objet noir au bout vibrant qu’il appliquait sur le clitoris de la femme.
Cette dernière tentait de bouger mais ses liens limitaient grandement ses mouvements, l’obligeant à subir cette « torture ». Malgré le bâillon, on l’entendait gémir. Ses cris augmentèrent en même temps que tout son corps se crispa. Roxane savait que la femme venait d’avoir un fulgurant orgasme et elle eut une furieuse envie de faire de même, sans le pouvoir, et cette frustration ne fit qu’augmenter son envie.
L’orgasme dura, encore et encore. La femme, gênée par le bâillon, bavait et Roxane se mordait la lèvre pour tenter de se calmer. Enfin, l’ami du duc retira l’objet ainsi que le god du corps de la jeune femme. Il lui ôta également son bâillon. Elle prit plusieurs grandes respirations et avala sa salive avec joie.
– Ça t’a plu, on dirait, dit l’ami du duc.
– Beaucoup, maître, répondit la femme.
– À nous aussi. Ce spectacle était ravissant, répondit-il.
Roxane se tourna vers les autres hommes. Trop concentrée par la femme, elle n’avait même pas fait attention à eux. Il avait tous ouvert leurs pantalons et caressaient leurs sexes tendus à souhait.
Le maître détacha la femme, la fit se mettre à genoux, ôta son bandeau afin qu’elle puisse voir. Elle était entourée par les quatre hommes. Elle en prit un – c’était le duc – en bouche et deux autres dans chacune de ses mains. Seul son maître resta sans rien, ce qui ne sembla pas le déranger. Celui qu’elle suçait lui tenait la tête, imprimant son rythme et bientôt, il éjacula et la femme avala sans se plaindre.
– À quatre pattes, petite chienne, souffla le maître alors que la femme en prenait un autre en bouche.
Elle obéit sans lâcher sa nourriture et alors qu’elle suçait avec application, son maître se présenta derrière elle. Au gémissement qu’elle poussa, il était clair qu’il venait de l’enculer.
Roxane sentait maintenant la sueur couler sur sa nuque. Elle avait chaud, très chaud. Son cœur cognait contre sa poitrine plus fort que jamais. Elle sursauta lorsque le duc abattit une cravache sur le dos de la femme. La femme gémit mais ne se plaignit pas. Ses cris, bien qu’étouffés par le membre de celui en face d’elle, étaient bien audibles et visiblement, elle prenait beaucoup de plaisir.
Le maître se déchargea presque en même temps que celui qu’elle suçait. Restait un homme qui n’avait pas été comblé et elle le prit en bouche en se plaçant à genoux devant lui. Les fellations de la soumise semblaient d’excellentes qualités car il ne tarda pas à venir dans un râle bruyant. Ceci sembla marquer la fin de la séance car le maître lança :
– Merci beaucoup, chère Cécile. Tenez.
Alors que jusque là, il lui adressait la parole d’une voix autoritaire, il venait d’user d’un ton doux et apaisant. Il lui tendait un peignoir qu’elle passa volontiers. Tous les participants souriaient. Ils s’assirent autour de la table et dégustèrent des petits mets qui semblaient délicieux autour d’un verre de kir. Ils discutèrent de tout et de rien puis le duc et ses deux amis se dirigèrent vers la sortie, laissant le maître et sa soumise seuls.
Roxane s’échappa à temps pour ne pas être vue et rentra dans sa chambre. Probablement que les deux restés seuls allaient discuter de la séance en tête à tête. Roxane n’entendit pas le duc et ses deux amis passer devant sa chambre. Probablement attendaient-ils dans une pièce voisine.
Enfin, une demi-heure plus tard, le couple remonta et tous repassèrent devant la porte de Roxane qui avait fait attention d’éteindre la lumière afin de ne pas être repérée. Roxane attendit que le duc remonte et s’enferme dans sa chambre pour se donner ce plaisir qu’elle avait désiré pendant toute la soirée. Elle dut retenir ses cris de peur que le duc ne l’entende. Enfin, elle s’endormit, plus calme et sereine que jamais.
Le lendemain, Roxane afficha une mine bougonne, et pour cause : elle s’en allait quatre jours plus tard et il y avait de fortes chances pour que les amis du duc ne se remontrent pas d’ici là. Roxane crevait d’envie de voir une scène entière et non des petits bouts. Elle avait déjà été ravie d’assister à un peu plus que la première fois, mais cela ne lui suffisait pas. Ronald, en bon majordome, ne lui fit pas remarquer son air ronchon mais le duc, au thé, ne se priva pas.
– Quelque ne va pas, Roxane ?
– Non, tout va bien, monsieur le duc, répondit la jeune femme avant d’avaler une gorgée de thé chaud.
– Allons, je vois bien que vous n’êtes pas dans votre assiette. N’auriez-vous pas trouvé ce que vous cherchiez ? Vous craignez de n’avoir pas vu assez de choses pour votre thèse ? Il est vrai qu’il a souvent plu et que vous n’avez guère eu d’occasion de sortir. La semaine prochaine promet d’être ensoleillée. Dommage que vous partiez dimanche.
Roxane sauta sur l’occasion. Elle avait récupéré largement de quoi rédiger trois thèses. Pourtant, elle lança :
– Oui, je… il me manque encore beaucoup d’éléments et de ce que j’ai pu en voir, cet endroit recèle pourtant de tout ce dont j’ai besoin.
Le duc afficha une mine navrée.
– Peut-être… souffla Roxane. Peut-être pourrais-je rester plus longtemps ? À moins que la chambre ne soit déjà prise !
– Non, vous savez quelles difficultés j’ai à avoir des locataires. Je vous en prie, mademoiselle, vous pouvez rester mais ne devez-vous pas rentrer ?
– Non, non, mon directeur de thèse me laisse libre. Il sait qu’il peut me faire confiance.
– Vous avez les moyens de rester plus longtemps ? s’enquit le duc.
– Oui, n’ayez crainte. J’ai ce qu’il faut. Je peux donc ?
La fac payait la location hors de prix. Roxane avait négocié. Obtenir une rallonge ne serait pas difficile.
– Bien sûr, mademoiselle, répondit le duc avec une voix qui respirait la sincérité. Votre présence ici est un cadeau. Vous me permettez d’être moins seul et en plus, vous êtes très mignonne, ce qui ne gâche rien.
Roxane rougit fortement au compliment. Elle sentit ses tempes battre au rythme de son cœur. S’il savait qu’elle ne restait que pour avoir la possibilité d’être à nouveau spectatrice des ébats nocturnes de ses amis et lui, il ne serait probablement pas aussi aimable. Elle le savait : elle était très indiscrète et très malpolie en agissant de cette façon mais elle ne pouvait imaginer arrêter. Elle voulait voir une séance entière, c’était comme si sa vie en dépendait, ou plutôt sa libido.
Elle passa une agréable soirée avec le duc pendant laquelle elle se concentra sur les échecs pour ne penser à rien d’autre. Le lendemain, elle partit se promener, disant qu’elle allait au lac mais elle se promena en réalité dans les environs et Roxane se découvrit un véritable amour pour les paysages écossais. Elle rentra à l’heure pour le thé où elle fut un peu triste de se retrouver seule avec le duc.
Le lendemain, elle fut comblée lorsque Ronald lui apporta une tenue. Son sourire fut plus que visible et comme d’habitude, Ronald ne sembla se rendre compte de rien. Rien que de savoir qu’ils allaient venir, elle mouillait.
Si Ronald venait la trouver avant l’heure du thé, son ventre commençait à brûler. Si on lui avait dit deux semaines plus tôt que la venue du majordome la mettrait dans cet état, elle ne l’aurait jamais cru. Elle s’habilla fébrilement. Cette fois, elle ne laisserait pas passer sa chance et assisterait à toute la soirée. En attendant, elle comptait passer un bon thé et un bon dîner avec les amis du duc.
Ils l’accueillirent avec leur habituelle excellente humeur ainsi que des compliments sur sa tenue. Le dîner fut aussi agréable que d’habitude, d’autant qu’apparemment, ils avaient remporté le match de polo, les rendant plus heureux que jamais. Ils accueillirent avec des grands sourires la nouvelle de la présence plus longue de Roxane au château. La jeune femme fut touchée par ces élans de sympathie.
Comme à son habitude, elle disparut après le dîner sauf que celle fois-ci, elle se changea sans se laver, l’oreille tendue vers le couloir. Elle préféra ne pas calmer le feu dans son ventre, de peur de rater le bruit dans le couloir.
Elle éteignit la lumière, faisant ainsi croire qu’elle dormait, avant de se demander si c’était une bonne chose. En effet, d’habitude, elle ne dormait jamais si tôt. Elle décida donc, finalement, de laisser la lumière allumée et colla vraiment son oreille à la porte.
À genoux, la tête sur le bois, elle se donnait l’impression d’une folle furieuse qui espionne son hôte et pourtant, elle ne pouvait s’en empêcher. Cette fois, elle voulait voir le début ! Enfin, elle entendit des bruits de pas dans l’escalier. Ils s’approchèrent, passèrent devant sa porte continuèrent le long du couloir pour finalement disparaître.
Roxane, faisant fi du danger, ouvrit immédiatement sa porte pour regarder à droite. Il n’y avait pas âme qui vive. Sur la pointe des pieds, elle s’approcha, l’adrénaline se déversant dans son sang augmentant encore son excitation. Arrivée à la porte menant au donjon, elle colla son oreille au panneau de bois.
Elle entendit des bruits lointains. Elle tourna la clenche et s’engouffra sur le palier en haut de l’escalier. Elle se mit dans la même position que la veille. Les quatre hommes étaient assis à la table, sirotant tranquillement un verre alors que la femme, toujours habillée, attendait, à genoux, les mains dans le dos, les yeux bandés, leur bon vouloir.
Plus le temps passait et plus Roxane avait du mal à se retenir de se caresser. Cette simple attente l’excitait. Voir cette femme réduite à simple objet dont les hommes pouvaient se servir selon leur envie la chauffait plus que jamais, et ce bien que, paradoxalement, il ne se passa rien.
Enfin, le comte Charles Stethen – Roxane était enfin parvenue à retenir leurs noms et titres – lança :
– Enlève ton chemisier.
La femme retira un à un chaque bouton puis fit glisser son haut jusqu’au sol. Elle ne portait rien en dessous. Elle était de trois-quarts par rapport à Roxane qui constata que les quatre hommes la regardaient agir sans cesser de sourire. Ils reprirent leur conversation, ne demandant rien de plus à la femme qui avait replacé ses mains dans son dos. Cette nouvelle attente chauffa encore un peu plus Roxane.
– Retire ta jupe, ordonna le comte qui, apparemment, ce jour-là, était le maître.
La femme obéit. Elle n’eut pas à se relever car la jupe s’ôtait d’un simple bouton sur le côté. À nouveau, elle ne portait rien en dessous. Elle fut donc entièrement nue et remit ses mains derrière son dos et à nouveau, les hommes la firent languir en ne lui faisant rien.
