Patrick

Patrick était nerveux. Il se demandait ce qu’il faisait là. C’était idiot. Totalement. Qu’allait-il dire à ce type ? Pourtant, il avait répété, préparant chaque mot, chaque phrase. L’amorce, le déroulement, la fin, il avait tout imaginé. Maintenant qu’il était devant la porte, sa tête était vide. Il se sentait idiot et pas à sa place. L’endroit, pourtant, n’était pas déplaisant. La maison en banlieue était très jolie, bien décorée, raffinée. Elle faisait partie des rêves que Patrick ne pourrait jamais s’offrir.

Il soupira. Il n’avait tout de même pas fait tout cela pour rien ! Cela lui avait pris un tel temps pour trouver des personnes apparemment solides et à qui on pouvait faire confiance. Après une grande inspiration, il se lança et appuya sur la sonnette à côté du portillon. Les secondes avant que la porte ne s’ouvre lui parurent interminables mais finalement, un homme sortit du pavillon.

La trentaine, les cheveux bien coiffés, les yeux profonds et brillants, il lui rappelait lui-même, une quinzaine d’années auparavant, en plus musclé et mieux habillé.

– Bonjour, dit l’homme d’une voix claire et accueillante.

La poignée de main qui suivit fut ferme et classique.

– Je vous en prie, entrez, ajouta-t-il en ouvrant le portillon.

Patrick le suivit sur le petit chemin pavé qui traversait le jardin devant la résidence.

– Je suis William, continua l’homme. C’est avec moi que vous avez discuté par mail.

Patrick avait pourtant répété mais rien ne venait. Il était muet. Impossible de dire un seul mot. Il se contenta de hocher bêtement la tête. Où était passée sa tchatche de vendeur à domicile ? Envolée. Il fallait dire qu’il n’était pas du tout un habitué de ce genre de rencontre.

Ils entrèrent dans la maison. Une entrée simple ouvrait sur un salon décoré avec goût.

– Je vous en prie, installez-vous, dit William en désignant d’une main le canapé.

Patrick avisa que son interlocuteur souriait avec malice. Probablement avait-il senti sa gêne dans son silence.

– Un scotch ? proposa William.

– Volontiers, répondit Patrick qui prononçait ainsi son premier mot.

Patrick avait accepté avec un tel enthousiasme qu’il craignit un instant de passer pour un ivrogne. Il ne put cependant pas voir la réaction de son hôte car il avait déjà disparu dans la cuisine.

Patrick s’installa dans le sofa, tentant de se mettre à l’aise sans y arriver. Il espéra que le scotch, qui arriva rapidement, l’aiderait. Les deux hommes avalèrent le premier verre qui contenait en fait très peu de liquide. William semblait vouloir décontracter son invité sans l’émécher.

– Ainsi donc, lança William, vous êtes vendeur à domicile.

– En effet, répondit Patrick, ravi qu’un sujet aussi facile que son travail soit abordé.

– Que vendez-vous ?

– Tout ce qu’on me demande de vendre. En ce moment, ce sont des gadgets de nettoyage. Vous avez sûrement entendu parler de ces chiffons magiques censés éliminer n’importe quoi sans produit ni frotter.

– Censés ? répéta William avec un sourire entendu.

– Je n’ai jamais essayé, avoua Patrick.

William sourit tout en versant un autre verre, qu’ils burent, et Patrick demanda :

– Et vous ? Que faites-vous ?

– Je suis propriétaire d’une boîte de nuit en ville : le « Limonade ». Peut-être connaissez-vous ?

– Pas du tout, répondit Patrick un peu gêné. Je ne vais plus en boîte depuis bien des années.

William sourit et cela rassura Patrick qui ne voulait pas insulter son hôte.

– Cela aura-t-il lieu ici ou dans votre boîte ? demanda Patrick.

William soupira d’aise. Son interlocuteur se décidait enfin à aborder le réel sujet intéressant de cette conversation, raison de leur présence à tous deux dans ce salon.

– Ni l’un, ni l’autre, répondit William. Cela aura lieu dans un endroit plus adapté. Vous verrez le moment venu.

Patrick refréna sa curiosité et lança :

– Ainsi, ce n’est pas la première fois que vous faites cela ?

– En effet, je le fais depuis plusieurs années. Au départ, en tant que simple participant et maintenant, j’organise. Pourriez-vous me redire le but précis de votre demande ? D’abord par pure sécurité, afin d’être certain de bien avoir en face de moi la personne avec qui j’ai discuté par Internet, et ensuite, parce que je préfère l’entendre de vive voix.

Patrick remercia mentalement la présence de l’alcool dans son sang car il se sentait désormais en mesure de parler malgré sa gêne et sa pudeur.

– Bien sûr, commença Patrick. Ma femme, Anne, et moi-même, sommes mariés depuis vingt-cinq ans. Nous sommes très heureux. Nos enfants sont indépendants, avec un travail. Nous les voyons régulièrement. Nous avons tous deux un travail régulier. Oh, nous ne roulons pas sur l’or, mais nous ne plaignons pas.

– Une vie sympathique, en somme…

– Exactement. Il n’y a qu’une chose. Oh ! Remarquez bien que nous avons trouvé une solution… depuis le temps, encore heureux. Cependant, j’aimerais… comment dire… offrir un peu plus à ma femme car je crois n’avoir jamais vraiment été capable de lui offrir moi-même… en tout cas pas pleinement.

– Et vous croyez que je le pourrai ? intervint William.

– Je l’espère disons. Cela fait des mois que je cherche quelqu’un qui pourrait convenir. Les propositions sur Internet sont nombreuses, mais tombent presque toujours à l’eau au moment de la réalisation réelle.

– Malheureusement, notre monde est peuplé de menteurs et de fantasmeurs. Je crois que nous sommes encore tous les deux prudents vis-à-vis de l’autre.

– Et je comprends votre prudence, continua Patrick. Cependant, je veux vraiment offrir cela à ma femme et elle sera ravie, croyez-moi.

– Pourriez-vous me redire ce que vous voulez lui offrir et que vous ne pensez pas être en mesure de faire vous-même ? demanda William.

– Au début de notre relation, commença Patrick, pendant quelques mois, au lit, je sentais bien que quelque chose n’allait pas. J’avais déjà eu des maîtresses et elle des amants avant notre rencontre. Nous n’étions donc pas des novices. Ainsi, j’ai bien vu que son plaisir était faible, sinon inexistant, tandis que de mon côté, je prenais mon pied car mon épouse, en plus d’être belle, est douée de ce côté-là.

Patrick chercha une réaction sur le visage de William mais celui-ci était imperturbable. Il attendait simplement la suite. Elle vint.

– Je ne suis pas du genre à me contenter de mon propre plaisir alors je me suis défoncé, cherchant son plaisir avant tout, mais j’avais beau tout faire pour elle, rien à faire. J’avais même l’impression que, par moment, elle simulait par pure pitié vis-à-vis des efforts que j’entreprenais. Un soir, j’ai fini par rompre la glace et je le lui ai carrément demandé. Ça m’a coûté tandis qu’elle parut soulagée de pouvoir enfin m’avouer ce qu’elle n’aurait jamais pris l’initiative de me dire. C’est ce soir-là que j’ai entendu parler pour la première fois du BDSM. Elle m’a expliqué la signification de ces quatre lettres puis m’a raconté, brièvement, son passé. Nous avons préféré ne pas trop insister sur son vécu personnel. Franchement, qui a envie de connaître en détail les relations physiques de sa compagne ou de son compagnon avec d’autres personnes ?

William sourit malicieusement mais préféra ne pas donner son opinion, ne voulant pas couper Patrick.

– Elle a préféré me montrer l’emplacement de films, textes et images qui lui plaisaient et elle m’a laissé regarder par moi-même, à mon rythme, selon mes envies, continua Patrick.

– Vous en aviez déjà vu avant ? demanda William.

– Des films porno, oui. Des films porno dans le style BDSM, non. Je savais vaguement que ça existait mais je n’avais jamais regardé, non. Quant à pratiquer, absolument pas. Anne, de son côté, avait déjà eu des dominateurs, comme elle les appelle, et participé à de nombreuses séances. Franchement, après avoir regardé quelques films et lu quelques textes, je ne me sentais pas du tout capable d’agir en dominateur. J’ai toujours beaucoup respecté mon épouse et les femmes en général.

– L’un n’empêche pas l’autre, bien au contraire, répliqua William.

Patrick fit la moue. Il semblait très peu convaincu. William n’insista toutefois pas car il sentit bien que le sujet était sensible.

– Toujours est-il, continua Patrick, que je désirais le bonheur de mon épouse, alors, d’un commun accord, nous avons mis en place un système. Chaque soir, lorsque nous désirons faire l’amour, nous piochons au hasard un papier dans une boîte. L’un d’eux annonce « Lui » et l’autre « Elle ». Si ça tombe sur « Lui », alors nous faisons l’amour à ma façon, de manière classique. J’ai du plaisir et elle, très peu. Si ça tombe sur « Elle », je me force à être dominateur. Elle a du plaisir et moi, très peu. Cependant…

– Oui ? demanda William en sentant son interlocuteur soudain gêné.

Après un petit silence, Patrick annonça :

– Je crois n’avoir jamais vraiment été doué. Les attaches, les bâillons, passe encore. Mais ma femme a des tendances masos alors la faire souffrir, ça, c’est au-dessus de mes forces.

William hocha la tête. Il sentait la détresse et la tristesse de cet homme qui voulait le bonheur de sa femme mais se savait incapable de lui donner ce qu’elle recherchait. William commençait à entrevoir la façon dont il allait gérer le « cadeau » fait à l’épouse de Patrick. Patrick attendit un instant puis osa un timide :

– Vous pourriez, vous, lui donner cela ?

