La notion de genre est très discutée. Je ne me reconnais pas dans les féministes qui agressent les hommes.
Je ne veux pas que les hommes s’excusent, qu’ils se sentent coupables, qu’ils aient peur de leur virilité (qui n’est certainement pas toxique). Au contraire ! J’aimerais qu’ils se sentent libres d’exprimer leur moi intérieur sans contrainte, qu’ils soient de nature dominante, soumise, souriante, acerbe, froide, chaleureuse, peureuse ou courageuse.
J’aimerais pouvoir m’exprimer en tant que femme sans avoir peur de ma féminité. Vous êtes une femme et vous choisissez de rester à la maison pour élever vos enfants et vous occuper de votre foyer ? Vous voilà fustigée, mise au piloris au nom des combats de nos mères et de nos grands-mères !
Je leur envoie tous mes remerciements pour leurs actes, leur bravoure, leurs luttes, leurs peines, leurs souffrances, leurs défaites et leurs victoires. Sans elles, nous n’en serions pas là. Je ne dénigre pas ce qu’elles ont fait. Je veux partir de leur héritage pour aller plus loin.
Il était nécessaire que les femmes s’élèvent, se redressent, réclament des droits. Il est normal qu’elles les aient obtenus, même si cela n’a pas été facile. Mais que cela se fasse au dépend des hommes ? Non. Alors bien sûr, cela a été nécessaire au départ. Devons-nous pour autant aujourd’hui continuer dans cette voie ? Un peu d’unité, d’amour, de compassion, de compromis, de bienveillance mutuelle ne serait-elle pas possible ?
Je ne veux pas qu’on fasse disparaître le genre. Je ne veux pas que les êtres humains soient égaux. Je ne veux pas que la notion de genre disparaisse. Je la trouve au contraire très importante. En revanche, j’aimerais que les propos qui n’ont pas à être genrés cessent de l’être.
J’ai été choquée en visitant pour la première fois l’école maternelle de mon fils alors âgé de trois ans. Voici les toilettes, à gauche les garçons et à droite les filles. Les fesses des filles portent-elles des maladies que les fesses des garçons ne supporteraient pas (ou inversement) ? Pourquoi une telle décision ? Pour qu’ils ne voient pas le sexe de l’autre ? Alors déjà où est le problème ? À leur âge, ils sont curieux, rien de plus. Ensuite, les toilettes, sans porte évidemment à cet âge, étaient séparés à droite et à gauche par des planches mais aucun paravent ne séparait la salle en deux en son centre, si bien que les garçons ne se voient pas entre eux mais justement, ne voient que les filles en face alors le sexe de l’autre, ils n’ont que ça à regarder…
Imaginez la scène suivante : Voici les toilettes, à gauche les noirs et à droite les blancs. Vous êtes choqués ? Pourtant, il y a moins d’un siècle, cela n’aurait posé problème à personne (enfin si, que les noirs et les blancs soient de base dans une même école était déjà problématique en soi). J’espère sincèrement que dans moins d’un siècle, des toilettes genrés seront considérés comme choquants.
Des propos genrés qui n’ont pas à l’être ? Vous ne voyez pas à quoi je fais référence ? Voici une phrase (qui n’est pas de moi) : « Rendez-vous compte : les femmes qui restent au foyer perdent leur droit à un numéro de sécurité sociale, devenant dépendantes de leur mari ! » Parce que si un homme décide de rester au foyer, il ne perd pas son numéro de sécurité social, devenant dépendant de sa femme ? Bien sûr que si ! Ce propos, genré, n’a aucune raison de l’être. Il sous-entend que l’État prendrait des décisions différentes en fonction du genre. C’est faux.
Un autre exemple : « Les couples lesbiens doivent avoir accès à la PMA ». Seulement ceux-là ? Moi, j’aimerais tout simplement que tous ceux qui veulent avoir des enfants le puissent, sans regard pour leur sexe, leur genre, leur orientation sexuelle, leur couleur de peau, leur âge, leur nombre (personne ne parle des polyamoureux ou des trouples), leurs maladies.