Après un petit moment, ils se levèrent tous, faisant exprès, sembla-t-il à Roxane, de faire du bruit, ce qui fit sursauter la soumise. Stethen prit une cravache et commença à caresser le corps de la soumise avec, la faisant frémir.
Les autres regardaient d’abord, puis le duc Nicolas Du Moulin s’approcha et caressa les seins de la femme alors que Stethen passait la cravache sur les fesses de sa soumise. Il frappa un petit coup, très léger, faisant gémir sa soumise et sourire toute l’assistance.
La respiration de Roxane s’était accélérée. Elle avait essayé d’atteindre sa chatte dégoulinante mais avait failli glisser et s’était donc remise dans une position plus stable mais également plus frustrante.
Un deuxième coup de cravache tendre et la soumise gémit surtout parce que Du Moulin pinçait maintenant ses tétons avec insistance. Les mains toujours dans son dos, la femme se laissait faire et se contorsionnait en gémissant de temps à autre.
Le duc Albert Mean s’avança à son tour et entreprit de caresser le visage de la femme puis de lui proposer ses doigts, qu’elle lécha avec plaisir, mimant à perfection le geste de la fellation. Elle gémissait toujours sous l’action du duc Du Moulin sur sa poitrine. Le comte Philibert de Malt tendit à Du Moulin des objets qu’il plaça avec plaisir sur les tétons de la soumise. À ses gémissements, il fut évident que les pinces étaient douloureuses.
– C’est bien, lança Stethen à l’attention de sa soumise. Tu ne te plains pas. Continue ainsi.
De manière imprévisible, le comte de Malt lança doucement sa main sur les fesses de la soumise qui gémit plus de surprise que de douleur, d’autant que Du Moulin s’amusait maintenant avec les pinces qu’il avait placées sur les seins de la femme.
Roxane, depuis son poste d’observation, était aux anges. Elle n’aurait pu rêver mieux. Son ravissement était total. Elle regardait tout, n’en ratant pas une miette, sursautant en même temps que la soumise, se retenant de gémir. Chaque fois que son bas ventre lui envoyait une demande de plaisir, Roxane se mordait la lèvre. Si elle sortait pour le combler, elle raterait une partie du spectacle et ça, il n’en était pas question. Ça n’était pas comme un film qu’on peut mettre en pause, non, ça continuerait, même sans elle. Elle devait donc tenir. Elle pensait déjà à la séance personnelle qu’elle allait s’offrir à son retour dans sa chambre, ce qui ne fit qu’augmenter son désir actuel.
Lorsque Roxane se reconcentra sur l’action, Stethen avait assis sa soumise dans un canapé et lui avait fait écarter les jambes.
– Tu sais qu’on regarde tous les quatre la chatte que tu nous ouvres grand, souffla Stethen.
– Oui, maître, répondit la femme et dans sa voix, Roxane sentit une gêne certaine.
– Tu aimes qu’on t’observe de la sorte ? continua Stethen, qui, fort probablement, connaissait déjà la réponse.
– Non, maître.
– Et pourtant, tu obéis, dit Stethen d’un ton laissant clairement entendre que ça n’était pas du tout une question.
– Oui, maître, répondit la femme. Je vous appartiens, je fais ce que vous voulez.
– Bien, parfait, continua le comte.
Il s’avança vers sa soumise, lui donna quelque chose que Roxane ne parvint pas à voir – elle avait déjà du se décaler un peu pour avoir le canapé dans son champ de vision – puis annonça :
– Tu vas nous montrer comment tu te donnes du plaisir toute seule, maintenant, petite chienne.
La femme se crispa à ces mots. Visiblement, elle n’appréciait pas, mais alors pas du tout.
– J’attends, siffla le comte d’une voix autoritaire.
La soumise semblait vraiment gênée. Elle n’osait se rebeller verbalement mais ne parvenait pas à bouger. Après un temps d’attente que Roxane trouva court, Stethen s’impatienta et lança :
– Hé bien !
– Je… s’il vous plaît, maître, non, je… je ne peux pas.
– Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? répliqua Stethen d’une voix dure.
La soumise se décomposa à ses mots et Roxane sentit son ventre chauffer à cette démonstration d’autorité. Cette phrase parvint à la faire plier et elle plaça l’objet – qui s’avéra être un god vibrant – sur sa chatte luisante et commença à se donner du plaisir. Elle commença à gémir doucement en faisant passer le god sur son clitoris. Elle poussa des petits râles de contentement en se caressant les petites lèvres et son bouton dressé.
– Je sais que tu adores être remplie alors montre-nous, ordonna Stethen.
La soumise sursauta. Probablement essayait-elle d’oublier la présence des voyeurs pour se donner plus de cœur à l’ouvrage et cette intrusion l’avait dérangée. Elle obéit cependant, faisant coulisser dans son antre humide le god doré avec un plaisir évident. De sa main libre, elle se titillait le clitoris. Alors que son plaisir était en train de monter de manière significative, Stethen lança :
– Tu continues mais étant donné que tu as été lente à obéir, je t’interdis de jouir, est-ce clair, petite chienne ?
– Oui, maître, répondit la femme d’une voix à la fois suppliante, chargé de remords et de plaisir.
La soumise continua à se caresser avec un doigté expert et ses gémissements furent de plus en plus présents.
– J’ai envie de jouir, maître, s’il vous plaît ! gémit-elle.
– Non, tu n’avais qu’à obéir. Tu penses ne pas mériter cette punition ?
– Si maître, répondit la soumise que ces réprimandes semblaient exciter encore plus.
Ses gémissements devinrent complexes. On y décernait du plaisir, bien sûr, mais également de la souffrance. Elle se retenait et ça lui coûtait visiblement beaucoup.
– Arrête maintenant, dit le maître.
La soumise semblait sur le point de pleurer. Plus excitée que jamais, il lui refusait l’orgasme libérateur. Il reprit le god qu’il posa sur la table avant se placer derrière sa soumise. Les autres s’avancèrent vers elle. Les yeux bandés, elle ne voyait pas ce qui se passait.
Embrumée par son plaisir, elle devait avoir du mal à être totalement présente dans la pièce. Elle gémit lorsque son maître empoigna ses seins et commença à s’amuser avec. Le duc Du Moulin s’empara d’un petit god qu’il enduisit de gel avant de l’insérer presque en une fois dans le petit trou de la soumise qui gémit en se tordant sous cet acte inattendu.
Toujours au bord du plaisir, elle avait du mal à se contrôler. Elle tremblait et gémissait de plus en plus, d’autant que Du Moulin s’amusait à faire sortir et rentrer son instrument dans le corps de la femme.
Lorsque le comte De Malt, après accord de Stethen, approcha l’objet noir au bout vibrant du corps de la soumise, Roxane dut se retenir pour ne pas gémir. L’ayant déjà vu à l’action, elle se doutait de l’effet que cela produirait sur cette femme au bord du plaisir.
– Offres nous ton plus bel orgasme, petite chienne, souffla Stethen à sa soumise au moment où le comte De Malt apposait l’instrument sur les petites lèvres de la femme.
Le cri qui sortit immédiatement de sa bouche prouva qu’elle avait un plaisir explosif. Les hommes la retenaient pour ne pas qu’elle bouge ou tombe tandis que, perdue au septième ciel, la soumise ne savait plus où elle était. Son orgasme dura très longtemps et Roxane sentit qu’elle n’en pouvait plus, elle non plus. Son ventre lui hurlait son désir. Elle sentait son clitoris tendu sous sa culotte et ses seins durcis sous son chemisier. Elle se releva et courut dans sa chambre. Elle comptait bien revenir ensuite mais son plaisir fut tellement long et prenant qu’elle s’endormit juste après et ne fut donc pas en mesure de connaître la fin de cette séance.
– Décidément, dit-elle à voix haute dans sa douche le lendemain matin, je n’en vois que le début ou la fin, mais jamais le truc complet. C’est énervant. Il faudrait que je trouve une meilleure position. Ça me permettrait de regarder tout en calmant mes envies.
Cependant, elle avait beau y réfléchir, elle ne voyait pas comment se placer mieux. Vu l’espace offert, c’était impossible sans risquer davantage d’être vue. Elle descendit à la salle à manger où elle rejoignit le duc pour le petit déjeuner.
– Bien dormi ? demanda celui-ci comme presque tous les matins.
C’était devenu un rituel.
– Excellemment bien, duc. Et vous ?
– Très bien, également.
Le petit déjeuner fut agréable. Alors qu’elle allait monter pour se laver les dents, le duc lança :
– Cela vous dirait-il de m’accompagner aujourd’hui au polo ? Mes amis et moi jouons les quarts de finale.
– Volontiers, répondit Roxane dont les yeux brillèrent à l’idée de pouvoir mater de nouveau.
Elle croyait que cela terminait la conversation mais le duc lança :
– Un jour, vous devriez envisager de participer au lieu de simplement regarder.
Roxane ne sut trop comment prendre cette phrase. C’est pourquoi elle répondit :
– Vous parlez du polo ?
En passant à côté d’elle pour rejoindre sa chambre, le duc répondit :
– Je ne crois pas que vous sachiez monter à cheval.

Roxane resta tétanisée alors que le duc montait tranquillement les marches. Venait-il de lui parler… de ce à quoi elle pensait ? Non, c’était… impossible. Il l’avait vue. Elle n’avait pas été assez discrète.
Non, se dit-elle, non, c’est moi qui comprend de travers. Pourtant, une petite voix intérieure lui disait qu’il ne pouvait pas vraiment parler d’autre chose. Elle monta et fut troublée pendant tout son brossage de dents. Elle se changea afin de s’habiller plus chaudement.
Pendant tout le trajet en voiture les menant au terrain de polo, le duc fut d’agréable conversation et il ne fit aucune mention à sa réflexion du matin. Roxane, cependant, ne pouvait s’empêcher d’être gênée. Lorsqu’elle salua les amis du duc, elle ne put s’empêcher de se demander si eux aussi, savaient. Rien dans leur attitude ne le montrait.
– Cécile ! s’exclama l’un d’eux.
– Madame la baronne, dit poliment le duc Mean en effectuant un gracieux baise main.
Roxane reconnut la soumise de Du Moulin, la seconde femme qu’elle avait observé. Les amis du duc affichèrent des sourires polis. La baronne était accompagné de son époux et de ses trois enfants, tous bien habillés et se tenant bien droit.
– Alors, messieurs, vous allez défendre nos couleurs, lança la baronne.
– Et nous comptons bien gagner, répondit Du Moulin comme si la baronne n’était qu’une vague connaissance.
Rien dans le comportement des uns et des autres ne pouvait laisser présager qu’ils avaient fait autant de choses intimes ensemble. Cela ne rassura pas du tout Roxane. Les amis du duc pouvaient donc très bien être au courant pour elle sans rien en laisser voir. Ils s’éloignèrent.