– Eh bien, répondit William en réfléchissant rapidement, d’abord, je vous demanderai d’y réfléchir avec attention. Si j’offre cela à votre femme, vous m’offrez à moi le droit de lui faire ce que je souhaite, sans que votre avis ne soit pris en compte. Vous m’offrez le droit de lui donner plus de plaisir que vous. Êtes-vous certain d’être prêt à accepter cela ?

– Cela fait des mois que j’y pense et oui, je veux le bonheur de ma femme, même si mon ego et ma fierté en sont le prix.

William hocha la tête. Patrick semblait sincère et sûr de lui. William le trouvait très courageux mais aussi très amoureux.

– L’autre problème, continua William, c’est que, si j’ai bien compris, vous voulez que cela soit une surprise pour votre épouse.

– En effet, dit Patrick. J’aimerais faire cela le soir de notre anniversaire de mariage, dans deux mois.

– Seulement voilà, je ne fais rien si la femme n’est pas consentante, c’est évident.

– Je ne l’imagine pas autrement, répondit Patrick. Elle sera ravie, croyez-moi.

– Je préfère être clair. Ce jour-là, avant que tout ne commence, j’informerai votre épouse de ce qui l’attend. De manière vague, mais suffisamment précise pour qu’elle comprenne bien. Si elle refuse, tout s’arrêtera.

– Bien sûr, je vous comprends et je suis rassuré par votre façon d’agir.

– Bien, dit William, satisfait. Maintenant, entrons dans les détails. Afin que ce moment soit un véritable plaisir pour votre épouse, ce qui est le but, j’ai besoin d’en savoir plus. Mes questions seront indiscrètes, parfois même très indiscrètes, mais elles demanderont des réponses précises et sincères de votre part. Cela m’est nécessaire afin que tout soit le plus parfait possible.

– Tout ce que vous voudrez, répondit Patrick tandis que William se saisissait d’un bloc note et d’un stylo.

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– Bonsoir chéri ! entendit Patrick.

Il était devant la télé.

– Ça sent bon ! continua Anne en venant l’embrasser.

– Lapin à la moutarde. Ça sera bientôt prêt, répondit Patrick après avoir répondu au baiser de sa femme.

– Mmh ! Je m’en régale d’avance. Je vais me doucher.

Patrick hocha la tête et en profita pour mettre la table tout en vérifiant de temps en temps la cuisson du lapin. Une vingtaine de minutes plus tard, ils se régalaient autour du bon plat préparé par Patrick. Sa femme semblait de bonne humeur. Le vin aidant, Patrick se lança :

– Ce week-end, c’est l’anniversaire de nos vingt-cinq ans de mariage.

Anne sourit. Son mari ne l’oubliait jamais, ce qui n’était pas son cas à elle, qui négligeait de porter une attention importante aux dates. Comme d’habitude, il lui avait préparé une surprise, elle n’en doutait pas.

Un bon restaurant – jamais deux fois le même – un concert, un théâtre, un musée ou une simple promenade, voir même un simple mais ô combien délicieux dîner, seuls à la maison, en tête en tête. Ce dernier cas s’était souvent produit lorsque les enfants étaient jeunes et ce temps pour eux était une bénédiction. À présent que les enfants avaient grandi, les anniversaires se faisaient plus souvent dehors.

– Cette fois, ça durera toute la journée, continua Patrick. Je t’informe, histoire que tu ne prévoies rien ce jour-là.

– D’accord, pas de problème, répondit Anne qui ne demanda aucun détail supplémentaire, d’abord parce qu’elle aimait les surprises, et ensuite parce que son mari était une tombe.

Elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’elle ne tirerait rien de plus de lui. Ils finirent leur dîner en se racontant leur journée comme si de rien n’était. Cependant, Anne était très pressée d’être à la fin de la semaine. Qu’est-ce que son mari avait bien pu lui préparer cette fois ?

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Elle qui aimait les surprises, elle fut servie. Le lendemain matin, en entrant dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner, elle trouva sur le grille-pain un petit mot laissé là par son mari avant de partir travailler.

« Demain, mercredi, 18h30. Tu as rendez-vous chez ton esthéticienne habituelle. »

Anne fut particulièrement surprise car habituellement, son époux ne s’en préoccupait pas, sachant qu’elle se ferait belle d’elle-même pour ce jour-là. La journée fut cependant suffisamment remplie pour que cela ne la tourmentât pas plus que ça. Après son retour à la maison, elle dîna seule car Patrick travaillait très tard. Le lendemain matin, elle partit avant le réveil de son époux qui rattrapait de sa longue soirée de travail la veille.

Après son travail, Anne se rendit dans son habituel salon de beauté. Anaïs, l’hôtesse d’accueil, lui désigna sa cabine. Anne passa le peignoir en attendant que son esthéticienne arrive. Florence entra quelques secondes après que Anne fut prête. Florence lui lança un grand sourire. Les deux femmes se connaissaient bien et s’appréciaient, bien que ne se voyant jamais en dehors du salon de beauté. Florence, comme à son habitude, lui proposa un café, que Anne refusa. Florence, d’un air mutin, lui lança :

– Alors, vous vous êtes décidée, finalement ?

Anne montra clairement qu’elle ne comprenait pas.

– Il est indiqué « épilation intégrale ». À moins qu’Anaïs ne se soit trompée ?

– Non, non, assura Anne qui n’en revenait pas.

Elle avait déjà essayé de souffler l’idée d’épiler son sexe à son mari mais il n’avait jamais accepté. Anne était ravie et la souffrance que lui vaudrait l’épilation valait largement le résultat à ses yeux. Émoustillée à l’idée que Patrick soit enfin sur la même longueur d’onde qu’elle, elle attendit avec impatience son retour ce soir-là.

Malgré son rendez-vous, elle rentra avant lui. Elle venait de commencer à préparer le repas lorsqu’il rentra. Il semblait fatigué et peu d’humeur causante. À aucun moment il ne lui demanda comment s’était passée son épilation ni ne sembla intéressé par le résultat et Anne ne comptait pas lui en parler d’elle-même.

Lorsqu’elle rentra dans la chambre pour constater que son mari lui tournait le dos et semblait déjà endormi, elle fit la moue et se coucha d’une humeur massacrante. Elle lui en voulait à mort. N’en avait-il vraiment rien à faire ? Alors qu’elle allait éteindre la lumière et se concentrer sur ses idées noires, Patrick lança :

– Au fait, demain soir, on sort.

Vu le ton, cela ne laissait place à aucune réplique. Elle finit son geste et éteignit. Finie l’humeur massacrante, qui venait de laisser place à une incompréhension. Elle était interloquée. Son mari agissait vraiment bizarrement… ce qui n’était pas pour lui déplaire. Elle eut une furieuse envie de lui faire l’amour mais elle l’entendait ronfler et elle savait qu’il détestait par-dessus tout qu’on le réveillât, même pour ça. Dégoûtée, elle se coucha et eut du mal à s’endormir.

Le lendemain, toute la journée, elle se demanda ce que son mari lui réservait. Ça n’était pas courant qu’il proposât de sortir ainsi deux soirs presque de suite. Jeudi soir et samedi ? Oui, ça n’était décidément pas habituel.

Lorsqu’elle rentra, Anne s’habilla sexy, espérant émoustiller son mari avec qui elle n’avait pas couché depuis le précédent week-end et qui ne semblait pas s’en être aperçu. Lorsque Patrick rentra, il prit une douche, se changea également pour un ensemble plus chic.

Ils dînèrent dans un magnifique restaurant et Anne eut l’impression que cette soirée était l’anniversaire de leurs vingt-cinq ans de mariage. S’il considérait davantage cette soirée ainsi, alors qu’avait-il prévu pour samedi ?

Après le restaurant, Anne s’attendait à ce qu’ils rentrassent à la maison pour une soirée chaude. Elle se rendit vite compte que ça n’était pas le cas lorsque Patrick prit la direction inverse de la maison pour l’amener dans un quartier de la ville qu’elle ne connaissait pas. Sa surprise fut plus que visible lorsque Patrick gara la voiture devant un magasin dans lequel elle n’aurait jamais pensé qu’il oserait mettre les pieds.

Patrick, galamment, et aussi parce que Anne semblait ne pas être en mesure de le faire elle-même tant elle était étonnée, ouvrit la porte à sa femme pour qu’elle l’accompagnât à l’intérieur. Le sex shop était classique, banal et pourtant, tout était nouveau et surprenant pour Anne qui n’avait jamais acheté de jouet sexuel autrement que par Internet. Elle constata que Patrick semblait aussi novice qu’elle et cela la rassura. Non, il n’avait pas eu une autre vie qu’il aurait omis de mentionner durant toutes ces années de vie en commun.

– Tu prends tout ce qui te fait plaisir, ne regarde pas à la dépense, annonça Patrick. L’argent, il faut bien s’en servir.

– Vraiment ? s’exclama Anne comme une enfant dans un magasin de bonbons.

– Seulement, il y a une condition, précisa Patrick.

– Je t’écoute, dit Anne très concentrée.

– Quoi que tu achètes, tu n’auras pas le droit de t’en servir en dehors de ma présence et seulement si je te l’ai proposé.

Anne n’en revenait pas. Depuis le temps qu’elle attendait qu’il se comportât de la sorte ! Tant de sentiments se bousculaient en elle. La joie, le bonheur, la surprise, l’excitation et surtout, l’amour. Elle embrassa son mari avec ferveur, ce qui eut valeur de « oui » à la condition de Patrick, avant de disparaître dans les rayons.