Un couple ne pouvant pas avoir d’enfant (parce que la nature/les hormones disséminées un peu partout par l’humanité les a privés de cette possibilité) doit prouver qu’ils feront de bons parents, qu’ils ont les moyens, l’état d’esprit, l’amour nécessaire pour accueillir ce petit bout de chou. Dans le cas contraire, vous pouvez en avoir cinquante et les délaisser, personne ne viendra vous en empêcher. On peut être hétérosexuels, mariés, un homme et une femme, employés au salaire convenable, et être de très mauvais parents !
Bref, je m’égare…
Des propos genrés qui n’ont pas à l’être, j’en entends tous les jours, à la télévision, à la radio, sur Internet. J’en lis tous les jours dans les journaux, les magazines, sur Internet.
Pourquoi compter le nombre d’hommes et de femmes dans telle ou telle institution ou entreprise ? Je déteste l’idée d’être embauchée uniquement parce que mes organes reproducteurs sont à l’intérieur de mon corps. Mon patron n’a même pas regardé mes compétences. Il m’a prise parce que mon salaire est inférieur à l’amende qu’il paierait s’il embauchait un homme. Le problème est le même pour les handicapés ou les minorités de toutes sortes. Je trouve cela détestable. Je comprends que ces mesures aient pu être nécessaires par le passé, afin que les femmes, alors dénigrées, puissent prouver leur valeur. Ce temps-là me semble dépassé. Nous avons prouvé être à la hauteur. Cessons de prendre la place d’hommes bien meilleurs que nous sur certains postes et acceptons d’être choisie en fonction de nos compétences.
En revanche, je refuse que le genre disparaisse des propos et ne soit pas pris en compte. Les hommes et les femmes (biologiquement parlant) sont différents et le nier me semble contre-productif. Les œstrogènes à gogo (arrêtez de donner à manger du soja à vos petits garçons, s’il vous plaît) dans notre monde moderne troublent les esprits et les corps de nos mâles. Qui les défend ? Qui tente de les protéger ?
J’aime les hommes, forts, viriles, protecteurs, grands, charmeurs. Pourquoi vouloir leur retirer leurs propriétés ?
J’aime être une femme forte, protectrice, séductrice, féminine, douce, aimante. Pourquoi devrais-je avoir honte de l’être ?
J’aimerais que chacun puisse être libre d’exprimer ses besoins sans jugement, critique, agression. Au nom du combat de nos grands-mères, une jeune mariée qui choisit de prendre le nom de son mari se fait dénigrer ? Une femme adorant faire la cuisine ou la vaisselle est moquée ? Un homme aimant la chasse ou réparer les voitures est insulté ? Un couple où la femme fait le ménage est critiqué et celui où l’homme le fait encensé ? Je trouve cela honteux.
Laissons chacun faire ses choix, prendre ses décisions, sans jugement, ni critique. Écoutons-les, échangeons nos arguments, apprenons les uns les autres sans rejet ni préjugé.
Ce qui devrait être valorisé, ce sont des relations (terme générique, tant en terme de genre que de nombre) bienveillantes, avec de la communication, de l’échange, des compromis, des accords mutuels, du consentement. Peu importe les choix des participants, nul personne en dehors de la relation ne devrait se permettre de juger, surtout pas en fonction du passé (auquel on cherche à se conformer ou au contraire à éviter). On a le droit d’être curieux, de ne pas comprendre, de se sentir dépassé par quelque chose trop éloigné de nos manières de faire, de penser. On ne devrait pas se donner le droit de critiquer, d’insulter, de moquer, de montrer du doigt, de condamner.
Donnons-nous collectivement le droit d’être raccord avec nos besoins. Le monde ne s’en portera que mieux.
Je suis tout à fait d’accord avec vous, myhrisse