– Et je suppose que cette charmante personne est Roxane, s’écria la baronne d’une voix perchée. Venez, mademoiselle, venez donc vous asseoir près de moi. J’ai une place au premier rang. Vous verrez nos héros de près !
– Euh… Bien, madame la baronne, qui parlait anglais pour la première fois depuis des jours et ce bien qu’elle fut en Écosse.
– Oh ! Pas de chichi entre nous, ma chère. Cécile, cela sera largement suffisant.
– D’accord, Cécile, répondit Roxane alors que le duc et ses amis disparaissaient dans les vestiaires.
Roxane s’assit à la gauche de la baronne, son mari à sa droite. Les enfants, quant à eux, ne s’assirent pas, préférant s’amuser dans les gradins, ce qui ne sembla gêner personne.
La baronne entama une conversation bon chic bon genre avec Roxane. « De quoi parle votre thèse ? » « Comme trouvez-vous l’Écosse ? » « Aimez-vous le polo ? » Roxane répondit avec des sourires à toutes les questions, et ce bien qu’elle eut la nette impression d’ennuyer prodigieusement la baronne.
Enfin, le match commença, permettant aux deux femmes d’avoir un autre pôle d’intérêt. Roxane ne se priva pas d’admirer les muscles bien faits, les torses puissants, les bras précis. Lorsqu’il fut terminé, Roxane se dirigea vers les vestiaires afin de féliciter les vainqueurs. Lorsqu’elle entra, elle les trouva en train de se dévêtir. Elle s’excusa mais au moment de refermer la porte, le duc lança :
– Ce n’est pas comme si c’était la première fois que vous nous voyiez en tenue d’Adam.
Rouge comme une tomate, Roxane referma la porte, restant dans le couloir. Cette fois, il était impossible de mal comprendre. Elle ne se souvenait pas avoir eu plus honte qu’à ce moment là. Jamais elle ne s’était sentie aussi gênée. Elle ne tenta pas de rentrer à nouveau, restant dans le couloir à attendre gentiment qu’ils sortent, ce qui ne tarda pas. Le duc et ses amis passèrent devant elle sans lui faire de remarque. Alors qu’ils allaient quitter le couloir, le duc se tourna vers elle et lança :
– Vous venez ? À moins que vous ne préfériez rentrer à pied…
– Non, non, j’arrive.
Le duc sourit à cette réplique. Visiblement, la gêne de Roxane lui plaisait énormément. Une fois dehors, le duc lança :
– Mes amis et moi avons pensé fêter notre victoire dans un bar du coin. Cela vous tente-t-il ?
Roxane se voyait mal attendre dans la voiture alors elle accepta. La discussion dans le bar fut agréable. Ils discutèrent surtout du match gagné et de la demi-finale à venir. Ils firent une partie de billard, à laquelle Roxane participa sans grand enthousiasme car elle ne s’y connaissait guère.
Aucun des amis du duc ne fit la moindre réflexion. Pourtant, ils avaient de nombreuses ouvertures, avec l’usage de la queue de billard et des boules associées, mais non, ils ne dirent rien, comme si les réflexions que se lançait Roxane dans son esprit suffisaient largement.
Elle se sentait véritablement mal à l’aise et ce malgré la retenue totale du duc et de ses amis. Les deux petites réflexions du duc avaient eu un effet dévastateur sur Roxane dont la gorge était sans cesse serrée. Devait-elle s’excuser de sa curiosité mal placée ? Le duc et ses amis n’avaient pas l’air de lui en vouloir, mais plutôt d’en jouer. Elle ne savait comment se comporter.
Vint l’heure des au revoir et du retour du duc et de Roxane au château. Roxane, qui, depuis quelques jours, désirait plus que tout la présence des amis du duc au château, avait été cette fois ravie d’apprendre qu’ils ne dînaient pas avec eux. Elle se serait sentie trop mal s’ils avaient été présents. Ils roulaient depuis dix minutes lorsque le duc lança :
– Comment avez-vous trouvé la baronne ?
– Différente, dit Roxane avant de se mordre la langue.
Le duc sourit pleinement mais ne dit rien d’autre. Roxane croyait avoir atteint le fond mais voilà qu’elle venait de prendre une pelle et de creuser. Elle s’en voulait plus que jamais. Elle était plus rouge qu’une tomate mûre et avait soudainement très chaud. Le duc ne dit rien pendant un moment puis souffla, sans lâcher la route des yeux :
– Personne ne vous juge et certainement pas nous.
– Je… je n’ai pas dit le contraire, bredouilla Roxane.
– Et je réitère ce que j’ai dit ce matin, continua le duc. Vous devriez participer au lieu de simplement regarder.
– Je ne suis pas sûre d’apprécier cela, répliqua Roxane qui n’avait rien trouvé d’autre à dire.
– À la façon dont vous vous ruez dans votre chambre pour vous masturber, permettez moi d’en douter.
Roxane croyait ne pas pouvoir rougir plus mais elle se trompait. Elle vira au cramoisie.
– Ceci dit, personne ne vous force, continua le duc. Simplement, sachez que nous n’y serions pas opposés.
Roxane regarda le duc dont le regard était toujours fixé sur la route. Bizarrement, cette dernière phrase, dite sur un ton calme, doux, chaleureux et accueillant, venait de la calmer d’un coup. Il ne cherchait pas à la mettre mal à l’aise mais juste à l’inviter à participer à des jeux d’adultes consentants.
Roxane commençait même à penser que cette proposition était sûrement un honneur. Après tout, ils semblaient avoir leurs habitudes et accepter qu’une nouvelle personne entre ne devait pas être courant. Roxane se sentait mieux, toujours gênée et mal à l’aise, mais tout de même beaucoup mieux. Elle commençait à réfléchir à cela avec une sérénité relaxante.
– Après tout, insista le duc, vous êtes restée plus longtemps uniquement pour cela.
– Y a-t-il des choses que vous ignorez ? demanda soudain Roxane, piquée au vif.
Le duc répondit par un simple sourire, avant de souffler :
– Je suis en tout cas ravi de savoir que vous avez trouvé ici tout ce dont vous aviez besoin pour votre thèse.
– Et oui, l’Écosse recèle énormément de trésors cachés, qu’on ne s’attend pas forcément à y trouver.
Le duc sourit à nouveau puis lança :
– Je suis heureux que vous commenciez à en plaisanter. Vous allez mieux, cela se voit, et j’en suis ravi.
Roxane hocha la tête. Oui, les premières frayeurs passées, elle se sentait de plus en plus en paix. Le château fut en vue. Ronald ne se montra pas exaspéré de n’avoir pas été prévenu de leur absence pour le thé mais félicita monsieur le duc pour sa victoire, dont il avait eu vent depuis la radio régionale.
La soirée étant bien avancée, ils eurent juste le temps de se changer pour le dîner, après quoi le duc proposa une partie de dames à Roxane, qui accepta volontiers. La soirée fut très agréable et Roxane partit se coucher l’esprit en paix.
Le lendemain, le duc fut absent au petit déjeuner, que Roxane prit aux environs de dix heures. Dire qu’elle avait bien dormi était un faible mot. N’ayant rien de spécial à faire et ne voyant plus de raison à mentir quand à sa thèse, elle annonça à Ronald qu’elle partait se promener.
Ronald lui proposa de se rendre à un endroit précis, qu’il lui montra sur une carte, assez loin, puis d’aller la rejoindre en calèche avec le déjeuner, puis de la ramener. Roxane en fut ravie. C’est ainsi qu’elle déjeuna avec le majordome qui s’avéra très silencieux et secret sur le bord d’un lac sublime sur les eaux duquel se reflétaient quelques collines alentours.
Le retour en calèche prit deux heures car le majordome emprunta des chemins tortueux afin de faire découvrir les alentours. Il semblait adorer les promenades et être ravi de pouvoir faire partager cela avec quelqu’un. Il joua le guide pour Roxane à qui il raconta de nombreuses histoires sur les différents lieux devant lesquels ils passaient.
Lorsqu’ils rentrèrent, Roxane était ravie. Ronald lui proposa un chocolat chaud afin de se remettre de la longue journée en plein air. Roxane monta ensuite dans sa chambre afin de se reposer et, étendue sur son lit, elle eut tout le loisir de réfléchir. Lorsque le duc revint, elle le rejoignit pour le thé.
– Alors, lança le duc en la voyant, Ronald m’a dit que vous aviez passé une bonne journée de promenade. Je suis ravie que vous appréciiez votre séjour dans notre beau pays et pas seulement pour les algues peuplant nos lacs, qui sont, sans le moindre doute, très intéressantes.
L’ironie dans la fin de sa phrase était plus que claire. Roxane sourit, s’assit en face du duc, devant le plateau de thé et de gâteaux, puis répondit :
– Cette région est magnifique.
Roxane avait bien appuyée sur le mot « région », en réponse au « pays » prononcé par le duc. Ce dernier n’y fut pas insensible et répondit par un sourire.
– Votre majordome est un excellent guide, lança Roxane. Il connaît toutes les légendes, histoires et anecdotes qui habitent les endroits alentours.
– Oui, Ronald est un passionné. D’ailleurs, il connaît bien mieux que moi les ouvrages de ma propre bibliothèque. La culture est une chose qui l’intéresse au plus haut point.
Roxane sourit. C’était étrange d’imaginer le majordome plus cultivé que son patron. Le thé fut, comme d’habitude, excellent. Après avoir dégusté un excellent cookie au caramel, Roxane se lança :
– Combien de temps faut-il prévenir à l’avance pour participer ?
Le duc qui était en train d’avaler une gorgé de thé, posa sa tasse avant de lever sur Roxane un regard à la fois rieur et transperçant.
– Si vous voulez participer, chère Roxane, ça n’est pas à vous de décider du moment où cela se produira. Il suffit de me dire que vous le souhaitez et je réglerai les détails techniques.
Roxane se sentit légèrement rabrouée par cette réponse et se sentit à la fois rabaissée et excitée.
– Je le souhaite, se lança Roxane.
– Parfait. J’en prends bonne note, répondit le duc.
Voyant que Roxane se crispait sur son fauteuil, le duc continua d’une voix douce :
– N’aillez pas d’inquiétude. Nous savons que c’est votre première fois dans ce genre de séance et nous irons lentement. Allons, décontractez-vous.
Roxane hocha la tête mais eut tout de mal à se déstresser. La conversation du duc la porta à nouveau sur sa promenade, lui permettant de se calmer. Ils jouèrent aux échecs en attendant le dîner. Après souper, le duc proposa à Roxane une partie de dames mais celle-ci, éreintée par sa longue marche du matin, préféra partir se coucher.
Le lendemain, Roxane se leva tard si bien qu’elle ne vit pas le duc, parti deux heures auparavant. Elle passa sa journée au château. Elle avait pris l’habitude de se rendre à l’écurie pour s’occuper des deux juments et commençait à apprécier leur contact. Ronald, pour qui les chevaux étaient une seconde passion, partageait beaucoup de son savoir avec elle et Roxane appréciait énormément. Peu avant l’heure du thé, Roxane était dans sa chambre, assise sur le lit, à lire un des ouvrages de la bibliothèque lorsque le duc entra après avoir frappé.