Elle farfouilla partout, ne laissant rien au hasard et Patrick souriait de la voir aussi excitée. De temps en temps, elle venait lui demander son avis qu’il lui donnait avec grand plaisir. Enfin, après avoir regardé chaque article du magasin au moins deux fois, il sembla qu’Anne ait fait son choix et ils purent repartir après avoir payé un prix très élevé mais Patrick n’en avait cure. Le sourire béat sur le visage de sa femme le valait bien. Lui aussi souriait, mais surtout parce qu’il savait ce qui allait suivre et s’en délectait d’avance. Elle allait le haïr, c’était certain.

À peine rentrés, elle ne le déçut pas en lançant :

– On les essaye tout de suite ?

Patrick sourit et lança :

– Va te faire sexy, je t’attends. Dépêche-toi !

Anne attrapa le sac contenant la lingerie fine très érotique qu’ils venaient d’acheter et disparut dans la salle de bain. De son côté, Patrick se rendit dans la chambre et déballa ce qui allait être utile pour cette soirée.

Anne arriva rapidement, preuve de son impatience et de son excitation. Elle était sublime dans cet ensemble très chaud. Déjà que Patrick trouvait sa femme resplendissante, quoi qu’elle portât, mais là, c’était, à ses yeux, éblouissant.

Finalement, la suite allait sûrement être aussi dure pour lui que pour elle. Anne s’avança et détacha la chemise de son mari tout en l’embrassant langoureusement. Patrick répondit à ses baisers et ses caresses puis la coucha sur le dos avec une douce fermeté.

Il attrapa les menottes neuves. Elles avaient deux utilisations. On pouvait les utiliser sans clef et alors une simple pression sur une petite proéminente suffisait à les ouvrir. On pouvait également les fermer à clef et alors, impossible de les ouvrir sans le précieux sésame.

Anne miaula presque quand elle vit les menottes. Elle adorait être attachée. Patrick lui attacha les poignets à la tête de lit et ferma les menottes à clef. Anne ne semblait même pas s’en être rendue compte. D’habitude, Patrick ne les utilisait pas, sa femme ne cherchant pas à se détacher.

Une fois qu’il l’eut attachée, Patrick continua à chauffer encore sa femme pendant quelques minutes en la caressant et en l’embrassant. Tout en le faisant, il attrapa un bâillon et un bandeau dans un tiroir. Anne se laissa volontiers bander les yeux. Son sourire était immense et son souffle bruyant.

Il la bâillonna ensuite. Le bâillon en cuir ne lui permettait que de pousser des sons – et encore, étouffés – mais absolument pas de parler. Elle brûlait de désir, cela se voyait. Son corps se tendait vers la main de son mari, qui la caressait avec plaisir. Après quelques minutes de ce petit jeu, Patrick se leva. Anne s’attendait à ce qu’il sortît un autre des jouets qu’il venait d’acheter mais il n’en fit rien. Il se dirigea vers la porte avant de souffler :

– À demain. Bonne nuit chérie.

Anne s’étrangla dans son bâillon et voulut répliquer mais les sons furent inaudibles. Patrick ferma la porte et s’installa dans le canapé. Il se donna lui-même le plaisir que son corps réclamait puis s’endormit, ravi par cette soirée forte en émotion. Ce ne fut que vers une heure du matin qu’il osa un pas dans la chambre pour ôter son bâillon et son bandeau à sa femme qui dormait. Puis, il repartit se coucher dans le salon qu’il ne quitta que le lendemain matin, après que son réveil eut sonné.

Il prit son petit-déjeuner et prépara celui de son épouse. À peine dix minutes avant l’heure à laquelle sa femme devait partir travailler, il entra dans la chambre. Anne, réveillée, le fusilla des yeux.

– Bonjour chérie, lança Patrick.

– Comment as-tu osé ! commença-t-elle mais Patrick la coupa.

– Tu ferais mieux de te dépêcher si tu ne veux pas être en retard !

Il la détacha puis partit travailler sans un mot de plus. Anne se dépêcha et elle passa la journée à hurler sur toutes les personnes qui l’approchaient si bien que plus personne ne vint la déranger. Elle était comme un taureau en furie. Dans un dessin animé, on aurait vu de la fumée sortir de son nez. Heureusement qu’elle prenait les transports en commun car en voiture, elle aurait été dangereuse tant elle était en colère. Ce soir-là, elle attendit son mari de pied ferme. Il rentra un peu après elle et lui lança un simple et amoureux :

– Bonsoir chérie. La journée a été bonne ?

À son ton, on aurait dit que rien ne s’était passé. Patrick ne lui laissa pas le temps de répondre qu’il enchaîna sur sa journée à lui, qui avait été pleine d’aventures. Il lui raconta comme il avait réussi à vendre des appareils ménagers à un couple d’homosexuels qui n’avaient eu de cesse de se chamailler devant lui.

Puis, il passa à ce couple de personnes âgées dont le mari voulait tout et la femme rien. Anne n’en revenait pas. Visiblement, son mari ne comptait pas revenir sur la soirée de la veille. Il prépara le dîner tout en parlant et Anne finit par abandonner l’idée de lui en vouloir. Après tout, elle avait passé une super soirée. Il avait enfin montré un début de commencement de domination. Elle choisit de ne rien dire, de peur que des reproches ne lui enlèvent l’idée de recommencer et cette fois, d’aller jusqu’au bout. Après tout, peut-être avait-il pris peur et préféré prendre le temps d’accepter tout ça. Il avait fait un véritable bond en avant.

Elle prit sur elle et sourit toute la soirée, prenant enfin part à la discussion de son époux. Ils passèrent la soirée devant la télé puis partirent se coucher.

– À quelle heure part-on demain ? demanda Anne.

– Dix heures, répondit Patrick.

– Je devrai m’habiller d’une manière spéciale ?

– Non, ce qui te fait plaisir. Peu importe, en fait, lui annonça Patrick.

– Et où va-t-on ?

– Ça ne serait plus une surprise si je te le disais. Allez, dors bien chérie.

– Tu comptes vraiment dormir ?

– Hum ? dit Patrick en se tournant vers sa femme. Oui, pourquoi ?

– Nous n’avons pas couché ensemble de toute la semaine ! s’exclama Anne, ne tenant plus.

– J’ignorais que tu comptais les jours, répondit Patrick avant de lui tourner le dos et d’éteindre la lumière.

Anne n’en revenait pas. Il venait à nouveau de le lui refuser. Elle se leva alors et se dirigea vers la porte.

– Où vas-tu ? demanda Patrick.

– Depuis quand me demandes-tu ça ? répliqua Anne surprise.

– Viens dormir, lança Patrick.

Dans ses yeux, elle lut qu’il n’appréciait vraiment pas qu’elle sortît. Avait-il compris ce qu’elle comptait aller faire et lui en voulait-il ? Elle rougit alors comme une gamine prise en faute et rejoignit le lit conjugal non sans une moue dégoûtée sur le visage. Elle eut du mal à s’endormir mais y parvint finalement malgré le feu qui brûlait dans son corps.

Elle fut réveillée par la douce odeur de café et de brioche grillée. Elle ouvrit les yeux pour constater que son mari lui apportait le petit déjeuner au lit. Même si la chose n’était pas nouvelle, elle était cependant assez rare pour être remarquée.

Anne apprécia beaucoup. La brioche était dorée parfaitement et la compote était sa préférée. Le café était délicieux, avec juste la quantité de sucre que Anne désirait. C’était parfait, juste parfait. Un réveil comme on en voudrait tous les jours.

Elle se leva et partit se doucher. Lorsqu’elle revint, le petit déjeuner avait été débarrassé, lavé et rangé. Il avait vraiment décidé d’être là pour elle. Allait-il continuer et lui offrir enfin ce qu’elle désirait depuis une semaine ?

Elle décida de s’habiller d’un haut fin avec décolleté, d’une jupe courte et de hauts talons dans l’espoir de lui donner encore plus envie de s’occuper d’elle. La lingerie qu’elle choisit fut la préférée de son époux : un ensemble simple culotte / soutien-gorge dont elle n’avait jamais réellement pu expliquer pourquoi son mari l’appréciait autant.

Une fois habillée, elle se regarda dans un grand miroir. La tenue était belle, sans être aguichante, et correspondait à son âge. Son maquillage fin faisait ressortir ses yeux sans lourdeur inutile. À dix heures moins dix, elle rejoignit son époux au salon. Il s’était habillé simplement mais avec goût.

– Je suis prête, annonça-t-elle.

– Parfait, dit Patrick. On peut y aller alors.

Il se leva tandis que Anne se rendait à la porte. Il arriva bientôt et elle constata qu’il portait un sac de sport visiblement rempli. Cela ne fit que rajouter à sa curiosité.

Une fois dans le parking, Patrick mit le sac dans le coffre. Anne se mit sur le siège passager et Patrick démarra. Pendant une vingtaine de minutes, Patrick roula. Visiblement, il savait où il allait alors qu’Anne n’avait pas la moindre idée de l’endroit où ils se trouvaient.

En plein milieu d’une route déserte entourée de champs, Patrick gara la voiture sur le bas côté. Anne se tourna vers lui, attendant la raison de cet arrêt. Patrick fouilla l’une des poches de sa veste puis lui annonça en lui en tendant le contenu :

– Mets-ça.

C’était un bandeau. Elle le passa volontiers sur ses yeux, sa curiosité poussée à son comble. Décidément, cette semaine était pleine de rebondissement. Son mari avait-il déjà fait preuve d’autant d’imagination ? Pas qu’elle s’en souvînt. Chaque anniversaire de mariage avait été différent mais là, il faisait fort.