– Vous êtes de retour !
– En effet, dit le duc avant de jeter un œil à la couverture du livre. Le monde des chevaux ? Ronald vous aurait-il transmis sa passion ?
Roxane sourit en réponse.
– Vous prenez les passions des autres comme une éponge ! souffla le duc avant de préciser : Ce qui n’est pas pour me déplaire.
Roxane en rosit mais parvint à garder son calme et son sourire n’en fut que plus grand.
– Ceci dit, continua le duc, je ne suis pas venue pour parler de vos lectures mais pour vous amener ceci.
Le duc tendit un bras en dehors de la chambre puis le ramena, alourdi d’une tenue. Les yeux de Roxane brillèrent instantanément.
– Mes amis sont là, annonça le duc comme pour répondre à l’interrogation muette de Roxane. Une précision. Le jeu commencera ce soir. En attendant, tout se passera comme d’habitude.
– Bien, monsieur le duc.
– Si je suis monté moi-même au lieu d’envoyer Ronald, c’est que j’ai une chose à vous demander et je ne pouvais pas demander à Ronald de transmettre cette demande.
– Je vous écoute, dit Roxane.
– Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais nous préférons quand une femme est parfaitement lisse, partout. Alors, prenez votre temps pour vous préparer, nous ne sommes pas pressés et venez quand vous serez parfaite.
– Bien, monsieur le duc.
Le duc sourit, fit une légère révérence puis sortit. Roxane ne fut pas longue à se préparer, d’autant qu’elle trouva dans l’un des tiroirs de la salle de bain tout le nécessaire.
Elle descendit et l’accueil des amis du duc fut tout aussi chaleureux et courtois qu’à l’accoutumée. Le thé fut agréable. Le comte Stethen racontait avec intérêt sa dernière affaire immobilière visiblement très juteuse. Roxane n’y comprenait pas grand-chose, à part qu’il s’agissait là de sommes avec un nombre de zéros tel qu’elle n’aura jamais cela dans sa vie, ni même dans dix vies.
Le dîner fut servi. Il passa à une vitesse impressionnante au goût de Roxane qui sentait son ventre se contracter au fur et à mesure que l’heure tournait. Pourtant, aucun des hommes ne le mettait mal à l’aise. Ils agissaient comme à l’accoutumée mais Roxane se stressait elle-même.
Elle n’arrêtait pas de se poser des tonnes de questions : « Serait-elle à la hauteur ? Après tout, il y a un monde entre regarder et participer ! Allait-elle vraiment aimer cela ? Le duc et ses amis allaient-ils l’apprécier ? Ne risquait-elle pas de commettre erreurs sur erreurs ? » Toutes ces questions tournaient et retournaient en elle, la crispant un peu plus à chaque seconde.
Enfin, le duc se leva et chacun le suivit. Roxane tremblait légèrement et tentait de se calmer en respirant avec douceur. Les amis du duc restèrent en bas tandis que le duc emmena Roxane à l’étage. Lorsqu’ils furent dans la chambre de la jeune femme, le duc lui prit tendrement les mains et souffla :
– Ça va ? Tu as l’air particulièrement nerveuse.
Il venait de la tutoyer. C’était la première fois. Elle hocha la tête.
– Assieds-toi, dit-il d’une voix apaisante.
Elle s’assit sur le lit tandis que le duc la laissait se reprendre.
– Tout va bien se passer. Tu vas être parfaite et nous aussi. Donc, tout va bien.
Cet élan de modestie fit sourire la jeune femme, lui permettant de se décontracter un peu. Il lui prit tendrement le menton pour qu’elle le regarde dans les yeux. Il souriait avec gentillesse. D’un regard, il lui demanda si elle était prête. Elle hocha la tête.
– Bien, parfait. En ce cas, va dans la salle de bain retirer tes sous-vêtements mais garde les autres habits.
Roxane hocha la tête mais le duc lui attrapa doucement le poignet lorsqu’elle voulut s’y rendre.
– Pardon ? dit-il.
– Oui, maître, comprit Roxane.
Le duc la lâcha en souriant. Roxane sourit également en retour. C’était vraiment parti et elle se sentait finalement très bien. Il avait su la mettre à l’aise et en confiance.
Elle ressortit quelques minutes plus tard et le duc l’attendait avec un grand sourire. Elle avait mis du temps car, nerveuse, elle s’était un peu embrouillée. Il ne lui en tint pas rigueur et lui fit signe de sortir. Il referma la porte derrière elle. Avant de passer la porte menant au donjon, il précisa :
– Tu es ici de ton plein gré et le jeu peut cesser quand tu le souhaites. Il suffit de le demander et ça s’arrête. Nous ne forçons jamais personne.
– D’accord, répondit Roxane dont la nervosité venait de remonter d’un cran.
Le duc ouvrit la porte et passa le premier en lui faisant signe de le suivre. Elle referma elle-même la porte et pour la première fois descendit totalement l’escalier. Elle découvrit la salle dans son ensemble une fois en bas.
Elle était plutôt grande, une sorte de cave. De temps à autre, il y avait des attaches sur les murs. Des meubles – fauteuils, canapé, chaises, table – semblaient traîner ça et là sans ordre apparent. Des sacs contenant sûrement divers instruments étaient posés de ci, de là. Les trois amis du duc étaient déjà là. Le duc la plaça en face d’eux et elle baissa les yeux, pas tellement par soumission mais plutôt parce qu’elle ne voulait pas croiser leurs regards.
– Tiens-toi droite et mets tes mains dans ton dos, ordonna le duc.
Sa voix avait été plus dure que d’habitude. Son ton ne laissait pas la place à une quelconque remise en question de ce qu’il venait de dire. Roxane obéit et commença à se sentir gênée par les regards des quatre hommes. Jamais ils ne l’avaient déshabillée ainsi des yeux.
– Étant donné que nous ne te connaissons pas, nous allons commencer par te découvrir, annonça le duc. Pendant tout ce moment, tu ne parleras pas. Quoi qu’on dise, tu n’as pas à répondre. De ton côté, tu as déjà pu nous observer à ta guise alors je doute que l’inverse soit nécessaire. Maintenant, enlève ton chemisier puis remets tes mains dans ton dos.
Roxane obéit. Elle fut un peu lente car sa nervosité rendait ses gestes moins précis et les boutons lui résistaient comme jamais. Finalement, le haut fut au sol et Roxane reprit la position.
– Voilà des seins bien fermes et bien ronds, lança Stethen.
– Ses tétons sont bien formés et déjà bien dressés, continua de Malt.
Roxane se sentait de plus en plus mal à l’aise. Pourtant, les phrases étaient des compliments mais Roxane ne pouvait s’empêcher de détester ça… et en même temps, chaque mot prononcé l’excitait plus que le précédent.
– Oui, on va pouvoir bien s’amuser avec, dit le duc Mean.
– Je sens qu’ils tiendront bien en main, continua Du Moulin. Ils ont la taille idéale.
Roxane se sentait rougir. Elle se rendit alors compte qu’elle aurait préféré avoir les yeux bandés car elle ne savait où regarder, très peu désireuse de les regarder eux.
– Ouvre la bouche, ordonna le duc.
Roxane écarta les lèvres qu’elle tenait pincées jusque là.
– Ouvre grand, précisa le duc.
Roxane obéit. La position était déplaisante.
– Une vraie bouche de suceuse, souffla Stethen.
– Hum, je l’imagine déjà serrer et pomper, continua de Malt. Ça sera parfait.
– Tire la langue ! ordonna le duc.
– Regardez ça ! s’exclama Du Moulin. Quel organe ! Elle va pouvoir lécher nos couilles et nos bites à merveille !
L’humiliation que ressentait Roxane augmentait à chaque seconde, en même temps que son excitation. Être ainsi décrite par ces hommes le mettait autant mal à l’aise que cela lui plaisait. Cette contradiction rendait la scène encore plus confuse dans son esprit.
– Tu peux rentrer ta langue, lança le duc.
Roxane obéit tout en gardant la bouche ouverte. Sa mâchoire commençait à lui faire un peu mal.
– Maintenant, retourne-toi.
Elle leur tourna le dos, ravie de ne plus avoir à chercher désespéramment où poser les yeux. Elle referma la bouche, heureuse de pouvoir se délier la mâchoire. Le duc se décala et souffla d’une voix froide :
– Qui t’a permis de refermer la bouche ?
Roxane la rouvrit instantanément en frissonnant à ces mots durs. Le duc s’approcha.
– Que dois faire une soumise qui commet une erreur ? demanda-t-il.
– Je ne sais pas, maître, répondit poliment Roxane.
– Tu n’as guère été attentive pendant tes longues observations, fit remarquer le duc.
– Je n’ai jamais vu une séance entière, répliqua Roxane.
– Soit, dit le duc. Premièrement, tu t’excuses.
– Pardonnez-moi maître, lança immédiatement Roxane.
– Deuxièmement, tu réclames toi-même une punition, énonça le duc.
– S’il vous plaît, maître, punissez-moi, souffla Roxane qui commençait à se prendre au jeu avec plaisir.
– Troisièmement, normalement, c’est toi qui devrais m’annoncer la punition méritée. Comme tu débutes, je vais le faire pour toi et comme tu débutes, je vais être gentil.
Le duc partit fouiller un sac alors que Roxane attendait en tremblant en faisant attention de garder la bouche ouverte. Il revint rapidement, se plaça derrière, lui fit ouvrir la bouche et y inséra un anneau qui était fixé à l’arrière de son crâne par une lanière en cuir. Roxane en gémit tant c’était peu confortable.
– Tais-toi ! ordonna le duc en appuyant ces mots d’une très gentille claque sur les fesses.
Roxane cessa ses gémissements et essaya de mieux placer l’objet mais ça n’était jamais confortable. Elle allait avoir du mal à avaler sa salive avec ça.
– Quatrièmement, continua le duc, lorsque la punition prend fin, tu me remercies. Donc, quand je l’enlèverai, tu me remercieras. Non pas parce que je t’en libère, mais parce que la punition donnée te permet d’être une meilleure soumise. Est-ce clair ?
Roxane hocha la tête.
– Pardon ? lança le duc.
Il voulait qu’elle parle malgré le bâillon anneau.
– Oui, maître, dit-elle.
Le résultat ne fut pas parfait mais sembla parfaitement convenir au duc.
– Son dos fin mérite d’être zébré de coups, lança Stethen, reprenant ainsi la description du corps de la jeune femme.
– Oui, un dos fin qui semble doux, dit Du Moulin.
– Retire ta jupe puis mets tes mains devant toi, ordonna le duc.
Roxane obéit et la jupe fut rapidement mise au sol.
– Des fesses sublimes ! s‘exclama immédiatement de Malt. Il me tarde de les faire rougir !
– La cravache lui ira à merveilles ! continua Stethen.
Roxane avait maintenant dépassé le stade du simple malaise. Elle aurait voulu être ailleurs et pourtant, n’aurait quitté la salle pour rien au monde.
– Elle marquera vite, sans aucun doute, dit Du Moulin, car sa peau à l’air fine.
– Penche-toi en avant, ordonna le duc, et écarte tes fesses de tes mains.
Roxane obéit. La position était inconfortable pour plusieurs raisons. D’abord, tenir debout n’était pas évident. Ensuite, dévoiler son intimité de cette manière la faisait trembler. Enfin, ainsi penchée en avant avec l’anneau dans la bouche, elle était obligée de baver.
– Un petit trou bien rond et bien serré, dit Du Moulin. Comme je les aime.
– On va bien s’amuser à l’enculer, lança Stethen.
Roxane en gémit rien que d’y penser.
– Tais-toi ! répliqua immédiatement le duc et Roxane cessa.
– On y introduira nos doigts puis nos queues, insista de Malt. Hum, ça sera un vrai plaisir.
Roxane était cramoisie. Elle n’avait jamais connu cela et le craignait.
– Redresse-toi, ordonna enfin le duc, retourne toi et mets tes mains sur ta nuque.
Cet ordre, Roxane sut qu’elle le détestait. D’abord parce qu’elle allait se montrer de face, nue, devant ces hommes et elle imaginait déjà leurs réflexions. Ensuite parce qu’elle allait à nouveau ne plus savoir où poser les yeux.
– Mais elle bave, la petite chienne ! s‘exclama Stethen dès qu’elle se fut retournée.
– Ça dégouline jusque sur ses seins, confirma Du Moulin. C’est une bonne petite chienne !
Roxane, décidément, ne savait pas quoi regarder pour échapper un peu à la honte.
– Écarte tes jambes, ordonna le duc. Plus que ça !
– Elle ne se contente pas de baver, la salope, souffla de Malt. Elle mouille aussi ! Ses cuisses sont trempées.
Là, Roxane se sentit plus honteuse que jamais. Elle ne savait plus où se mettre.
– Ça t’excite, petite pute, d’être ainsi exposée à nos regards, souffla Stethen.
Que pouvait-elle répondre à cela ? Son corps la trahissait. Elle détestait perdre ainsi le contrôle.
– Tu aimes être nue devant des hommes qui vont, tu le sais, te faire subir une multitude de choses, continua Du Moulin.
Roxane en pleurait presque alors qu’aucun ne la touchait autrement que des yeux et des mots. Elle voulait devenir invisible, s’enfuir et en même temps rester. Elle voulait surtout que cette épreuve se termine enfin car elle n’en pouvait plus. Son ventre se contractait tout seul, sa respiration était rapide et son cœur battait fort. À chaque mot de plus, elle mouillait davantage et à chaque fois, cela augmentait sa honte et donc, son excitation. C’était un véritable cercle vicieux dont rien ne semblait pouvoir la faire sortir. Elle soupira d’aise lorsque le duc vint lui ôter le bâillon anneau. Elle délia sa mâchoire avant de souffler :
– Merci, maître.
– Pourquoi me remercies-tu ? demanda le duc.
– Pour m’avoir infligée cette punition méritée, me permettant d’être une meilleure soumise, répondit Roxane.
– C’est très bien. Tu es attentive et obéissante. C’est parfait.
Ces mots rassurèrent Roxane. Elle s’en sortait bien. Sa peur de ne pas être à la hauteur diminuait doucement. Quant à celle de ne pas aimer, cela faisait longtemps qu’elle s’était évanouie en fumée.
Les hommes s’approchèrent de Roxane. Après n’avoir que regardé, ils comptaient apparemment toucher. La jeune femme, toujours debout, jambes écartées et les mains sur la nuque, accueillie avec plaisir le bandeau que son maître plaça sur ses yeux. Enfin, elle n’allait plus avoir à chercher où regarder pour éviter leurs regards.
En même temps, dans ce monde d‘éternelle nuit, elle découvrit une crainte mais également un plaisir : celui d’être possédée. En effet, maintenant, elle ne pouvait pas prévoir ce qui allait lui arriver.
Lorsqu’elle l’un d’eux lui attrapa un sein et le malaxa, elle gémit et sursauta de surprise. Il ne lui avait pas fait mal mais ne pas prévoir sa caresse l’avait rendue d’autant plus réceptive. Une main se plaça autour de son cou et une autre sur ses fesses qui les malaxa. Roxane acceptait les caresses, ne cherchant qu’à profiter au maximum de ce moment et son sourire montrait clairement son appréciation.
Lorsque des doigts se frayèrent un chemin vers son intimité trempée, elle fut à la fois ravie et honteuse de sa mouille qui dégoulinait. Son clitoris titillé en même temps que ses seins étaient pincés, ses fesses malaxées et parfois légèrement tapées, le doigt qu’elle suçait avec bonheur, elle avait l’impression de rêver.
Était-elle dans l’un de ses rêves érotiques ? Était-ce vraiment elle qui s’offrait ainsi et qui adorait ça ? Les gémissements de plaisir venaient-ils de sa bouche ? Étaient-ils réels ? Allait-elle se réveiller en serrant contre elle ses draps ? Le plaisir qui montait en elle disait le contraire.
Elle était bel et bien là. C’était bien son dos sur lequel des mains se passaient, sur lequel des lèvres se posaient doucement. C’était bien d’elle dont ces quatre hommes prenaient soin, comme dans un rêve merveilleux. Elle ne savait pas à qui appartenait les mains, les doigts, les lèvres mais elle s’en moquait. Ils étaient géniaux et qu’importait le reste ?
Elle s’offrait totalement, sans retenue, sans limite. Elle était bien, en confiance, en paix, libérée. Le moment dura le temps d’un rêve. Roxane ne jouit pas, probablement les hommes l’avaient-ils fait exprès mais elle sentait beaucoup mieux, plus relaxée, plus en phase avec l’instant présent.
Le duc la fit bouger. Il la fit se pencher sur une table, posant les mains dessus, offrant ainsi ses fesses aux quatre hommes derrière elle. Lorsqu’un doigt passa sur sa fente, prenant de la mouille et l’étalant sur le petit trou de Roxane, celle-ci gémit.
– Tu te laisses faire, gronda le duc.
Roxane ne put s’empêcher de gémir lorsque le doigt força l’entrée.
– Détends-toi et laisse nous faire, insista le duc.
Roxane était terrorisée. Elle sentit des mains lui caresser les cheveux avec douceur.
– Détends-toi, lui murmura le duc dans l’oreille. Tout va bien se passer. Fais-nous confiance. C’est nouveau pour toi, n’est-ce pas ?
– Oui, maître, chuchota Roxane avant de gémir sous la poussée d’un deuxième doigt.
– Pour nous, ça n’est pas du tout la première fois alors aies confiance. Tu vas aimer ça et tu apprécieras d’autant plus que tu seras détendue et en confiance.
Le duc l’embrassa sur le front, comme pour la rassurer davantage et Roxane se sentit remplir. Son gémissement résonna dans le donjon et cette fois, Albert ne lui intima pas de se taire. La verge allait et venait en elle, bien lubrifiée et la douleur se mit en retrait pour céder la place au plaisir.
Bientôt, Roxane suivit le mouvement avec un naturel désarmant, comme si elle avait fait ça toute sa vie. Le sexe se retira pour céder la place à un autre que Roxane accueillit avec sérénité et plaisir. Le troisième prenait sa place lorsque Roxane sentit un objet vibrant se placer sur son clitoris. Ses gémissements de plaisir augmentèrent. Elle jouit peu de temps après, en même temps que celui qui la pilonnait, et son orgasme fut plus intense que jamais.
Le duc proposa à Roxane de s’agenouiller, lui retira son bandeau et les trois hommes n’ayant pas encore eu leur plaisir l’entourèrent. Roxane les masturba mais ils ne demandèrent pas de fellation. Les trois hommes ne tardèrent pas à éjaculer dans ses mains, après quoi ils s’assirent dans des fauteuils. Seul le duc resta debout, apportant un peignoir à Roxane qui comprit par ce geste que la séance prenait fin.
– Tu as été parfaite, lui souffla le duc tandis que ses amis se reposaient.
– Merci à vous, à vous tous, dit Roxane.
Le duc sourit.
– Bien, maintenant, dit le duc, nous allons boire et manger un peu, ça nous fera du bien.
La proposition fut acceptée par des acclamations positives. Roxane mourrait surtout de soif. Pendant cette collation, les discussions furent diverses mais pas portées sur ce qui venait de se passer. Les amis du duc avaient repris un air peu intéressé et politiquement correct. Ils la vouvoyaient à nouveau, se montraient galants et serviables. Alors que Roxane commençait à tomber de sommeil, le duc annonça :
– Roxane, je vais raccompagner mes amis. Prenez une douche, je viendrai vous voir dans votre chambre.
– Bien, monsieur le duc, répondit Roxane avant de prendre poliment congé des hommes avec qui elle venait de partager une expérience inoubliable.
La douche chaude lui fit énormément de bien. Pelotonnée dans ses couvertures, elle attendit la venue du duc. Il arriva quelques minutes après, frappa et n’entra que lorsque Roxane le lui eut permis.
– Comment allez-vous ? demanda-t-il en s’asseyant près d’elle sur le lit.
– Très bien, répondit-elle. Mieux que jamais mais aussi très fatiguée.
– C’est le genre de fatigue qu’on aime ressentir, souffla le duc, faisant sourire Roxane.
– Encore merci, insista Roxane.
– Je vous en prie, merci à vous, répliqua le duc. Nous prenons rarement de nouveaux joueurs. Nous avons nos petites habitudes et ça a été réellement agréable. Nous avons tous apprécié. Vous êtes magnifique, aucun de nous ne regrette.
– Moi non plus. Je regrette de devoir partir dans cinq jours.
– Il le faut pourtant, souffla le duc. Vous ne pouvez pas indéfiniment reporter votre thèse.
Roxane hocha la tête.
– Mais rien ne vous empêchera de revenir en vacances ici, fit remarquer le duc.
– Serait-il possible qu’il y ait une autre séance d’ici à ce que je m’en aille ?
Le duc lui envoya un regard de braise. Roxane baissa les yeux et souffla :
– Je sais que ce n’est pas à moi de décider. Je… j’exprimais juste une demande, rien de plus.
Le duc en sourit, lui prit le menton pour la faire le regarder :
– Nous verrons. Demain, nous avons un entraînement pour le polo, la demi-finale après demain et la finale dans quatre jours. Ça risque d’être compliqué. Nous préférons éviter pendant les compétitions. Ça nous fatigue, nous aussi. Je leur en parlerai, mais je ne promets rien.
Roxane hocha la tête.
– Allez, maintenant, finit le duc, dormez. Vous tombez de sommeil. À demain, chère Roxane.
– Bonne nuit, monsieur le duc.
Mean sortit de la chambre et referma la porte après avoir éteint la lumière. Roxane dormit comme un bébé.