Elle ne s’imaginait pas que son mari était encore plus nerveux qu’elle. Il tremblait en conduisant. Pour lui aussi, cette semaine avait été riche en aventures, en découvertes et en plaisir et il espérait encore plus des heures à venir.

Lorsque Patrick stoppa de nouveau la voiture, Anne estima qu’il devait être environ dix heures et demie. Patrick sortit et aida sa femme à faire de même. Aveugle, elle le suivit avec confiance. Au départ, elle sentait le soleil chaud sur sa nuque puis il fit plus froid, preuve qu’ils étaient entrés dans un bâtiment. Patrick la fit stopper avant de lancer :

– Bonjour William.

– Bonjour Patrick, répondit une autre voix masculine. Vous avez trouvé facilement ?

– Oui, vos indications étaient très précises.

– Parfait. Désirez-vous boire quelque chose ? Café, thé ? proposa William.

Bien que surpris par le mépris total de William envers son épouse qui attendait en silence qu’on s’occupât d’elle, Patrick joua le jeu et accepta le café. William le servit et s’en prit un pour lui également. L’endroit mettait quelque peu Patrick mal à l’aise. Cet endroit, apparemment un entrepôt vide, était sale et peu accueillant.

– Faites moi confiance, dit William en sentant la gêne de Patrick. On fait toujours ça ici. Cet endroit est parfait. Vous m’avez écouté jusque-là. Avez-vous regretté ?

– Ah ça non ! s’exclama Patrick.

– Bien, alors, continuons. Mais avant tout, je vous l’avais dit, dit William en désignant Anne, dont il semblait enfin avoir remarqué la présence silencieuse.

– Oui, oui, bien sûr, je vous en prie, répondit Patrick en s’écartant.

William put observer la femme de celui avec qui il avait échangé de nombreux mails ces dernières semaines. Il lui avait dit qu’elle était belle. William la trouva juste bien. Patrick était sacrément amoureux, à n’en pas douter, et cet amour était réciproque au vu des vêtements et du maquillage fin et délicieux de son épouse. William prit le menton d’Anne qui tressauta mais ne bougea pas à ce contact.

– Anne, je m’appelle William. Si vous êtes ici, Patrick et vous, c’est sur demande de votre mari. Il m’a contacté il y a quelques mois par Internet afin que je prépare cette journée pour vous.

Anne écoutait attentivement, ayant du mal à croire ce qu’elle entendait. Cet inconnu parlait-il vraiment de ce à quoi elle pensait ?

– Cela fait plusieurs années que je pratique le BDSM, continua William, confirmant à Anne qu’ils étaient bien sur la même longueur d’ondes. J’ai de l’expérience et je sais ce que je fais. Votre mari avait envie de vous offrir cette séance et j’ai accepté de l’organiser pour lui. Seulement, pour que cela continue, il me faut votre accord. Je…

– Oui, s’exclama Anne avant de le laisser finir.

William ne put retenir un petit rire avant de soupirer puis de siffler :

– Ne m’interromps pas.

Le tutoiement, soudain, fit trembler Anne, autant de peur que d’excitation. Le reproche avait été fait d’une voix douce mais ferme, pleine d’autorité et de respect. Patrick, de son côté, fut subjugué. Comment avait-il réussi à faire ça ? Quatre petits mots, mais quel charisme ! Anne tremblait légèrement mais ne pouvait s’empêcher de sourire. Elle se retenait visiblement de hurler de joie.

– Je disais donc, continua William, que ton mari sera présent pendant toute la séance, plus pour le rassurer lui que toi, à l’évidence.

– Je suis ravie, dit Anne.

– Et tu ne parles pas sans y être invitée. Est-ce clair, Anne ?

– Oui, répondit-elle penaude mais enchantée.

– Oui, monsieur, la reprit William et Anne répéta volontiers la phrase d’une voix soumise.

William s’écarta d’elle puis déclara :

– Patrick, dites-moi ce que vous ressentez maintenant.

– Je suis… comment expliquer tout ce que je ressens maintenant ? Il y a tellement de choses ! Je crois que je suis principalement heureux pour ma femme. Je crois ne l’avoir jamais vu sourire autant que maintenant.

– Et nous n’avons même pas commencé ! répliqua William ce qui fit sourire les trois personnes présentes dans la petite pièce.

– Ensuite, je suis heureux d’être ici. Content d’y être mais également un peu apeuré face à ce qui va se produire.

– Vous savez que vous allez être présent.

– Et que mon avis ne sera jamais pris en compte, répliqua Patrick. Même si ça ne me plaît pas, je vais devoir accepter sans rien dire.

– Vous pourrez exprimer votre opinion. C’est simplement qu’elle ne changera rien. En revanche, si votre femme désire tout arrêter, nous le ferons. Anne, tu as bien de l’expérience en BDSM ?

– Oui, monsieur, répondit Anne. Je ne stopperai pas la séance sans une excellente raison.

– Parfait, dit William, de plus en plus confiant.

– Y a-t-il un mot désigné pour tout arrêter ? s’enquit Anne.

– Celui que tu voudras.

– J’ai l’habitude d’utiliser « champignon ». Ce n’est pas un mot qui s’utilise souvent dans ce genre de séance.

– Parfait. « Champignon » me convient. Donc, lorsque votre femme dira « champignon », nous stopperons tout car telle sera sa volonté.

Patrick hocha la tête, de moins en moins nerveux. S’il était surpris, c’était plus par le fait qu’il ne se passait rien. William ne demandait rien à sa femme, ne la touchait pas, ne s’occupait pas d’elle. Il était tourné vers lui et lui parlait. Patrick ne demanda cependant rien, ne voulant pas modifier d’un seul millimètre les plans de William, qui, jusque là, s’étaient révélés parfaits.

– Racontez-moi cette semaine, lança William. Vous avez fait beaucoup de choses nouvelles.

– Ça oui. Le sex-shop, j’ai adoré. Merci encore, William, pour tout ça.

– Je vous en prie, vous m’avez demandé et je le fais.

Anne écoutait avec attention. Ainsi, le sex-shop n’était pas né de l’initiative de son époux mais de celle de William. Elle lui accorda un grand respect, car il avait réussi là où elle avait échoué pendant trente ans.

– Anne a pratiquement dévalisé le magasin.

– J’ai cru comprendre, en effet. Vous avez amené ses choix ?

– Bien sûr, dit Patrick en désignant le sac de sport.

Anne tressauta. Le sac de sport contenait-il vraiment les jouets sexuels qu’elle avait choisis ? Elle rougit en entendant la fermeture éclair du sac s’ouvrir.

– Voyons cela, commença William. Des menottes, un bâillon…

– Et le bandeau qu’elle a actuellement sur les yeux, ajouta Patrick.

– Plutôt classique, continua calmement William tandis que Anne se sentait de plus en plus humiliée.

– Un vibromasseur, deux vibromasseurs, trois vibromasseurs, quatre vibromasseurs, cinq vibromasseurs ! Hé bien !

Anne tremblait. Elle aurait voulu être ailleurs, très loin et en même temps, pour rien au monde elle n’aurait voulu quitter ce lieu.

– Un gode, non deux, trois, quatre, cinq, six, sept ! Tous de tailles et de matières différentes. Votre femme aime la variété et la nouveauté, on dirait.

Patrick se contenta de sourire. Il ne lâchait pas sa femme des yeux. Elle était plus rouge qu’une tomate.

– Des boules de geisha, plusieurs là-encore, de nombre, de taille, de matière et de fonctionnement différents. Des plugs, des œufs vibrants. Ah ! Tiens, on change un peu de registre. Une cravache, des bougies, un martinet, un fouet, des pinces à sein et à sexe. Vous m’aviez dit qu’elle avait des tendances masos, je veux bien le croire.

Anne ne savait plus où se mettre. L’énumération de tout ce qu’elle avait acheté lui donnait l’impression d’être réprimandée comme une enfant qui aurait demandé trop de jouets au père Noël. Elle était également aussi heureuse que cette même enfant à qui le père noël aurait tout donné. L’énumération continua mais enfin, elle fut terminée et Anne soupira d’aise.

– La soirée s’est-elle terminée comme prévu ? demanda William.

– Oui, répondit Patrick. Exactement comme selon vos plans.

Anne ne put retenir un cri de frustration et de stupeur suivit d’un :

– Quoi ?

Savoir que sa nuit passée attachée au lit sans pouvoir recevoir le plaisir qui lui brûlait le ventre avait été décidée à l’avance par cet homme la rendait folle de rage, de désir, de plaisir et de colère en même temps.

– Je t’avais prévenue. Je ne voulais pas t’entendre sans que tu y sois invitée, souffla William en réponse.

Patrick grinça des dents. Allait-il la frapper ? S’il le faisait, avec quoi ? Sa main ? Le martinet ? La cravache ? Le fouet ? Rien de tout cela.

– Enlève tes chaussures, ordonna William.

Anne obéit et se retrouva pieds nus sur le sol froid en béton de l’entrepôt.

– Mets tes mains sur ta tête.

Elle le fit.

– Maintenant, sur la pointe des pieds.

Elle s’exécuta tandis que William glissait derrière ses pieds un petit tapis recouvert de pointes apparemment acérées.

– Ainsi, elle ne pourra pas poser les pieds à terre, annonça William.

Anne, curieuse, tenta et les pointes attaquèrent sa plante de pied, la forçant à se remettre sur la pointe des pieds, position inconfortable mais pas douloureuse… pour le moment, mais Anne avait l’habitude de ces situations pour ne pas crier victoire trop rapidement. Patrick, lui, était circonspect. Cela était-il vraiment une punition ? Comme s’il lisait dans les pensées de son hôte, William lança :

– Les douleurs liées aux positions sont très fortes. Pour le moment, elle ne ressent rien mais bientôt, la position la fera souffrir. Ses muscles vont se tétaniser et elle va devoir supporter cela.