Le lendemain, elle rata le départ du duc car elle se leva trop tard pour le voir. Elle avait mal partout alors resta dans le plus confortable fauteuil du salon à lire et à écouter de la musique. Le duc revint à l’heure du thé. Il semblait éreinté. Il était trempé et ses vêtements étaient tachés de boue.
– L’entraînement a été dur ? demanda Roxane.
– Je préfère autant ne pas en parler, répondit le duc, faisant sourire Roxane.
Il partit se changer et revint pimpant pour le thé.
– Oui, faire une séance la veille d’un entraînement n’était décidément pas une bonne idée. On était tous les quatre sur les genoux. Les autres n’ont eu de cesse de se moquer.
– Je suis navrée. J’ai l’impression d’être un peu responsable.
– Pas qu’un peu, répliqua le duc avant de lui lancer un petit clin d’œil.
Le duc avala les biscuits au beurre avec un délice non voilé et le thé finit de lui rendre son sourire et sa bonne humeur.
– J’ai réfléchi à votre demande, Roxane. J’en ai également discuté avec mes amis.
Roxane hocha la tête et son attention fut soudain toute acquise au duc.
– Nous ne sommes pas certains de pouvoir nous permettre une autre séance. Il est en tout cas exclu d’en faire une avant la finale. Nous sommes conscients que vous partez bientôt et serions enchantés d’un nouveau moment d’intimité avec vous, soyez en certaine. Disons que nous verrons ce que nous pourrons faire.
Roxane ne put s’empêcher d’être un peu déçue. Elle en vint même à désirer qu’ils perdent le prochain match, ne se retrouvant ainsi pas en finale. Même ainsi, pensa-t-elle, il jouerait la petite finale pour déterminer le troisième. Quoi qu’il arrive, les quatre prochains jours seraient entièrement dédiés au polo. Pourquoi avait-il fallu qu’elle vienne juste au moment de la compétition régionale ?
– Ceci dit, continua le duc après un petit temps de silence, je peux vous proposer autre chose. Encore faut-il que vous soyez d’accord.
– Je vous écoute, répondit immédiatement Roxane.
– Je vous propose de jouer en journée avec moi uniquement. Mes amis le sauront mais n’interviendront pas, sauf demande de ma part. Un jeu invisible, transparent, uniquement connu de vous et moi.
Roxane n’était pas bien sûre de comprendre.
– Vous pouvez très bien accepter juste « pour voir ». Ensuite, comme pour les séances le soir, libre à vous de mettre fin au jeu à n’importe quel moment si finalement celui-ci ne vous convenait pas. Vous pouvez très bien refuser maintenant et accepter demain. Vous êtes libre. Toujours est-il que vous êtes invitée demain à venir nous voir gagner la demi-finale.
– Ça, volontiers, dit Roxane. Quant à l’autre proposition, je crois surtout que je vais y réfléchir.
– Prenez tout votre temps, dit le duc.
Le duc proposa un jeu de cartes dont Roxane ne connaissait même pas le nom. Bien évidemment, le duc gagna la première partie mais Roxane fut en mesure de remporter la seconde. Ils allaient redistribuer lorsque Ronald annonça le dîner. Ils mangèrent en discutant de choses et d’autres, le duc parvenant toujours à trouver un sujet de conversation intéressant et plaisant. Roxane, cependant, n’écoutait que d’une oreille distraite. Elle repensait à la proposition du duc et faire l’essai la tentait de plus en plus. Ce fut pendant la troisième partie de cartes ce soir-là qu’elle souffla :
– D’accord, je veux bien essayer, mais je ne promets rien.
– Je comprends que vous soyez aussi peu concentrée sur le jeu. Maintenant que ceci a été dit, pourriez-vous jouer ? demanda le duc.
Roxane était désappointée par cette façon que le duc avait de prendre les choses. Ses amis et lui étaient capables de ne montrer aucun sentiment, même quand on leur parlait de leur offrir son corps pour toute une journée.
Roxane reprit le cours du jeu, ne voulant pas contredire le duc qui semblait préférer la partie de cartes. Il était presque onze heures du soir lorsque le duc s’annonça trop fatigué pour continuer. Il rangea le jeu et Roxane se rendit dans sa chambre. Alors qu’elle prenait sa douche, elle se dit que le duc la considérait vraiment comme « à disposition ». Il la faisait languir. Allait-il commencer à jouer seulement demain ? Peut-être même s’amuserait-il à attendre le surlendemain, juste histoire de tester ses réactions. En sortant de la douche, Roxane avait le bas ventre en feu et comptait bien s’offrir une petite séance personnelle. Elle sursauta en voyant le duc assit sur son lit qui la regardait en souriant.
– Approche, dit-il.
Ce tutoiement annonçait clairement que ceci faisait partie du jeu. Roxane ne portait que son peignoir. Elle se plaça devant lui, comme il le lui avait désigné de sa main.
– Enlève le peignoir.
Elle obéit, dévoilant son corps fraîchement lavé et épilé. Il lui fit signe d’approcher plus près puis la fit mettre à genoux devant lui. Dans cette position, elle, à genoux entre les cuisses du duc, ce qu’il désirait était plus qu’évident. Elle fut surprise lorsqu’il lui tendit un papier. Elle le déplia. Un test fait dans un hôpital, datant de moins d’un mois, annonçant que le duc se portait à merveilles.
– Mes amis et moi sommes très paranoïaques et tu devrais l’être aussi, dit le duc.
Roxane hocha la tête. Elle lui rendit le papier. Décidément, le duc était très prévenant. Il allait déboutonner son pantalon lorsque Roxane souffla :
– Mais alors, mardi, vous…
– Nous portions tous des préservatifs lorsque nous t’avons sodomisée et n’avons pas demandé de fellations pour cette raison, oui, finit le duc.
Roxane, trop perdue dans son plaisir et dans l’instant présent, ne s’en était même pas rendue compte mais elle appréciait. Même si ces hommes l’avaient avant tout fait pour se protéger eux étant donné qu’ils allaient apparemment très bien, Roxane apprécia. Cela prouva une fois de plus qu’ils savaient exactement ce qu’ils faisaient et que malgré le coin reculé d’Écosse, ils connaissaient les risques. Roxane mit ceci dans un coin de son esprit et se reconcentra sur les évènements à venir.
Le duc avait déjà sorti son membre et Roxane n’eut pas besoin qu’il dise quoi que ce soit pour en prendre soin, d’abord avec les mains seulement. Rapidement, elle le lécha, comme si elle avait eu devant elle une sucette à la fraise. Enfin, elle l’engloutit gloutonnement, suça et pompa.
– Tu es douée à ça ! fit remarquer le duc en souriant. Oui, ça aurait été une pitié de s’en priver !
Il ne put continuer à parler car sa gorge était surtout prise de râles de plaisir. Elle était douée. Il monta rapidement et bientôt, fut sur le point de jouir.
– Tu avales tout, grogna-t-il avant d’exploser.
Roxane n’en laissa pas une goutte. Ça n’était pas sa première fellation complète, loin de là et elle se savait douée. Le duc sembla plus que ravi.
– À ton tour. Allonge toi, souffla le duc.
Roxane pétilla à ces mots. Déjà excitée en sortant de la douche, elle accueillit la langue du duc avec plaisir.
– Vous… n’avez pas peur… des maladies ? parvint à souffler Roxane.
Le duc se releva et souffla :
– Une donneuse de sang malade ? Ça serait du jamais vu.
Il replongea à l’ouvrage. Ainsi, il avait fouillé dans ses affaires. Roxane ne parvint pas à lui en tenir rigueur. Elle se cambrait de plaisir, lui offrant sa chatte dégoulinante sans retenue. Il était doué, à n’en pas douter. Le plaisir montait, montait. Le duc jouait avec le clitoris, les lèvres, entrant parfois un peu sa langue dans le vagin de la jeune femme qui s’en mordait les lèvres de plaisir. Elle sentit que le plaisir n’était pas loin. Sa respiration s’accéléra, sa chaleur corporelle aussi et… le duc cessa.
Roxane gémit de frustration. Elle voulut se terminer elle-même mais le duc l’en empêcha en lui agrippant les mains. Roxane ne se plaignit pas mais ses gémissements laissaient clairement entendre son mécontentement.
– Debout, jambes écartées, mains sur la nuque, ordonna-t-il.
Cet ordre, donné d’une voix autoritaire, fit trembler Roxane de désir et au bord du plaisir comme elle l’était, ce fut une véritable torture.
– Écarte davantage les jambes.
Elle obéit en tremblant. Il attacha une ceinture serrée autour de ses hanches. La ceinture fut bloquée par un cadenas, empêchant clairement Roxane de l’ôter elle-même. Le duc sortit l’autre partie de la ceinture de dessous le lit, où il l’avait camouflée. Un second cadenas maintenait la seconde sangle sur le devant de la ceinture et un troisième derrière. La sangle passant entre les jambes de Roxane, appuyant sur son intimité trempée et entre ses fesses. Le tout épousait parfaitement ses formes.
– Maintenant, je vais pouvoir te laisser, dit le duc. Bonne nuit, Roxane.
Le duc sortit et Roxane n’en revenait pas. À un cheveu de l’orgasme, il la laissait seule dans l’impossibilité de terminer le travail car il ne faisait aucun doute qu’il venait de lui mettre une ceinture de chasteté. Roxane tenta de se finir mais rien à faire, elle n’y arriva pas. Elle dormit difficilement, la ceinture la gênant autant que le plaisir qui, au lieu de décroître, augmentait à chaque fois qu’elle pensait à son appartenance au duc.
Le lendemain, elle se leva en entendant du bruit dans le château. La demi-finale commençait à onze heures et l’après-midi, une fête était prévue pour féliciter les vainqueurs. Elle s’habilla rapidement. La ceinture, bien faite, ne se voyait pas du tout sous les habits. Elle descendit et rejoignit le duc dans la salle à manger.
– Bonjour, Roxane. Avez-vous bien dormi ?
– Non, répondit Roxane d’un ton laissant clairement entendre qu’elle était sur les nerfs.
Le duc sourit, surtout lorsqu’il la vit se tortiller sur sa chaise.
– J’ai demandé à Ronald de vous mettre des habits pour la journée. Elle promet d’être fraîche et la fête ayant lieu en extérieur, mieux vaut se vêtir chaudement.
Roxane hocha la tête. Lorsqu’elle monta, elle découvrit des collants en coton, une jupe longue, un soutien-gorge, un haut léger mais également un gilet en laine couvrant et doux. Lorsqu’elle descendit, elle se vit proposer une paire de chaussures chaudes et un lourd manteau. Dans la voiture, le duc lança :
– Comment trouves-tu cette expérience ?
– Horrible, dit Roxane. Vous êtes horrible.
Le duc sourit. Visiblement, le compliment lui allait droit au cœur.
– Vous comptez me l’enlever avant qu’on arrive ? demanda Roxane.
– D’autant moins si tu me le demandes, répondit le duc.