Patrick hocha la tête.

– Et ainsi, je m’évite la fatigue liée à une punition physique directe. Là, je laisse simplement le temps et la nature faire son œuvre.

Patrick sourit à cette remarque. Jamais il n’aurait pensé à utiliser le maintien d’une position comme punition. Il n’imaginait pas que cela pût être compliqué et encore moins douloureux. Ceci dit, il n’avait jamais essayé de rester très longtemps sur la pointe des pieds.

– Donc, continua William, nous en étions à la soirée après votre visite du sex-shop. Qu’en avez-vous pensé ?

– Ça a été sacrément dur. J’avais très envie d’elle. Heureusement que j’ai pu me satisfaire dans le salon !

Anne retint la remarque qui lui brûlait les lèvres. La frustration la gagnait. Elle ne pouvait pas participer à cette conversation qu’elle désirait avoir avec son mari depuis deux jours.

– Que pensez-vous du sexe lisse de votre épouse ?

Anne s’étrangla à nouveau. Ainsi, cet homme était également au courant de ça. Décidément, rien d’elle ne lui était inconnu.

– Eh bien, finalement, j’aime assez, même si je n’ai pas eu tant que ça l’occasion d’en profiter.

William sourit avant de lancer :

– Vous avez réussi à la contenir ?

– Oui, sixième jour sans sexe. Et ça n’a pas été une mince affaire ! C’est qu’elle a tenté de partir se masturber hier soir !

Anne se sentit plus honteuse que jamais.

– Vraiment ? Eh bien, au moins, elle est d’humeur joueuse, aujourd’hui, répondit William en souriant. Cela vous a-t-il plu de jouer ce petit jeu avec elle ?

– Franchement, je n’aurais pas cru mais oui, j’ai adoré, répondit Patrick. Ça n’a pas été facile mais j’ai réussi et sans qu’elle ne se doutât de rien. Elle croyait vraiment que je n’avais juste pas envie. Je suis content d’avoir réussi.

– Vous avez raison d’être fier. Surtout après tout ce que vous m’avez dit. Patrick m’a dit que tu adorais le sexe et que c’était un art dans lequel tu étais douée, c’est vrai, Anne ?

– Oui, monsieur, avoua Anne, penaude, que les jambes commençaient à faire souffrir.

– Pourquoi cette moue ? demanda William.

– J’ai mal, monsieur.

– La position serait-elle dure à tenir ? Vous voyez, dit William en se tournant vers Patrick, vous m’aviez dit ne pas pouvoir faire du mal à épouse. Cela, pourriez-vous le faire ?

– Je crois que oui, répondit Patrick. C’est suffisamment indirect pour que j’en sois capable.

Anne sursauta sous l’effet d’une pique de douleur.

– Et comme vous voyez, c’est une punition, insista William et Patrick hocha la tête. Anne, pourquoi as-tu eu cette punition ?

– Parce que j’ai parlé sans y être autorisée, monsieur, répondit Anne.

William parut satisfait.

– Y a-t-il autre chose dont vous aimeriez discuter avant de passer à la suite ? demanda William à Patrick.

– Non, répondit ce dernier. A priori, non.

Patrick était très curieux et nerveux. Il voulait passer à la suite le plus vite possible mais dut admettre que cette première partie avait été très intéressante.

– Avant de partir, voudriez-vous me dire si votre femme est excitée ? demanda William.

Patrick le regarda avec circonspection.

– Allez vérifier, souffla William et Patrick comprit enfin.

Anne se raidit lorsque la main chaude de son époux passa sous sa jupe, écarta la barrière de tissu et caressa son sexe ruisselant. Anne était déjà rouge avant mais il semblait qu’elle pouvait l’être davantage.

– Elle dégouline. Si elle n’avait pas eu de culotte, je crois qu’il y aurait une mare sous elle, annonça Patrick mettant Anne plus mal à l’aise que jamais.

– Tu peux poser les pieds à terre, dit William et Anne s’avança d’un pas avant de retrouver une position plus habituelle avec un soupir de soulagement.

– Merci, monsieur, dit Anne rassurant ainsi William.

Ce simple remerciement prouvait un peu plus à William qu’Anne appartenait effectivement au monde du BDSM, ou au moins qu’elle y avait déjà fait une incursion.

– Patrick, vous voulez bien guider votre femme s’il vous plaît ?

– Bien sûr, répondit-il avant de prendre le bras de son épouse et de la guider à la suite de William qui s’avançait de couloirs en escaliers avec l’assurance de quelqu’un qui sait exactement où il va. Il s’arrêta finalement devant une porte close à côté de laquelle se tenait un autre homme. William avait prévenu Patrick que d’autres personnes seraient présentes. Il ne fut donc pas surpris.

– Stan va préparer votre femme pour la suite. Nous, nous allons dans la pièce d’à côté.

– D’accord, dit Patrick en laissant sa femme derrière lui.

Avant d’entrer dans la salle qui lui était apparemment destiné, il jeta un coup d’œil à sa femme. Stan la guidait avec douceur à l’intérieur et elle suivait sans se plaindre.

La pièce où Patrick venait d’entrer était assez grande mais sans autre issue. Sur le mur de gauche, un volet roulant sombre à l’intérieur protégeait ce qui devait se trouver derrière. Une table se trouvait devant. Une femme y était installée, et devant elle se trouvaient un micro, un casque, ainsi qu’un appareil technologique avec des boutons que Patrick ne fut pas en mesure d’identifier.

D’autres chaises étaient disposées de part et d’autre. À gauche, sur une autre table étaient posés une machine à café, des tasses et tout le nécessaire à faire du thé, du café ou du chocolat. William s’en servit un et proposa à Patrick de faire de même. Il se servit volontiers un autre café, se demandant ce qu’il fichait dans cette pièce presque vide sans le moindre intérêt.

William s’assit et discuta avec la femme, qui s’appelait Amina. Ils discutaient avec plaisir. Apparemment, ils se connaissaient depuis longtemps et semblaient proches. Patrick, poliment, n’intervint pas et attendit en silence que quelque chose daignât se passer. Enfin, Stan entra dans la pièce et, après avoir fermé la porte, lança :

– Elle est prête mais également très nerveuse.

– Tu m’étonnes ! répliqua Amina et tous sourirent.

Patrick vit la jeune femme appuyer sur un bouton et le volet sombre se releva, dévoilant une vitre qui n’ouvrait pas sur l’extérieur mais sur une autre pièce. Dans celle-ci se trouvait Anne, nue, attachée sur un siège en métal. Ses mains étaient attachées derrière son dos, faisant ressortir sa poitrine. Ses jambes étaient liées par des lacets en cuir à ses cuisses, ses mollets et ses chevilles dans une position très gynécologique. Elle leur faisait face et les quatre occupants de la pièce avaient donc une vue directe sur son sexe lisse et mouillé.

Pour compléter le tableau, ses tétons dressés et ses petites lèvres avaient été parés de pinces. De celles-ci partaient des fils qui s’enfichaient dans une boîte accrochée au siège. William et ses confrères ne dirent rien, laissant Patrick prendre le temps d’observer la scène. Une chose, soudain, surprit Patrick.

– Elle ne semble pas nous regarder. Elle semble même nous éviter du regard.

Les quatre compagnons sourirent et William expliqua :

– Cette vitre, de son côté, est un miroir. Elle ne nous voit pas. Si elle tourne vers nous, c’est elle-même qu’elle voit.

« Un miroir sans tain. C’est diabolique » pensa Patrick.

– À quoi servent les fils reliés aux pinces ? interrogea Patrick.

– Vous allez comprendre, dit William en accrochant un micro à sa veste.

Pour activer le micro, il lui suffisait d’appuyer sur un bouton sur le fil. Lorsqu’il lâchait, ses mots ne seraient plus entendus par Anne, dans l’autre pièce. Patrick admira la simplicité du mécanisme.

– Dis-nous ce que tu ressens, Anne, demanda William.

La voix, dans le micro, était légèrement déformée. Celle d’Anne, en retour, le fut également.

– Je suis nerveuse et pas très bien installée. Et puis, j’ai mal. Les pinces sont douloureuses.

– Nous sommes derrière la vitre, devant toi, qui est sans tain. Avec moi, il y a Patrick, bien sûr.

William lui fit signe de dire un mot. Il lança :

– Tu es magnifique, mon amour.

– Il y a Stan, continua William.

– Ouep, je suis là, lança Stan.

– Et enfin, souffla William, il y a Amina qui sera notre ingénieur de ce soir.

– C’est un plaisir de vous rencontrer, annonça Amina dans le micro.

– Moi de même, répondit Anne.

– Maintenant, je vais expliquer ce qui va se passer à partir de maintenant. Je conseille à tout le monde d’être attentif parce que je ne me répéterai pas. Cette séance s’appelle l’interrogatoire. Nous allons poser des questions à Anne et elle devra y répondre. Que ce soit la vérité ou non importe peu. Ce sera à elle de choisir si elle la dit ou non. Il n’y a aucun détecteur de mensonge et pour la plupart, nous ne connaissons pas la réponse aux questions que nous allons poser.

Anne hocha la tête et Patrick se demanda l’intérêt de cela. William continua.

– Anne devra choisir la réponse à donner. La vérité, ou pas. Ayant une nature exhibitionniste – le fait que son sexe soit actuellement trempé simplement parce qu’elle se sait observée par trois inconnus et son mari en est la preuve – je pense qu’elle préférera dire la vérité et ainsi se mettre à nu devant nous.