Roxane se mordit la lèvre. La ceinture ne la gênait pas dans ses mouvements. Elle était suffisamment bien faite pour cela. Cependant, elle la sentait à chaque geste et son ventre en feu n’ayant eu ce qu’il réclamait n’avait de cesse de lui envoyer des demandes auxquelles elle n’était pas en mesure de répondre.
Le duc et ses amis furent brillants sur le terrain ce matin-là. Ils remportèrent la demi-finale haut la main. La fête qui suivie fut grandiose. Il y eut des danses et de la musique écossaise, des jeux d’adresses, et bien évidemment de quoi boire et manger.
Les amis du duc furent aimables avec Roxane à qui ils ne firent aucune réflexion. Étaient-ils au courant de son état actuel ? Elle ne le sut jamais. En rentrant pour le thé, Roxane et le duc étaient éreintés et le thé et cookies de Ronald furent accueillis avec joie. Pouvoir enfin se reposer au chaud près du feu était très plaisant.
– Il fait chaud, non ? lança le duc après avoir bu une gorgée de thé. Et si tu te mettais à l’aise. Retire donc les collants et le gilet en laine.
Roxane s’exécuta. Elle ne craignait pas l’arrivée inopportune de Ronald. En effet, ce dernier ne revenait jamais avant d’annoncer le dîner. Il préférait agir en cuisine ou s’occuper de ses juments. Très poli, il n’intervenait jamais pendant les discussions entre Roxane et le duc.
– C’est mieux ainsi, assura Mean. Que dirais-tu d’une partie de dame ?
Roxane était troublée. En effet, il la tutoyait pour lui proposer un jeu de société. Venait-il de commettre une erreur ou bien était-on toujours dans une autre sorte de jeu ?
– Volontiers, répondit Roxane, sur ses gardes.
– Tu n’es pas très douée à ce jeu, lança le duc et ça n’était pas une question. Mais je pense que ça va changer. Tu vas vite apprendre à te servir de ton cerveau.
Roxane écouta avec appréhension.
– À chaque défaite, tu auras une punition, finit le duc. À toi de commencer.
Le duc était réellement doué aux dames. Il lui arrivait de la battre en moins de trois minutes. Roxane n’avait pas la moindre stratégie. Il mangeait ses pions, un par un, d’une manière qui semblait inéluctable.
Roxane avança un premier jeton au hasard, sans avoir la moindre idée de l’intérêt ou non de cette action. Cinq minutes plus tard, le duc avait gagné. Il lui fit signe de s’approcher et lui ordonna de déboutonner son chemisier. Elle obéit. D’un sac, il sortit une paire de pinces reliées par une chaînette en argent. Il lui pinça les tétons avant de mettre une pince sur chaque et de lui demander de refermer son chemisier.
Une nouvelle partie commença. Nul doute que dans ces conditions, plus Roxane perdrait, et plus elle perdrait. Gênée, elle n’en avait que plus de peine à se concentrer. Le duc, lui, ne cachait pas son plaisir. Sa deuxième défaite valut à Roxane de porter un bâillon boule. La troisième d’avoir les mains attachées dans le dos par des menottes. Pour jouer, elle devait se contorsionner, au plus grand plaisir du duc. La quatrième fut suivie d’une fessée gentille que le duc administra avec ses mains. La cinquième salua les premiers coups de cravache que reçut Roxane. Le duc y allait en douceur car Roxane débutait. Les coups n’en semblaient pas moins cuisants à Roxane. La situation, loin de déplaire à la jeune femme, l’excitait et la ceinture la gênait de plus en plus. Il n’y eut pas de sixième jeu car le duc la détacha, retirant menottes et baillons et annonça :
– Ronald ne va tarder. Un peu de repos sera le bienvenu. On reprendra après le dîner. D’ici là, si tu veux t’améliorer…
Le duc lui tendit un livre intitulé « Les dames pour les nuls » et Roxane lui envoya un regard noir, tout en se saisissant de l’ouvrage. Ronald arriva peu de temps après. Roxane avait eu le temps de lire le premier chapitre, qui rappelait les règles, la seule chose que Roxane maîtrisait à peu près.
Le dîner fut agréable, même si Roxane ne cessait de bouger, ne trouvant pas une position agréable avec la ceinture et le feu qui dévorait son ventre. Le dîner se termina sur le fameux gâteau au miel de Ronald. La tisane digestive fut servie au salon et Ronald s’évanouit.
Dans le salon, le jeu reprit. Roxane regardait le jeu de dames avec insistance. Elle ne jouerait plus jamais aux dames sans repenser à cet endroit. Ce jeu serait à jamais différent à ses yeux. Les deux premières parties, elle eut l’impression de jouer au strip poker car le duc lui demanda simplement d’ôter d’abord le haut, puis la jupe. Des punitions gentilles pour débuter la soirée en douceur. À côté du feu, Roxane ne souffrait absolument pas du froid. Au contraire, échaudée par la situation, elle avait même plutôt chaud.
À la troisième victoire, le duc remit les pinces reliées par la chaînette en argent mais serra davantage à l’aide d’une petite molette. Roxane s’attendit à avoir le bâillon à la quatrième mais reçut les menottes. À la cinquième, il ajouta des poids aux pinces sur ses seins et la douleur l’empêcha tellement de se concentrer qu’elle perdit la suivante en moins de deux minutes. Elle reçut dix coups de cravaches, davantage appuyés, qu’elle dut compter à voix haute.
À la septième, le duc lui demanda de se mettre à genoux et de poser ses mains – qu’ils avaient détachées – au sol derrière elle. Ainsi positionnée, elle offrait sa poitrine au duc. Il attrapa une bougie qu’il amena au dessus des seins de sa soumise. Roxane eut un mouvement de recul.
– Ça fait mal mais ça ne laisse aucune trace. Aucune brûlure. Je te montre.
Il fit tomber une petite goutte de cire chaude sur le ventre de Roxane. La jeune femme regarda. La douleur, vive, disparut très rapidement. Le duc retira la cire d’une simple caresse. Pas la moindre trace.
– Maintenant que tu es rassurée, remets-toi en position.
Roxane obéit et dut supporter un long moment les gouttelettes de cire. Lorsqu’il considéra que c’était suffisant, il rattacha les mains de Roxane dans son dos et lança la partie suivante, sans retirer la cire collée sur la poitrine de la jeune femme. Elle perdit relativement rapidement.
Il la remit dans la même position que précédemment et retira ses pinces à seins d’un coup sec, l’amenant à crier. Cependant, ceci n’était pas la punition. Muni d’un martinet, il déposa des coups doux qui firent disparaître la cire du corps de Roxane. Il était gentil mais la peau de Roxane, très fine, était très rouge et la jeune femme souffrait le martyre. Chaque coup augmentant d’autant plus le feu dans son ventre, la jeune femme avait de plus en plus de mal à concentrer.
Elle se demandait comment le duc parvenait à rester aussi concentré car il était visible qu’à lui aussi, la situation plaisait. À la neuvième, il lui ôta la ceinture de chasteté et dans la même position que précédemment, fit tomber la cire sur son sexe libéré. À la dixième, la cire fut ôtée au martinet. La ceinture fut remise à la fin de cette punition. Roxane, qui avait espéré qu’il la laisserait libre, fut dégoûtée de sentir à nouveau le cuir sur elle.
La onzième punition fut la libération du duc, à qui elle offrit une des fellations dont elle avait le secret. Après cela, le duc rangea le jeu, annonçant qu’il était tard, qu’il avait entraînement le lendemain et qu’il devait se reposer. Il détacha Roxane des menottes mais lui laissa la ceinture. Roxane passa une seconde mauvaise nuit. Il ne comptait apparemment pas lui donner le plaisir qu’elle désirait plus que tout.
Le lendemain, Roxane resta au château à apprendre à jouer aux dames, sans grand succès. Le duc revint éreinté. Il proposa de jouer aux dames, mais le vouvoiement avait indiqué à la jeune femme que ça n’irait pas plus loin. Après le dîner, le duc s’annonça trop fatigué et partit immédiatement se coucher. Roxane trouva surprenant d’être encore plus frustrée par l’absence de jeu que par sa présence non libératrice. Elle partit se coucher mécontente et bougonne.
Le lendemain était jour de finale. Roxane avait suivi le duc jusqu’au terrain de jeu. Il lui avait à nouveau fourni des vêtements chauds mais n’avait pas effleuré ne serait-ce que par un regard un sujet intime ou érotique. Roxane n’en pouvait plus mais cela semblait lui être égal. Était-il réellement trop concentré par la finale ou bien jouait-il un jeu ? Roxane n’en savait rien et cela ne changeait rien à son état. Excitée comme une puce, elle avait du mal à tenir en place.
Ils gagnèrent la finale. La foule hurla sa joie – Roxane les soupçonna de hurler, qui que ce soit le vainqueur. Tous les spectateurs se rendirent ensuite à la fête, preuve que tout le monde était pour tout le monde. Les gens étaient tous adorables et leurs conversations ouvertes et plaisantes.
Roxane revit madame la baronne Cécile De Plessiverdière et ses trois démons. Elle fut charmante, comme d’habitude. Roxane, quant à elle, n’avait pas trop le cœur à la fête. En effet, elle partait le lendemain et commençait sérieusement à douter que le duc la libère de cette ceinture avant son départ. Allait-il pousser le vice jusqu’à la lui retirer devant l’aéroport, afin de la savoir en manque pendant tout le voyage ? Roxane ne savait plus que croire. Elle avait du mal à penser, trois jours d’abstinence forcée l’en empêchant. Roxane et le duc revinrent au château pour l’heure du thé. À peine étaient-ils entrés que le duc lança :
– Chère Roxane, ce soir, nous allons dîner en ville avec mes amis, afin de fêter notre victoire.
– Et je suis invitée ? lança Roxane, quelque peu surprise.
– Bien sûr que tu viens, répliqua le duc en appuyant légèrement sur le « tu ».
Roxane en frissonna instantanément de plaisir.
– Ceci dit, à cause de la ceinture, tu ne dois plus être parfaite et comme je ne t’accorde pas la moindre confiance, je ne vais pas te lâcher des yeux. Je te suis dans ta chambre.
Il assista à sa douche et à son rasage, non sans un certain plaisir. Avant de lui remettre la ceinture, il l’excita davantage mais s’arrêta vite car Roxane était très réceptive. Vêtue d’un chemisier blanc laissant voir par transparence son soutien-gorge et d’une jupe bleue lui arrivant un peu dessus du genou, elle attendit le duc dans le salon. Il la rejoignit un moment plus tard et ils partirent en ville rejoindre les amis du duc.
– Nous allons d’abord dans un bar que nous adorons pour l’apéritif. Ensuite, nous nous rendrons dans un grand restaurant que Charles nous a chaudement recommandé.