Anne rougit de honte mais son sexe trempé témoignait effectivement de son plaisir devant cette exhibition.

– Seulement voilà, à chaque fois qu’elle nous donnera une réponse non politiquement correcte, c’est-à-dire qui ne correspond pas à la femme parfaite, la bonne épouse, la femme droite et sans tache dictée par la morale, elle sera punie. Les pinces, comme vous nous l’avez fait remarquer, Patrick, ont des fils. Amina peut, par simple pression d’un bouton, envoyer de l’électricité dedans, et elle a le choix entre les seins, le sexe, ou les deux.

– Comment choisit-elle ? s’enquit Patrick qui commençait à comprendre.

– Ce n’est pas elle qui choisit, mais votre femme. En effet, à chaque fois qu’elle donnera une réponse qui sort de la morale, elle devra choisir où elle désire être punie. Les femmes qui sont passées là avant préfèrent toutes être punies sur le sexe. Il semblerait que ça soit moins douloureux. Je n’en sais rien, n’ayant jamais essayé moi-même et préférant éviter.

Patrick sourit tandis que Anne bougea, tentant apparemment, en vain, de se détacher.

– Si jamais Anne devait oublier de dire où elle désire être punie, continua William, elle serait alors punie sur les deux en même temps. Et alors, elle devrait s’excuser de n’avoir pas demandé la punition elle-même, sans quoi celle-ci sera doublée. Anne, as-tu saisi ?

– Oui, je crois, monsieur, répondit Anne.

– Nous allons faire un test, répondit William. Question simple, réponse simple. Anne, as-tu eu un enfant avec Patrick en dehors du mariage ?

– Oui, et même deux, répondit Anne avant de continuer : je désire être punie sur le sexe.

– C’est bien, tu as bien saisi la manœuvre, dit William avant de se tourner vers Patrick. Vous aussi, vous avez saisi ?

– Oui, ça me semble clair.

William fit un geste à Amina qui, en réponse, appuyant sur un bouton. Anne cria en tentant de bouger mais les liens la retenaient, la privant totalement de mouvement.

– Anne, comment est la douleur ?

– Faible et supportable, mais j’ai été surprise. C’est arrivé tardivement. De plus, c’est la première fois que j’expérimente l’électricité.

– Tu n’as pas à t’en faire. C’est fait sous haute surveillance, dit William avant de se tourner vers Patrick et de continuer, le micro toujours allumé. Il ne faut jamais prendre l’électricité à la légère. Le matériel utilisé ici est précis et vérifié. Cela peut être très dangereux alors ne jamais faire cela sans d’énormes précautions. De plus, je tiens à préciser que Stan ici présent est médecin. Rien ne se produira, j’en suis certain, mais mieux vaut être prudent.

Patrick hocha la tête.

– Bien, continua William. Nous allons donc pouvoir vraiment commencer car nous avons tous ici très envie de te connaître davantage, Anne. Je suis sûre que tu as fait énormément de choses peu morales dans ta vie.

Anne sourit et se crispa en même temps.

– Voyons, dit William en prenant un bloc note, première question. À quel âge as-tu perdu ta virginité ?

– À quinze ans, répondit Anne avant d’ajouter : et je désire être punie sur le sexe.

Sa mâchoire se contracta en l’attente de la punition qui ne tarda pas. Cette fois, elle ne cria pas, retenant ses cris mais sa souffrance fut cependant visible.

– Cette expérience est-elle un bon souvenir ? demanda William.

– Non, répondit Anne. Il était puceau et ça a été une catastrophe.

– J’en suis navré, répondit William. J’espère que ta vie ensuite t’a apporté plus de plaisir de ce côté-là.

– Oui, heureusement ! répondit Anne.

Un petit silence suivit puis William fit signe à Amina qui pressa deux boutons en même temps et Anne ne put retenir ses cris, ne s’attendant apparemment pas à la souffrance.

– Je suis désolée de n’avoir pas demandé la punition, souffla rapidement Anne qui ne semblait pas vouloir que la douleur se reproduise.

– Le plaisir d’une femme n’est pas politiquement correct, dit William répondant ainsi au sourcil interrogateur de Patrick. Seul celui de l’homme, son mari, compte.

– Vous utilisez une morale vieille de…

– De votre enfance, il me semble, répliqua William.

Patrick dut admettre que c’était vrai même si cela lui donnait un sacré coup de vieux. Anne tremblait. La douleur dans les seins était effectivement beaucoup plus importante. Elle qui était pourtant assez peu sensible ne voulait pas ressentir cela à nouveau. Cela avait été d’autant plus douloureux que cela avait été inattendu.

– À quel âge as-tu donné ta première fellation ? demanda William.

Anne mit un moment avant de répondre.

– Treize ans, et je désire être punie sur le sexe.

William donna le signal à Amina et alors que le choc électrique se répercutait dans le corps d’Anne, William coupa le micro avant de se tourner vers Patrick et de lancer :

– Vous avez vu ce moment de silence, avant de répondre ?

Patrick hocha la tête.

– C’est là qu’on voit les prémisses du combat entre « Je veux m’exhiber » et « Je ne veux pas souffrir ». C’est elle qui choisit. Si elle nous avait dit « à trente ans », j’aurais accepté sans punition. Elle a choisi de dire la vérité.

– Son côté maso peut aussi entrer en compte, non ? Si elle aime souffrir, fit remarquer Patrick.

– Oui, certes, et je dirai qu’il entrera vraiment en ligne de compte lorsqu’elle omettra volontairement de demander la punition pour en recevoir une plus grande, répondit William.

Il ralluma le micro, avant de continuer :

– Et quel âge avait le garçon à qui tu as fait ta première fellation ?

Anne réfléchit avant de répondre et de dire :

– Quatorze, peut-être quinze ans, je ne me souviens plus exactement.

– Ça lui a plu ?

– Apparemment, puisqu’il en a redemandé, répondit Anne d’une voix qui trahissait sa fierté.

– Et toi, ça t’a plu ?

– Oui, j’ai toujours adoré faire des fellations et je désire être punie sur le sexe.

La punition suivit mais Anne cria malgré l’attente de celle-ci. William expliqua à Patrick :

– La douleur va en augmentant car la puissance augmente. Au départ, c’était doux, pour lui permettre de s’habituer mais Amina augmente la puissance à chaque question.

Patrick sourit, surtout en constatant que le sexe de sa femme était toujours aussi trempé. Elle semblait attendre chaque question avec peur et envie. Elle souriait entre chaque déflagration et semblait ravie de pouvoir ainsi s’exposer à ces inconnus.

– À quel âge as-tu vécu ta première sodomie ?

– À dix-huit ans, répondit Anne.

Elle ne sembla pas certaine de devoir demander ou pas une punition et en reçut donc le double. Elle s’excusa puis William expliqua :

– Le sexe sert seulement à se reproduire et la sodomie ne le permet pas. C’est donc contraire à la morale. Quelque soit l’âge, c’est mal.

Patrick ne put réfréner un rire nerveux tant tout cela était stupide. Sa femme était punie parce qu’elle prenait pleinement du plaisir et elle était ravie de cet état de fait.

– Quand as-tu découvert ta préférence pour le BDSM ?

– À dix-sept ans, répondit Anne et cela sembla surprendre autant William que Patrick, qui ne savait pas que cela fut si tôt.

– Comment l’as-tu compris ?

– Quand je me suis rendue compte que je n’avais de plaisir qu’en pensant à ce genre de scène, que seuls les films et les histoires appartenant à ce monde m’excitaient.

– À dix-sept ans, tu regardais des films érotiques et lisaient des histoires de ce genre ? répéta William.

– Oui, monsieur, et je désire être punie sur le sexe.

William donna le signal et Amina appuya. Anne, cette fois, parvint à retenir le cri.

– Combien de petits amis as-tu eu dans ta vie, sans compter Patrick ?

Anne prit du temps pour répondre. Elle semblait compter avec difficulté. Enfin, elle finit par annoncer :

– Douze.

Elle semblait peu sûre d’elle et encore en train de compter si bien qu’elle cria totalement en recevant la punition.

– Avoir tellement de petits amis qu’il faille plus de deux minutes pour tous les compter n’est pas moral, il me semble, siffla William.

– Je suis d’accord, répondit Anne avant de souffler : Je m’excuse de n’avoir pas demandé la punition.

– Tu as fait l’amour avec chacun d’eux ? demanda William.

– Non, répondit Anne.

– Avec combien alors ? insista William et Anne reprit le compte avec une difficulté visiblement plus grande.

Anne n’avait pas encore répondu que William faisait signe à Amina et Anne reçut un choc uniquement dans les seins.

– Je m’impatiente, siffla William.

– Huit, souffla Anne et tous sourirent tant il était évident qu’elle avait répondu au hasard. Et je désire être punie sur le sexe.

La douleur suivit alors que les quatre personnes dans la pièce continuaient à sourire.

– On ne la punit pas pour avoir menti ? interrogea Patrick.

– Eh bien ! s’exclama William. Le mari peu désireux de faire souffrir sa femme s’ouvrirait-il aux joies du BDSM ?

Ce fut au tour de Patrick de rougir fortement. Les regards des autres personnes lui donnèrent envie de disparaître.

– Pour vous répondre, continua William, non, je ne la punirai pas puisque j’avais bien précisé qu’elle avait tout à fait le droit de mentir.

– Merci chéri, souffla Anne avant de recevoir un choc dans les seins qui lui arracha un gémissement.

– Tu ne parles pas sans y avoir été invitée, rappela William.