Roxane hocha la tête. L’emploi du temps ne l’intéressait pas vraiment. Elle voulait du sexe et était prête à sauter sur le premier venu possédant les clefs de sa ceinture pour ça. Enfin, ils arrivèrent au bar où les amis du duc les attendaient. Roxane fut surprise de constater qu’il s’agissait de tous les amis du duc et pas seulement des trois avec lesquels elle avait joué. Il y avait bel et bien quatre hommes supplémentaires et qui plus est, ils n’étaient pas seuls. Ils étaient accompagnés de leurs épouses respectives. Roxane n’en revenait pas. Elle se sentit encore plus gênée et les regards noirs qu’elle envoya au duc ne firent qu’amplifier son sourire.
L’apéritif fut plaisant. Roxane discuta avec une comtesse dont elle n’avait pas retenu le nom. Aux alentours de onze heures, tout le monde se leva pour se rendre au restaurant. Le duc fit en sorte d’être le dernier prêt et au lieu de sortir, emmena Roxane dans les toilettes du bar.
Il lui banda les yeux puis lui retira la ceinture de chasteté et Roxane apprécia ce geste. Elle ne craignait qu’une chose : qu’il la lui remette. Il lui remit quelque chose mais que Roxane fut difficilement en mesure de comprendre, ses yeux bandés ne lui permettant que de ressentir la présence d’une nouvelle ceinture.
Ce n’était pas la même, assurément. Elle était très serrée sur son intimité, l’empêchant également de se caresser mais celle-ci, à la différence de l’autre, avait une excroissance qui entrait dans son vagin. Le duc n’avait eu aucune difficulté à l’insérer. Il n’avait même pas mis de gel.
Lorsqu’il ôta le bandeau de Roxane, celle-ci était de nouveau habillée et n’eut pas le loisir de voir de ses propres yeux ce qu’elle portait. Elle le suivit dehors puis dans la voiture. Ils arrivèrent les derniers au restaurant et Roxane fut ébahie.
– Je t’invite, évidemment, dit le duc.
Jusqu’ici, Roxane avait toujours payé elle-même sa nourriture et ses consommations mais dans ce restaurant chic, elle douta que ses revenus de l’année suffisent à payer l’entrée. La tablée, immense, était placée en plein milieu du restaurant. Visiblement, aucun des convives ne craignait d’attirer l’attention sur lui.
– Ah ! Vous voilà ! s’exclama Stethen. On vous croyait perdus !
– Non. Une envie pressante à soulager, rien de plus, répondit le duc.
Dès qu’ils furent installés, Du Moulin appela un serveur qui, déjà pris, ne vint pas immédiatement. Roxane, interpellée par la comtesse, remarqua tout de même que Mean venait de passer un objet en souriant à Stethen en la désignant. Elle tenta de voir ce dont il s’agissait mais n’en fut pas en mesure d’apercevoir l’objet de sa curiosité.
Elle s’excusa auprès de la comtesse et alors qu’elle reprenait la discussion, Roxane comprit ce que le duc lui avait mis. La culotte se mit à vibrer, massant son clitoris et son point G avec une précision et un doigté redoutable. En manque, excitée par le duc avant le départ, Roxane en hurla.
– Ça va ? s’exclama la comtesse alors que tous se tournaient vers elle.
– Oui, dit Roxane, morte de honte. J’ai… le hoquet, c’est tout. Ça m’arrive souvent.
Les conversations reprirent de part et d’autre. Roxane se tourna vers le duc et ses trois complices qui souriaient à pleines dents.
– On va bien s’amuser ce soir, je le sens, lui murmura le duc à l’oreille.
– Je vous en prie, répondit Roxane. C’est horrible. Je suis trop sensible. J’ai presque joui avec cette simple vibration.
– Oh mais, je t’en prie, fais. Surtout, offre nous des orgasmes, nombreux et variés. Rien ne nous ferait plus plaisir.
– S’il vous plaît, supplia Roxane mais le duc la fit taire d’un geste.
Il était vraiment vicieux. Après l’avoir bien fait mariner pendant trois jours, il lui proposait de jouir autant qu’elle le voulait, mais en public. Une nouvelle vibration eut lieu. Roxane se cramponnait à la table et se concentrait pour ne pas crier. Elle ne pouvait rien faire. Elle était piégée. Elle allait jouir, elle le savait. C’était inéluctable. D’autant que les vibrations, jusque là, avaient été faibles et rapides. Elle ne douta pas que la culotte puisse offrir des vibrations de bien meilleure qualité. C’était la télécommande qu’ils se passaient.
Roxane se cacha derrière son menu à la vibration suivante. Elle savait cette cachette de faible durée car bientôt, elle aurait commandé et on la lui retirerait. Elle eut beaucoup de peine à choisir ses plats car ses bourreaux s’amusaient à lancer les vibrations de manière inattendue. Cependant, ils prenaient bien garde à ne jamais les faire durer. Visiblement, il voulait qu’elle souffre encore et pas qu’elle jouisse.
Elle aurait aimé le faire mais le menu lui fut retiré par le serveur en même temps qu’une vibration la faisait secouer sans qu’elle n’eut l’occasion de jouir. Alors que le serveur faisait le tour, la vibration ne cessa cette fois pas avant qu’un tremblement caractéristique ne prouve que Roxane venait de jouir une première fois.
– Tu arrives à être remarquablement silencieuse, lui murmura le duc. Je suis impressionné. Tu arriveras à tenir ce régime toute la soirée, tu crois ?
Roxane n’eut pas la force de lui répondre, toute son énergie utilisée pour se taire et paraître naturelle malgré l’onde de plaisir intense qui venait de la traverser de part en part. Roxane ne parvint qu’à peine à picorer pendant l’entrée car les vibrations la titillaient.
Dès que l’un de ses bourreaux se lassait ou désirait manger, il passait la télécommande à son voisin. Le plat de résistance fut délicieux, le restaurant méritait ses hauts tarifs, mais Roxane n’en profita pas pleinement, deux orgasmes explosant en elle à ce moment.
Les autres convives, très politiquement corrects, faisaient comme s’ils ne voyaient rien mais Roxane douta sincèrement que le petit manège ne fut réellement pas visible. Le fromage et le dessert furent gratifiés de quatre orgasmes supplémentaires. Roxane n’en pouvait plus. Elle voulait que ça s’arrête. Éreintée, elle commençait à souffrir de son propre plaisir, pourtant tant désiré ces derniers jours.
Lorsque, enfin, la soirée prit fin, Roxane soupira d’aise. Les convives se saluèrent, Roxane recevant les mêmes salutations que les autres. Les trois amis du duc furent plus chaleureux. Ils lui dirent tous un petit mot à l’oreille. « Merci, vous avez été charmante », « Vous allez nous manquer, revenez-vous vite », « N’hésitez pas à nous recontacter. Ce sera avec plaisir que vous nous accueillerons de nouveau. J’espère que l’Écosse vous a plu ». Roxane était aux anges. Elle rentra avec le duc.
– Merci pour cette soirée.
– Elle n’est pas terminée, précisa le duc.
Roxane hocha la tête en souriant. Ils rentrèrent dans le château silencieux. Ronald était déjà parti se coucher. Albert Mean mena Roxane jusqu’au donjon. Sur ses ordres, elle se déshabilla et put enfin regarder l’objet de son supplice. La culotte vibrante était rose et en plastique. Elle était plutôt jolie, trouva Roxane. Le duc passa aux poignets de Roxane des bracelets de maintien puis fixa aux anneaux des chaînes qui obligèrent Roxane à avoir les mains levées en croix. Il lui écarta les jambes et l’obligea à rester ainsi à l’aide d’une barre de maintien.
– Elle te plaît bien, cette culotte vibrante, n’est-ce pas ?
– Oui, maître, répondit Roxane.
– Tu as eu de nombreux orgasmes ce soir.
– Oui, maître.
– Tu en as eu assez ?
– Oui, maître, assura Roxane.
– Bien, parfait. Je vais m’amuser à appuyer sur le bouton de la télécommande et si jamais tu as un orgasme, tu auras une punition.
Roxane, qui, dans son état, considérait déjà un orgasme comme une punition, en gémit d’avance. Malgré sa fatigue et la soirée pleine de plaisir, Roxane ne put retenir sa jouissance. Cette culotte était une vraie machine à donner du plaisir. Roxane vit le duc se placer devant elle et lui mettre des pinces sur les seins.
– Étant dans une thématique « électrique », souffla le duc, nous allons continuer.
Il brancha des fils aux deux pinces puis manipula une autre télécommande. La douleur qui explosa dans les seins de Roxane la fit hurler. Elle avait l’impression qu’on lui arrachait les tétons. Le duc cessa très rapidement avant d’ôter les pinces avec douceur et de lui sucer gentiment les seins.
– On recommence.
La culotte vibra de nouveau. Roxane eut beau se contorsionner, tout tenter, penser à des choses horribles, rien n’y fit, son corps ne lui appartenait plus. Elle était l’esclave de cette culotte, astucieusement contrôlée par le duc.
Lorsqu’elle jouit de nouveau, il lui ôta la culotte et lui plaça les pinces reliées à la télécommande sur les lèvres intimes. Roxane était au bord des larmes et son visage se trempa lorsque l’électricité arriva dans les pinces, lui donnant l’impression que des centaines d’aiguilles transperçaient ses petites lèvres. Le duc retira les pinces, massa doucement les petites lèvres meurtries puis détacha Roxane.
– Ceci était pour te donner une petite idée, très rapide, du nombre de choses que tu as encore à découvrir.
– Vous vouliez me donner envie de revenir ?
– De revenir, ou de faire ça ailleurs ! Je suis sûr qu’il y a des gens très bien par chez toi qui font aussi ce genre de choses. Tu es faite pour ça, Roxane.
Roxane sourit mais ne rougit pas. Le duc déposa un tendre et doux baiser sur son front puis sortit du donjon. Roxane partit se coucher. Le lendemain, les adieux furent difficiles. Roxane n’oublia jamais. Ces quelques jours suffirent à remplir ses pensées et rêves érotiques pendant un très long moment.
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Le tout premier texte que j’ai lu de Myhrisse. Sans doute un des meilleurs. Très plaisant à lire, même le début où on n’est pas encore entré dans le vif du sujet. On avance très progressivement. L’idée de faire que Roxane manque le début ou la fin des premières séances excite délicieusement l’imagination. Et puis, le crescendo ! La scène au restaurant de jeu avec l’oeuf vibrant est un grand moment !
J’ai lu se premier chapitre qui a aguiché ma curiosité. Et comme Roxanne m’a curiosité me pousse à en decouvrir plus
Merci d’avoir commenté et commencé ce long roman. J’espère qu’il vous plaira et vous permettra de mieux comprendre les liens liés à la domination et à la soumission.
vous avez aguiché ma curiosité et comme Roxanne je veux en découvrir plus
Croyez-en mon expérience de lecteur sur ce roman, auquel je reviens régulièrement tellement il est foisonnant, vous ne serez vraiment pas déçu (déçue ?)
Pour un premier (je crois) roman dans le monde du BDSM, Myhrisse y a mis tout son cœur, c’est assez impressionnant.