Le visage de Patrick perdit un peu de sa rougeur et William reprit :

– As-tu compté tes dominateurs dans tes petits amis ?

– Non, répondit Anne.

– Alors, combien de dominateurs as-tu eu ?

– Quatre, répondit immédiatement Anne.

Le silence qui suivit fit prendre conscience à Anne qu’elle aurait du demandé une punition et la double ne mit pas longtemps à venir. Elle s’excusa.

– Ai-je vraiment besoin d’expliquer pourquoi tu as été punie ?

– Non, je ne crois pas, dit Anne et Patrick fit signe qu’il avait bien compris.

– À quel âge as-tu rencontré Patrick ? demanda William.

– À vingt ans, répondit Anne.

– Tu as eu… seize compagnons – petits amis ou non – entre quinze et vingt ans ? compta William.

– Oui, monsieur, répondit Anne, et je désire être punie sur le sexe.

– Eh ben, tu n’as pas perdu ton temps au moins. Tu as su profiter de la vie. Combien d’enfants as-tu ?

– Deux, répondit Anne en souriant car la question était plus simple.

– Et combien de fois as-tu couché avec Patrick ?

– Je n’en sais rien, répliqua Anne en soufflant. Je n’ai jamais compté et j’espère que lui non plus !

La réflexion fit sourire Patrick mais pas Anne qui hurla sous la douleur d’une nouvelle double punition. Elle s’excusa après quoi William expliqua :

– On ne fait l’amour que pour avoir des enfants.

Anne soupira et secoua la tête. William reprit :

– Dis-moi ce que tu ressens, ce que cette situation te fait.

Anne réfléchit puis annonça :

– J’ai encore plus mal qu’au départ car la position est inconfortable. À chaque choc, j’ai envie de bouger mais je ne peux pas. Je me sens soumise sans condition. Je ne peux rien contre la douleur qui vient, inéluctable. Cependant, je suis excitée. D’abord parce que je vous sais en train de me regarder, de me juger, et ensuite parce que malgré tout, la douleur est plaisante. J’ai à la fois envie de continuer et que ça s’arrête. Enfin, j’espère que cela plaît autant à Patrick que cela me plaît.

– C’est le cas, répondit Patrick.

Anne sursauta sous l’effet d’une nouvelle double punition et elle s’excusa de nouveau.

– Bien, à présent, il est l’heure de se restaurer. Votre femme a besoin de se reposer avant de pouvoir continuer. Elle doit prendre des forces et boire. Ne négligez jamais cela. Un bon dominateur prend soin de celle qui lui offre de lui obéir. Ne risquez jamais de nuire à sa bonne santé.

Patrick hocha la tête. Stan se rendit dans la salle voisine et détacha Anne. Patrick ne vit pas la suite, suivant William et Amina jusqu’à une salle à manger. William se rendit en cuisine tandis que Patrick discutait avec Amina. Il apprit ainsi qu’elle avait vingt-six ans et qu’elle était étudiante. Il n’avait pas eu le temps d’en savoir plus qu’Anne fit son entrée. Vêtue d’un simple peignoir, elle avait apparemment pris une douche. Elle arborait un grand sourire. Stan l’accompagnait. Il lui proposa de s’asseoir en face de son mari puis alla aider William.

– Merci, chéri. Je n’aurais jamais imaginé que tu puisses faire cela, dit Anne en prenant les mains de son époux.

– Je t’en prie, dit Patrick. Cela me fait très plaisir.

– Tu sais ce qu’il va se passer après ? s’enquit-elle.

– A priori, on va manger, répondit Patrick malicieusement.

– Après, répéta Anne avec une moue méchante mais feinte.

– Non, je l’ignore sincèrement. William a tenu à ce que ce fût une surprise pour nous deux.

Anne hocha la tête.

– Ainsi, vous êtes curieuse, lança William en entrant.

Le vouvoiement annonçait clairement que le déjeuner était libre.

– Oui, très. Mais vous auriez pu le dire à mon mari, c’est une tombe. Il est très doué pour garder des secrets.

– Moi aussi, répondit William. Et je tiens à ce que cela soit aussi une surprise pour votre époux. Après tout, c’est aussi l’anniversaire de mariage de Patrick.

La remarque fit rire tout le monde. Le déjeuner fut agréable et léger. Chacun raconta son travail ou ses études. Ce fut un véritable moment de relaxation. Chacun reprit des forces. Après le café, William demanda à Stan d’emmener Anne et elle le suivit. Stan revint un peu plus tard mais seul. Les trois compères nettoyèrent tout en discutant avec Patrick qui se demandait où était sa femme. Il finit par le demander à William.

– Elle est seule, prête pour la séance suivante. Le fait d’attendre, de ne pas savoir quand la suite va venir, fait partie du plaisir. Elle ne sait pas ce qui l’attend mais elle est déjà dans une position inconfortable, livrée à n’importe qui. Rassurez-vous, l’entrepôt est vide. Cependant, elle va devoir attendre qu’on veuille bien aller s’occuper d’elle.

Patrick opina du chef. Cela lui plaisait bien. Savoir que son épouse attendait son bon vouloir était agréable. Les trois compères prirent tout le temps pour nettoyer les plats, les essuyer, les ranger. Ils balayèrent le sol, rangèrent les chaises et nettoyèrent la table. Cela avait pris une bonne vingtaine de minutes pendant lesquelles les discussions étaient allées bon train.

Enfin, William annonça qu’on allait rejoindre Anne et Patrick se sentit de nouveau fébrile. Stan et Amina prirent alors congé. Lorsqu’ils eurent disparu, William indiqua :

– Stan restera dans les environs en cas de problème mais il n’y aura pas d’électricité dans la suite donc moins de risque. Cependant, il reste à moins de cinq minutes d’ici, et puis, j’ai un brevet de secourisme.

– D’accord, dit Patrick.

– Vous semblez fébrile, fit remarquer William.

– Vous m’avez prouvé être capable de beaucoup alors je m’attends à être surpris et à aimer ça.

– Merci, répondit William. Venez, allons rejoindre Anne qui doit nous attendre avec impatience.

Patrick aussi était impatient. William le mena le long de plusieurs couloirs jusqu’à une porte coulissante qu’il ouvrit. La pièce à l’intérieur était pour l’instant plongée dans le noir le plus total. William actionna un interrupteur faisant naître le jour et Patrick put découvrir la pièce. Elle était grande et contenait beaucoup de choses mais Patrick ne s’intéressa qu’à ce qui se trouvait au fond à droite. Si on lui avait demandé en sortant ce que la pièce contenait d’autre, il n’aurait su répondre car seule son épouse attirait irrésistiblement son regard.

Anne était allongée sur le dos. Ses mains étaient attachées au-dessus de sa tête à un poteau de bois. Ses chevilles étaient maintenues écartées par une barre en métal liée au plafond par des chaînes. Ainsi ses jambes étaient surélevées. À nouveau, elle était totalement offerte sans possibilité de s’esquiver. Patrick s’approcha à la suite de William. Patrick constata que sa femme avait de nouveau un bandeau sur les yeux.

– Alors, Anne, heureuse de nous savoir là ? demanda William.

– Très. Je suis impatiente, répondit Anne.

– Impatiente, et déjà excitée, répliqua William en passant furtivement sa main sur le sexe déjà mouillé de la femme offerte.

Anne ne répondit rien mais la teinte rose que prit son visage le fit pour elle.

– Tu as envie d’avoir du plaisir ? demanda William.

– Oui, monsieur, répondit Anne.

– Tu veux jouir ? insista William.

– Oui, monsieur, répondit Anne.

– Tu penses le mériter ? Car il faut le mériter !

– Je ferai ce qu’il faut, monsieur, annonça Anne.

– Nous allons voir ça. À partir de maintenant, il t’est interdit de jouir sans en avoir préalablement eu la permission, la mienne ou celle de ton mari. Tu demanderas toujours avant.

– Oui, monsieur, répondit Anne tandis que Patrick voyait William sortir un vibromasseur, le brancher et s’approcher.

Il posa le vibromasseur sur le sexe offert et l’activa d’un même geste, mais il la toucha à peine avant de le retirer. Anne s’était tendue. Son corps s’était soulevé et elle avait gémi.

– N’oublie pas, tu demandes avant, rappela William.

– Oui, monsieur, je n’oublie pas.

– Je le verrai si tu jouis sans permission et la punition sera bien pire qu’un simple choc électrique.

Anne hocha la tête et William apposa de nouveau le vibromasseur faisant gémir Anne de plus belle. Elle ne pouvait pas bouger. La semaine chaste et la fin de matinée l’avaient tellement excitée qu’à peine dix secondes plus tard, elle lançait :

– Puis-je jouir, monsieur, s’il vous plaît ?

– Non, répondit William en retirant le vibromasseur.

Il attrapa une boîte, prit son contenu dans ses mains et l’apposa sur le sexe humide et brûlant d’Anne, la faisant hurler. Il dévoila à Patrick ce qu’il tenait dans ses mains : un glaçon.

– Regardez comme ça la fait réagir. Le contact du glacé sur son sexe brûlant, fit remarquer William.

Patrick constata que William s’amusait à le mettre, à la retirer, surprenant Anne à chaque fois.

– Vous pouvez aussi… souffla William avant de faire entrer le glaçon dans le vagin glissant de la femme offerte.

Cela arracha un gémissement à Anne.

– Et puis, vous en prenez un autre et vous continuez. Prenez donc ma place, dit William en tendant à Patrick la boîte remplie de glaçons.

Patrick s’exécuta volontiers et appliqua un autre petit cube froid sur le sexe de sa femme avant de le faire entrer et d’en prendre un autre. William était ravi de le voir se prendre au jeu. Il espérait surtout que Patrick reproduirait cela chez lui, lui permettant à l’avenir d’offrir du plaisir à sa femme sans avoir à passer par un tiers. Patrick vit William se saisir d’un glaçon et l’apposer sur un des tétons tendus d’Anne. Elle sursauta, tentant en vain de se soustraire à ce contact déplaisant.

– Elle ne veut pas, expliqua William. Elle veut jouir, pas qu’on la prive de ce plaisir tant désiré. Tu veux jouir ?

– Oui, s’il vous plaît, monsieur, supplia Anne.

– Prenez ma place, Patrick, lança William.

Patrick s’empara d’un nouveau glaçon pour aller le faire rouler sur les seins de sa femme tandis que William reprit le vibromasseur. Cette fois, il fallut un peu plus de temps – peut-être à cause des glaçons – pour qu’Anne demandât à nouveau la permission de jouir, permission qui lui fut à nouveau refusée.

William, comme la première fois, retira le vibromasseur et se saisit d’une bougie déjà allumée. Patrick se rendit compte qu’il y en avait un nombre important autour d’eux. Il ne s’était même pas rendu compte que William les avait allumées et ne comprenait pas quand il l’avait fait. Probablement que Patrick avait été trop occupé à contempler sa femme pour s’en apercevoir.

Patrick sursauta lorsque William fit tomber de la cire chaude sur le sexe déjà brûlant de désir d’Anne qui cria en retour, mais juste un bref instant. S’étant rendu compte de la réaction horrifiée de Patrick, William lui fit signe d’approcher. Il lui prit le bras et fit tomber une goutte de cire chaude dessus. Patrick ressentit une vive brûlure au point d’impact mais seulement pendant un bref instant. La seconde suivante, la douleur s’était étendue à quelques millimètres autour et la troisième seconde, la douleur avait disparu. William retira la gouttelette de cire compacte du bout du doigt et annonça :

– Aucune trace. Ça fait mal, oui, mais c’est très court et ça ne laisse aucune marque.

Patrick hocha la tête tandis que William faisait tomber de nouvelles gouttelettes de cire sur le sexe d’Anne. Patrick reprit sa place sur les seins, changeant régulièrement de glaçons, car ceux-ci fondaient très vite sur la peau brûlante de sa femme. Patrick observait les réactions de son épouse. La douleur due à la cire chaude ne semblait pas si intense. Elle parvint même à s’empêcher de crier après la première surprise passée. Après un moment, William lança :

– N’hésitez pas à remplacer les glaçons par une bougie, si le cœur vous en dit, Patrick.

Patrick hésita un instant, puis, finalement, se décida à changer de température. Sur les seins glacés par le cube froid, il laissa maladroitement tomber une goutte de cire brûlante. Anne, qui s’y attendait, parvint à ne pas crier. Elle sursauta simplement et sa respiration s’accéléra.

Le jeu dura un moment et lorsque William commença à sentir que la douleur devenait trop difficile à supporter pour Anne, il y mit fin et éteignit les bougies pendant que Patrick embrassait langoureusement sa femme qui lui rendit ce baiser avec passion. Lorsque William se retourna vers ses deux invités, il sourit en les voyant lèvres contre lèvres. Ils finirent par se séparer et William annonça :

– Bon, maintenant, il faut retirer la cire. Anne ? Comment la retire-t-on ?

– Au martinet, monsieur, répondit William.

Si William avait encore des doutes sur le passé BDSM d’Anne, ils venaient de s’envoler. William tendit l’un de ces objets à Patrick, s’en saisit un lui-même et commença à frapper, avec douceur d’abord, le sexe d’Anne, faisant voler des particules de cire dure. Patrick l’imita sur le haut du corps de sa femme. Lui aussi avec douceur puis il suivit William dans la montée en puissance.

Si Patrick était surpris, c’était par les gémissements de sa femme. Était-ce de la douleur ou du plaisir ? Il avait beaucoup de mal à le dire. Probablement un peu des deux. Il prit vraiment conscience de la satisfaction que sa femme avait dans de telles circonstances. Patrick finit par vraiment se prendre en jeu, alternant les coups doux et plus brutaux, appréciant de voir sa femme réagir à chaque coup. Il adora par-dessus tout ses sourires complets à chaque répit qui lui était donné.

Enfin, William décida de ranger les martinets, retira à la main les dernières traces de cire froide sur le corps de la belle et demanda :

– Alors, Anne, tu désires avoir du plaisir ?

– Oui, monsieur, répondit-elle d’une voix ressemblant presque à un miaulement.

Cette voix, Patrick ne l’avait jamais entendue mais il lui semblait que tout son corps et son âme voulaient l’entendre encore et encore.

– Elle le mérite, vous croyez ? demanda William en se tournant vers Patrick.

– Je crois que oui, répondit-il avec un grand sourire.

Patrick vit William prendre le vibromasseur. Anne gémit à peine l’instrument vibrant fut-il apposé sur elle. Alors qu’elle n’avait pas encore demandé à jouir mais que son plaisir était évident, William l’éloigna, amenant un gémissement chez Anne, révélateur de son déplaisir.

– Je crois, cher Patrick, que votre femme n’attend plus que vous. Et je crois que vous en crevez d’envie. C’est votre femme, alors donnez-lui ce qu’elle réclame depuis une semaine.

Patrick sentit une bouffée de plaisir envahir son corps. Oui, il bandait depuis un bon moment déjà. Il ne se le fit pas dire deux fois. Anne poussa un cri de plaisir presque bestial lorsque le sexe dur et chaud de son époux entra en elle.

Patrick ne se souvenait pas avoir eu un tel plaisir. Il commença en douceur puis avec plus brutalité tandis que William s’amusait d’un air distrait à jouer avec les seins d’Anne. Anne perdit le contrôle en même temps que Patrick et ils jouirent en même temps avec force et violence. Lorsque Patrick se retira, il était éreinté mais comblé. Sa femme avait eu un merveilleux orgasme et c’était grâce à lui. Le regard qu’il lança à William exprimait toute sa reconnaissance. William répondit d’un simple sourire. Patrick s’éloigna et s’assit à demi sur une table pour reprendre ses esprits. Patrick pensait que cela mettrait fin à la journée mais William lança :

– Je suis sûr que tu en veux encore, Anne.

– Oui, monsieur, dit-elle d’une voix légèrement honteuse mais en même temps gourmande.

– Patrick ? lança William en tendant le vibromasseur au mari d’Anne. Cela vous dirait de lui donner ce qu’elle réclame ?

– Elle en veut encore ? Elle n’est pas encore fatiguée ? Parce que moi, je le suis, s’exclama Patrick.

– Les femmes sont souvent plus résistantes et la vôtre semble ne pas être rassasiée, répondit William.

Patrick se leva et attrapa l’objet vibrant puis l’alluma. Le premier orgasme fut fulgurant et surprit Patrick. Le corps de sa femme tremblait de partout et elle ne retenait pas ses cris. Finalement, être dans un entrepôt éloigné de tout avait du bon car s’ils avaient fait ça chez eux, ils auraient attiré tout l’immeuble.

– Chez vous, vous pouvez la bâillonner, annonça William lorsque Anne cessa enfin de crier.

Patrick et Anne eurent en même temps un petit hoquet de rire mais Anne en réclama encore, étonnant son mari. Il continua cependant volontiers et un orgasme vint. Un troisième suivit, un quatrième. Anne criait et ne semblait plus qu’être plaisir, prisonnière de son corps et de ses désirs. Enfin, elle en eut assez et Patrick cessa.

William rangea l’instrument de plaisir puis proposa à Patrick de l’aider à détacher sa femme. William emmena le couple jusqu’à une grande douche et laissa les deux amants seuls dans les vapeurs chaudes. Anne et Patrick apprécièrent tout particulièrement ce moment pendant lequel ils ne dirent rien, se contentant de leurs regards et de leurs baisers tendres et amoureux. Ils étaient tous deux fatigués mais propres lorsqu’ils se montrèrent devant William.

– Comment vous remercier ? lança Patrick. Vous avez été merveilleux. Merci, de tout mon cœur. Franchement, je n’en attendais pas tant.

– Oui, merci beaucoup, ajouta Anne.

– Maintenant, à vous de prendre le relais, dit William. Vous n’avez plus besoin de moi. N’oubliez pas de faire jouer votre imagination sans jamais perdre de vue le respect, le plaisir et la bonne santé de votre épouse.

– Ça, je ne risque pas d’oublier. Je l’aime et je veux tout lui donner, répondit Patrick.

– Et apparemment, ça ne t’a pas déplu, hum ? miaula Anne.

Patrick rougit jusqu’aux oreilles et embrassa sa femme. Pour lui avoir plu, ça lui avait plu. Il pensait qu’il détesterait et finalement, ça avait été génial. Il comptait bien reproduire cela très souvent. Il s’en voulut même de ne pas avoir fait cela plus tôt. Que de temps perdu ! Cependant, il était heureux de pouvoir maintenant vivre cela, d’être en harmonie avec son épouse. Ils remercièrent encore une fois William avec chaleur et amitié. Ils allaient partir lorsque Anne se retourna et lança :

– Et vous ? Vous n’avez pas eu de plaisir dans cette affaire…

– Je vous remercie de vous inquiéter pour moi, mais j’ai une femme à la maison et elle sera ravie de me voir arriver aussi brûlant, répondit William en accompagnant cette phrase d’un rapide clin d’œil.

Anne et Patrick retournèrent à la voiture et rentrèrent chez eux. Les soirées risquaient à l’avenir d’être plus chaudes que jamais.

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